Comment dessiner le personnage Manga « Harmonie » avec COPIC

Par Nadou, Blogueuse invitée. Nadou est dessinatrice de la série BD « Légendaires: les Origines« , scénario de Patrick Sobal, publiée aux editions DELCOURT.

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Nadou. Nous remercions Nadou d’avoir autorisé la republication de cet article sur le blog COPIC. 

Bonjour à tous !

Précision : tout ce que je vais écrire ici n’est en RIEN la bonne parole et ce n’est pas forcément LA MEILLEURE voie à suivre, c’est juste ma façon de procéder, rien de plus.

Première étape, tout simplement le croquis… En espérant que le votre sera plus propre que le mien.

photo 1

Ensuite, la phase « encrage » du dessin.

Voici une rapide vidéo d’à peine une minute de cette étape du dessin.

photo 2

Ici elle a été réalisée avec deux feutres COPIC Multiliner taille 0.05, et 0.1, exemple :

photo 2 bis

Si on souhaite une colo plus pastelle, avec des couleurs plutôt claires, on peut aussi encrer avec une autre couleur que le noir, ici un exemple de deux stylos couleur Sepia.

COPIC en fait aussi en gris/bordeaux/vert, etc, mais ce n’est pas facile à trouver…

photo 2 ter

On entame la phase couleurs.

Pour ma part, je commence toujours par la peau.

Je procède ainsi : une première couche avec la couleur la plus claire possible, une seconde couche d’ombres avec une couleur plus foncée, ainsi de suite.

Sur l’image ci-dessous, on voit à gauche que je n’ai utilisé qu’une ombre, à droite on remarque que j’en ai superposé plusieurs.

photo 3

Voici les 4 COPIC que j’ai utilisé pour faire ce dégradé (pour la peau, j’utilise toujours ces COPIC) :

E00, YR00, E11, V12

photo 3 bis

Ensuite, les cheveux, la partie que je préfère.

Comme pour la peau, je commence par une couleur très claire. Je colorie toute la zone avec, en prenant soin de laisser du blanc pour les reflets.

photo 4

Comme pour le lineart, j’ai fait une petite vidéo de cette étape du dessin, pour montrer de quelle manière je superpose les différentes couleurs.

Le but de toute cette mascarade ?

Obtenir de jolis reflets dégradés, un fondu propre et doux, plutôt que passer brutalement de la couleur foncée au reflet blanc.

 On arrive à ce résultat :

photo 5

Vêtements et reste du dessin, même combat, plusieurs ombres superposées…

photo 6

Voilà la difficulté du truc, choisir les bonnes couleurs, et surtout avoir celles qu’il faut.

Vous l’avez compris, c’est cher, il faut beaucoup de couleurs, et c’est pas toujours évident…

 Petite astuce : Si jamais certaines couleurs vous manquent, n’hésitez pas à en mélanger/superposer certaines, je pense notamment aux couleurs foncées, qui peuvent plus ou moins être obtenues grâce à un gris superposé.

C’est pas excellentissime, mais ça dépanne. Je le fais fréquemment.

 Et voilà le résultat de dessin terminé !

photo finale

J’espère que ça vous a plu, et surtout que ça vous sera utile :-).

Nadou

https://www.facebook.com/nadou.artwork

http://nadou-nikki.blogspot.fr

Comment colorier des cheveux roux Manga avec COPIC

 

Sika Chan, Blogueuse Invitée

Bonjour à tous !

 Pour faire la coloration des cheveux roux avec les marqueurs à alcool COPIC CIAO, j’ai utilisé le matériel suivant :

Roux00

 

Je réalise mon encrage de base (avant la coloration) en sépia (brun) avec les stylos Copic Multiliner.

Roux ARoux B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roux CRoux D

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première étape de ma coloration consiste à mettre la base de la couleur (pour moi, c’est toujours la plus claire).

Ensuite, j’ajoute la couleur dominante, puis les ombres pas trop foncées, et enfin j’ajoute les ombres foncées, qui donnent du relief.

Ici dans l’ordre d’utilisation pour une mèche de cheveux : COPIC CIAO YR23, YR16, YR68, et E15.

Puis pour foncer encore certains endroits : COPIC CIAO E18 et pour donner un reflet rouge à certaines mèches : R05

Roux06 Roux10

 

 

 

 

 

 

 

Roux10Roux14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je procède de la même façon sur tous les cheveux en respectant bien la logique des ombres.

Pour ça, je colorie toujours les cheveux en partant de mon point de départ (souvent le font) et en m’éloignant.

Roux X Roux Y Roux Z

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand une bonne partie des cheveux est coloriée, je m’attaque aux finitions.

J’encre en noir ma mèche (après la colo c’est mieux, ça permet de prendre en compte les zones où j’ai dépassé!), avec mon stylo Copic Multiliner sépia (brun) j’ajoute un peu de texture en faisant des traits dans le sens de la longueur dans mes mèches en suivant bien la forme de la mèche.

Et un peu de feutre blanc GRAPHIT SHAKE sur les pointes pour égayer tour ça.

 

Roux N

 

Pour certaines parties encore plus foncées comme l’arrière plan d’une boucle, j’utilise les COPIC E57 et E59 pour contraster encore les mèches et donner du volume.

brave_by_Sika

 

Merci de votre lecture et bonne colorisation !

 

Sika Chan http://www.facebook.com/Sika.Chan.ART

Interview avec Reno Lemaire, mangaka français, auteur de DREAMLAND

 

Interview de RENO LEMAIRE avant la sortie du tome 14 de DREAMLAND le 25 Juin 2014. Reno est le créateur de ce manga français édité chez Pika Editions, avec 13 tomes parus depuis 2006. 

Reno a la trentaine et vit à Montpellier. DREAMLAND, sa première série, raconte les aventures de Terrence, Montpelliérain de 18 ans, qui mène une double vie: lycéen timide le jour éperdument amoureux de Lydia, une fille de sa classe, et  “contrôleur du feu” la nuit dans Dreamland, le monde des rêves, peuplé de créatures étranges et merveilleuses, parfois dangereuses. Car il y a deux royaumes à Dreamland: celui des rêves, et celui des cauchemars…

Nous vous invitons à découvrir le monde de DREAMLAND et à suivre Reno sur sa page Facebook: Reno-Dreamland.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.
Couverture du tome 14 de DREAMLAND, en librairie le 25 Juin. Colorisation aux COPIC.


Reno Lemaire, quand avez-vous su que vous vouliez devenir auteur de bandes dessinées ?
J’ai décidé très tôt que je voulais faire de la BD. J’ai réalisé ma première bande dessinée à 7 ans en CE1. Inventer une histoire, faire parler des personnages qu’on a imaginé, les faire évoluer dans pleins d’aventures différentes, avec seulement un crayon à papier et des feuilles, j’ai trouvé cela grisant, excellent, obsédant, vital !

Dreamland, manga de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.


Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Influencé par mes lectures du moment, de mes 7 ans à 25 ans j’ai du réaliser plus de 350 bandes dessinées, des ersatz de Tintin, Scrameustache, le Petit Spirou, Asterix, Manu, Le Roi Lion ect… A l’adolescence, avec le manga, mes BD sont devenues des séries, une série avec des loups super sayen qui se bastonnent, il y avait plus de 150 chapitres de 12 pages environs. Dragon Ball, Fly (Dragon Quest) Bastard, Saint Seiya, Gunnm ont été mes inspirations du moment…

A 17 ans j’ai commencé une série qui m’a suivi jusqu’à 20 ans, un record pour moi de dessiner pendant 3 ans les mêmes héros, 85 chapitres à peu près, avec le recul cette BD est clairement la grande sœur de Dreamland, les éléments réalité et imaginaire sont là, l’histoire se passe dans ma ville de Montpellier, beaucoup de personnages sont communs etc…

Dreamland de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Une page de DREAMLAND: tout commence avec le travail au crayon HB.


Quel a été votre parcours ?

Je dessinais le soir chez moi en rentrant des cours, le week end etc.  Je n’ai pas de cursus artistique, une scolarité médiocre, un bac gestion compta pour faire plaisir à maman, pas de cour de dessin, ni de fanzine. Je dessinais toujours tout seul pour moi et faisais rarement lire aux autres.

Passé le bac, à la fac d’art, j’ai rencontré plein d’autres dessineux. C’est assez essentiel de rencontrer d’autres passionnés, qui ont eu des parcours différents du votre, cela m’a permis de me situer, d’évaluer mon niveau, j’étais loin d’être le plus technique, j’ignorais ce qu’était l’encrage, la colorisation, la perspective, les volumes etc… du moins je n’associais pas ces mots à des techniques, je le faisais instinctivement.

Avoir fait plus de 2000 pages de bande dessinée à 22 ans, cela aide au niveau de la rapidité d’exécution. Le story board est devenu tellement naturel pour moi, que le dessin est juste une finalité pour raconter mes histoires.

Mon prof de cours de BD (en option) à la fac, Bruno Canard, m’a dit de me casser de là (la fac, son histoire de l’art, ses partiels qui ne servent à rien et ses cours que l’on sèche facilement) et de me lancer dans la bande dessinée, on était en 2002.

Avec Salim, mon binôme, rencontré sur les bancs de cette fac, on a tenté l’aventure, dossier et éditeurs, avec un projet béton qui est toujours en stand by pour nous.

Monter un dossier pro à deux cela prend du temps et ce n’est pas le même plaisir de création… Dreamland est né de là, le soir quand je rentrais de chez salim après avoir bossé (encrage, narration etc.) pour notre dossier, j’avais ce besoin vital de faire des pages, des héros, des aventures, pour moi, pour mon plaisir, sans se prendre la tête.

Dreamland  était né.

D’un simple mail aux éditeurs sans réelle envie de signer Dreamland, me voila propulsé dans le monde de la BD, et particulièrement du manga a la française, aventure rarement tentée avant sous cette forme dans notre pays.

C’était en 2004, je suis arrivé au bon moment, quand PIKA avec Pierre Valls sentait arriver la suprématie japonaise, et leurs futures exigences pour les licences à venir: il voulait avoir ses propres licences à exploiter.

Tout est parti de là. Bien sûr, le potentiel de Dreamland était séduisant aussi.

DREAMLAND manga français de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Comment est organisé votre studio et quelle est votre routine quotidienne de travail ?
Je n’ai pas de studio, je travaille dans mon salon, 7 jours sur 7.  Ma journée « classique »: j’attaque à 9h30 – 10h, je mange un petit truc à 13h-14h, j’enchaine jusqu’à 21h, je reprends à 23h après le repas du soir jusqu’à 2h, 3h du matin.

En période de rush je pousse jusqu’à 6h du matin pour me lever à 11h. Le temps nous manque quand on fait du manga, alors j’essaie de grappiller des heures sur mon temps de sommeil quand c’est nécessaire, mais en moyenne ce sont des journées de 13h intenses, 15h voir plus en rush. Les tomes de Dreamland font plus de 215 pages, dont 8 en couleurs…

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Une page en couleur de Dreamland.


Quel type de matériel utilisez vous pour dessiner ?
J’utilise des pages au formats B4 bristol, un crayon HB tout simple pour mes crayonnés; j’encre directement dessus à la plume G et à l’encre de chine, je scanne et je trame à l’ordinateur. Quand vient le moment de coloriser je peux utiliser soit l’ordinateur, soit les techniques traditionnelles: aquarelle, feutre, dont les fameux COPIC

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.
Le COPIC SKETCH est très utilisé par les mangaka qui apprécient sa pointe pinceau extra souple.


Comment avez-vous découvert les feutres à alcool COPIC ?
J’ai découvert ces feutres en mattant les artbooks des artistes que j’affectionne, souvent à la fin on voit quelques clichés de comment ils ont réalisé la couverture de l’artbook etc… et je me demandais qu’elle était cette marque de feutre avec cette forme en pinceau et ces couleurs flashy. Lors de mon voyage au Japon en 2008 j’ai ramené du matos, dont un set de 72 COPIC SKETCH.

Dreamland, manga français de Bruno Lemaire, colorisation au COPIC.
Le set de 72 COPIC Sketch de Reno Lemaire utilisé pour Dreamland.


Comment les utilisez-vous?
Ils me servent à faire mes couvertures de tomes et des illustrations, ils tiennent encore bon, mais quelques teintes comme celles pour faire la peau sont quasiment vides. J’aime les COPIC SKETCH et leur mine pinceau car on a une bonne sensation et une bonne prise en main, pour un rendu des dégradés et des mélanges génial.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Encrage à la plume et aux feutres de précisions Copic  Multiliner.
Après le crayonné, Reno encre à l’encre de chine avec une plume et aux feutres de précisions Copic Multiliner.


Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique? Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?
Il n’y a pas a comparer, ce sont des techniques différentes, pour des rendus différents avec des sensations différentes. Tout dépend de l’envie, et du plaisir sur le moment, l’ordinateur et les COPIC peuvent aussi être complémentaire. Pour moi coloriser aux feutres est un gain de temps, on a moins de « filet de securité » (touche « control Z ») ce qui vous oblige à y aller franco, d’aller à l’essentiel, et puis les odeurs, le toucher, le contact direct avec la feuille est un kiff pour moi. L’ordinateur est pratique et donne une infinité de possibilité en rendu, mais c’est un outil long à maitriser.

Est-il nécessaire de connaître les deux types d’outils ?
Dans l’absolu, il est nécessaire de tout connaitre ou du moins d’être curieux, mais cela ne se limite pas qu’à ces deux procédés, il y a tellement d’autres trucs à tester. Tout maitriser est impossible, avoir conscience que ces outils existent est déjà un grand pas. C’est enrichissant et cela permet de ne pas plafonner.

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?    Aucun n’est difficile, aucun n’est satisfaisant. C’est du pur plaisir au moment de la créa, quand vient le temps du recul on se dit que cela aurait été mieux comme ça, puis au final, non car de toute façon il faut avancer, il y a pleins de pages à faire.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?
Je n’ai pas de conseils à donner en particulier, il est important de forger ses propres voies et ses propres envies, internet permet de ne plus être tout seul chez soi isolé du monde, servez-vous en !

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux marqueurs à alcool COPIC.
Coffret des 3 premiers tomes de Dreamland, Editions PIKA.


Quels sont vos projets futurs ? 

Il y en a tellement… que je ne vais pas beaucoup dormir ses dix prochaines années !

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Merci à Manga Ink et Reno Lemaire.

Propos recueillis par COPIC France le 13 juin 2014. © OZ International. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable. Photos et visuels © Reno Lemaire et © Pika Edition, tous droits réservés.