Interview de Emmanuel Nhieu, auteur et illustrateur BD

 

Quel est votre parcours ?

Il n’a rien à voir avec la bande dessinée. J’ai eu un bac STG, suite à quoi j’ai attaqué une licence de droit que je n’ai pas mené à terme. Après quelques boulots alimentaires j’ai signé mon premier album ( Nocturnes Rouges ) aux éditions Soleil. C’était en 2000.

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Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

J’ai toujours dessiné. Sauf qu’au moment où la plupart des gens arrêtent de le faire, moi j’ai continué. Par contre ce n’est pas l’illustration qui me tentait, mais la bande dessinée. Mon but était avant tout de raconter des histoires.

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Sur le tas. En lisant des bandes dessinées, que ce soit du franco/belge, du manga ou du comics. On recopie et on finit par se forger son propre style. C’est valable pour le dessin pur, mais aussi pour les cadrages, la narration etc… Je m’inspire également beaucoup du cinéma et des jeux vidéos.

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Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

En ce qui concerne les dessinateurs il y a entre autres Akira Toriyama, Joe Madureira, Scott Campbell, Mignola, Loisel, Lauffray, Adam Hugues, John Byrne,… Pour ce qui est du cinéma Sam raimi, David Fincher, Quentin Tarantino, Steven Spielberg,…

A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Je fais de la BD grand public en rapport avec ce que j’aime lire ou voir. Pour les univers que j’ai eu l’occasion d’aborder, cela va de l’heroic fantasy, au western steam punk, en passant par le space opéra et la science fiction plus classique. Ceci dit j’aimerais assez me lancer dans un projet intimiste. Mais j’attends de murir ça encore quelques temps.

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Je travaille à la maison et aux terrasses de café lorsque le temps me le permet (vivant dans le sud, je suis assez chanceux de ce point de vue là). A l’extérieur je fais essentiellement du story-board et des crayonnés. Pour les travaux qui demandent plus de précision (encrage) ou bien l’utilisation de matériel informatique je suis dans mon atelier.

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Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Tout d’abord je réalise un découpage de mes pages sous forme de story board que je finalise une fois qu’il est validé, ensuite je mets mon crayonné au propre, j’encre et je termine en montant mes cases et en ajoutant les textes. Je n’ai pas d’horaires de travail précis, mais la plupart du temps je travaille matin, après-midi et soir, y compris le week-end.

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Pour le crayonné j’utilise des mines bleues 0.7 Pentel, ainsi qu’une table lumineuse. Pour l’encrage, cela varie selon les périodes. Parfois j’utilise le feutre (0.05, 0.1 et 0.5 Micron), parfois le feutre pinceau (Faber Castel), voir même les 2 en complément. Tout dépend du feeling avec l’instrument et avec le dessin à encrer. Pour la colorisation des planches je travaille sur une cintiq 13hd de Wacom.

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Comment connaissez vous les COPIC ?

J’ai découvert COPIC par le biais d’auteurs qui utilisaient les marqueurs en séances de dédicaces.

Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Naturellement de par la qualité du matériel, du fait de pouvoir nuancer facilement les couleurs et par leur palette très large et aussi dans un soucis écologique puisque ce sont des marqueurs rechargeables.

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

J’utilise des COPIC Sketch. Je ne me sers quasiment que de la mine pinceau car elle permet un mouvement fluide. Pour ce qui est de la technique je pars d’une base claire sur laquelle j’ajoute les ombres, ainsi que des effets. Ensuite j’encre par dessus.

Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

Du papier spécial pour marqueurs, sans marque en particulier… en fait c’est selon ce que je trouve en papeterie.

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Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

J’aime les nuances de gris, les nuances chairs, ainsi que les pastels.

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je ne suis pas coloriste à la base, donc j’aurais du mal à développer le côté technique, mais je lui conseillerais, par rapport au prix des marqueurs qui peut paraître prohibitif, d’avoir en tête que contrairement aux autres marqueurs, ceux-ci sont rechargeables ce qui, au final ramène le marqueur à un prix très raisonnable et, qui plus est, cela fera du bien à notre planète.

Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

En fait j’ai une utilisation bien spécifique de l’informatique et du traditionnel. Pour ce qui est de la mise en couleur de planches de bande dessinée, je travaille sur ordinateur. Alors que pour les travaux d’illustration je me tourne vers les marqueurs. Et si l’on doit comparer d’un point de vue pratique, il est indéniable que l’outil informatique est bien plus permissif : on peut se tromper. C’est moins le cas en traditionnel. Mais, question sensation, et même si les nouvelles tablettes se rapprochent des outils et matériaux traditionnels le contact du papier reste inégalable. Mais c’est peut-être une question de génération et qui sait, dans 10 ans les jeunes artistes seront 100% numériques… ce serait dommage mais bon…

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Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Le plus difficile… le prochain qui constituera un gros challenge puisque ce sera un manga en 3 tomes de 180 pages chacun. Et le plus satisfaisant, j’ose espérer que ce sera le même.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Être pluridisciplinaire, car cela devient de plus en plus difficile de ne « vivre » que de la BD. Sinon d’être persévérant (de toutes façon si on le l’est pas, on ne va pas bien loin) et de garder sa passion intacte.

Quels sont vos projets futurs ?

Comme je le disais précédemment j’attaque un manga intitulé « Tatau » en début d’année prochaine, dont le 1er tome sortira en mars 2016 chez Ankama. Avant cela, sortira aux éditions Soleil un one-shot de science fiction dont je n’ai pas trop le droit de parler… et courant 2015 je lancerai un financement participatif pour éditer le second volume de mon sketchbook « Sketch n Coffee ».

 

Pour contacter Emmanuel Nhieu, rendez-vous sur:

https://www.facebook.com/pages/Emmanuel-Nhieu

http://lagrottedelours.over-blog.com/

Comment améliorer le rendu d’un dessin fait au COPIC après scan

Par Nadou, Blogueuse invitée.

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Nadou. Nous remercions Nadou d’avoir autorisé la publication de cet article sur ce blog.

 

Bonjour à tous !

Après avoir réalisé le dessin et la colorisation d’Harmonie (lien interne), on constate facilement, pour les gens comme moi qui aiment les couleurs vives et brillantes, que le résultat ici est un peu fade (et éloigné de l’original), et mériterait un bon coup de bistouri sur Photoshop.

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Première manipulation, l’outil « Niveaux », qui permet d’éclaircir le dessin, contraster les couleurs, l’assombrir, etc, comme vous voulez. Réglez à votre guise.

 

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Seconde étape , que j’aime particulièrement, mais vous auriez très bien pu vous arrêter à la phase 8.

Ce n’est pas nécessaire, juste une préférence pour moi.

Il s’agit de rendre les couleurs plus vivantes, brillantes, lumineuses, et donner un aspect général plus doux.

Dupliquez votre calque :

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Restez sur ce calque copié, et utilisez l’outil « Flou gaussien » :

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Tentez de donner ce rendu à votre nouveau calque.

Un effet très flou, mais suffisamment net pour que l’on puisse distinguer les traits.

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Passez ce nouveau calque flou en mode « Incrustation », comme ci-dessous, et voici votre dessin à droite, comme transformé !

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Si vous trouvez les couleurs trop brutales et que vous voulez estomper l’effet, n’hésitez pas à régler l’opacité du calque copié.

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Un autre outil qu’il m’arrive d’utiliser pour retoucher un peu les contrastes du dessin, l’outil « Densité + » qui permet juste d’assombrir manuellement certaines zones…

Utilisez le sur votre calque d’origine, et pas le calque copié, surtout.

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Une autre « technique », que j’ai utilisée sur ce dessin uniquement, qui a pour but de donner l’impression que le personnage est baigné dans la lumière.

Créez un nouveau calque par dessus tous les autres. Choisissez la couleur de votre lumière, et contournez votre dessin avec, de cette manière :

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Passez ce calque aussi en mode « incrustation ».

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Et la dernière étape lorsque je fignole un dessin, j’utilise l’outil « Filtre photo », (au même endroit que les niveaux) pour « unir » les couleurs, donner plus de chaleur au dessin, ou au contraire une ambiance « froide » selon la couleur choisie.

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Et voilà le résultat de dessin terminé !

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Merci de votre lecture et à très bientôt sur le blog COPIC !

Nadou

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http://nadou-nikki.blogspot.fr

 

 

Comment dessiner le personnage Manga « Harmonie » avec COPIC

Par Nadou, Blogueuse invitée. Nadou est dessinatrice de la série BD « Légendaires: les Origines« , scénario de Patrick Sobal, publiée aux editions DELCOURT.

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Nadou. Nous remercions Nadou d’avoir autorisé la republication de cet article sur le blog COPIC. 

Bonjour à tous !

Précision : tout ce que je vais écrire ici n’est en RIEN la bonne parole et ce n’est pas forcément LA MEILLEURE voie à suivre, c’est juste ma façon de procéder, rien de plus.

Première étape, tout simplement le croquis… En espérant que le votre sera plus propre que le mien.

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Ensuite, la phase « encrage » du dessin.

Voici une rapide vidéo d’à peine une minute de cette étape du dessin.

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Ici elle a été réalisée avec deux feutres COPIC Multiliner taille 0.05, et 0.1, exemple :

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Si on souhaite une colo plus pastelle, avec des couleurs plutôt claires, on peut aussi encrer avec une autre couleur que le noir, ici un exemple de deux stylos couleur Sepia.

COPIC en fait aussi en gris/bordeaux/vert, etc, mais ce n’est pas facile à trouver…

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On entame la phase couleurs.

Pour ma part, je commence toujours par la peau.

Je procède ainsi : une première couche avec la couleur la plus claire possible, une seconde couche d’ombres avec une couleur plus foncée, ainsi de suite.

Sur l’image ci-dessous, on voit à gauche que je n’ai utilisé qu’une ombre, à droite on remarque que j’en ai superposé plusieurs.

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Voici les 4 COPIC que j’ai utilisé pour faire ce dégradé (pour la peau, j’utilise toujours ces COPIC) :

E00, YR00, E11, V12

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Ensuite, les cheveux, la partie que je préfère.

Comme pour la peau, je commence par une couleur très claire. Je colorie toute la zone avec, en prenant soin de laisser du blanc pour les reflets.

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Comme pour le lineart, j’ai fait une petite vidéo de cette étape du dessin, pour montrer de quelle manière je superpose les différentes couleurs.

Le but de toute cette mascarade ?

Obtenir de jolis reflets dégradés, un fondu propre et doux, plutôt que passer brutalement de la couleur foncée au reflet blanc.

 On arrive à ce résultat :

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Vêtements et reste du dessin, même combat, plusieurs ombres superposées…

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Voilà la difficulté du truc, choisir les bonnes couleurs, et surtout avoir celles qu’il faut.

Vous l’avez compris, c’est cher, il faut beaucoup de couleurs, et c’est pas toujours évident…

 Petite astuce : Si jamais certaines couleurs vous manquent, n’hésitez pas à en mélanger/superposer certaines, je pense notamment aux couleurs foncées, qui peuvent plus ou moins être obtenues grâce à un gris superposé.

C’est pas excellentissime, mais ça dépanne. Je le fais fréquemment.

 Et voilà le résultat de dessin terminé !

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J’espère que ça vous a plu, et surtout que ça vous sera utile :-).

Nadou

https://www.facebook.com/nadou.artwork

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Une interview de Marco Santucci, artiste et illustrateur de COMICS pour Marvel

 

Quel est votre parcours ? Parlez-nous un peu de vous.
Je suis né à Arezzo en 1974 et je vis en Toscane, Italie.

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur de Comics ? Comment y êtes vous parvenu?

Evidemment, tout commence avec une habilité naturelle. Dés l’enfance, je me suis mis à remplir des carnets de dessins non seulement avec des croquis de personnages ou des situations mais aussi avec des histoires. En grandissant, je me suis rendu compte que je n’aimais pas seulement dessiner mais aussi raconter des histoires en image. Et le Comics était le medium qui me convenait le mieux dans cette optique.

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Comment avez-vous appris à dessiner ?

J’ai été vraiment chanceux parce que j’ai réalisé très tôt que je voulais être dessinateur de Comics. Ensuite, j’ai rencontré Fabio Civitelli qui est l’un des principaux artistes italiens et qui travaille sur Tex, la série italienne la plus connue. En suivant ses précieux conseils, j’ai appris au fil des années les différentes techniques liées à l’anatomie, la perspective, le clair-obscur, tous les outils de base d’un artiste. Fabio m’a donné de sages conseil, quels auteurs je devais suivre et (très important), il m’a toujours expliqué pourquoi. Finalement, mon style est la somme de tous les artistes que j’ai observé et étudié.

Chez qui puisez-vous votre inspiration? Quels sont les artistes que vous admirez ?

Il y a de nombreux artistes que je pourrais mentionner : évidemment, après Fabio Civitelli, je pourrais vous dire Claudio Castellini, Claudio Villa, Alan Davis, Bryan Hitch, Alex Ross, Jose Luis Garcia Lopez, Adam Hughes et de nombreux autres. La liste est très longue. Chaque artiste peut vous donner un “morceau” de son art pour construire votre propre style.

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Comment organisez-vous votre studio, votre espace de travail ?

Et bien je travaille toujours entre la table à dessin et le PC. Le reste de mon studio est dédié à la bibliothèque, où je conserve tous les livres sur les artistes que j’aime et toutes les photos auxquelles je me réfère dans mon travail. J’aime le style réaliste, ce qui ne veut pas dire forcément photo-réaliste. En fait je préfère même conserver une part de caricature.

Quelle est votre journée de travail type?

Je commence à 9h00 du matin. En général, je fais le plan des pages en première partie de journée.

Le matin, je suis moins fatigué, mon esprit est plus frais donc je peux mieux réfléchir à la composition, au découpage, au scénario et à tous les éléments qui constituent une bonne histoire.

Une fois cette partie finie, généralement l’après-midi, je commence à travailler le crayonné, c’est la partie que je fais habituellement dans le travail d’un Comic (en fait, je suis principalement un dessinateur). Quand je termine les dessins au crayon, je les envoie à Patrick Piazzalunga qui s’occupe de l’encrage.

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Quel matériel d’art graphique utilisez-vous pour dessiner, encrer et colorer à la main?

Je travail généralement sur du papier qui ne fait pas moins de 200g/m2 d’épaisseur. Pour l’encrage, j’utilise habituellement les pinceaux et encres de la marque Windsor & Newton ainsi qu’une série de marqueurs pour les détails. En général, je n’utilise pas de couleurs mais juste des tons gris pour faire les illustrations de couvertures. Pour ce type de travail, j’utilise les marqueurs à alcool COPIC. Dans les rares occasions où j’ai colorisé des dessins, je préfère utiliser des peintures acryliques.

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Comment utilisez-vous les feutres à alcool COPIC? Pourquoi avoir choisi COPIC?

J’utilise les merveilleux marqueurs COPIC quand je travaille sur des illustrations et des couvertures. J’aime vraiment les utiliser parce qu’ils sont d’incroyables outils, entre un marqueur et un pinceau. Les marqueurs Copic vous laisse créer de fantastiques aplats mais aussi des ombres. Dès que j’ai appris à les utiliser, ils sont devenus de superbes outils pour améliorer le rendu de mes images. J’aimerais les utiliser dans le travail de Comics au quotidien mais malheureusement cela prendrait trop de temps et les dates de finitions des projets ne me permettent pas de le faire.

Quelles sont les couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pour quoi ?

Généralement, j’utilise les marqueurs Copic Sketch plutôt que les Copic Ciao. Parfois, pour les surfaces larges, j’utilise les Copic Wide. Globalement, je préfère toute la gamme “Cool Grey”. Le gris froid est celui qui me donne le plus de satisfaction pour le résultat final mais c’est une question de goût bien sûr.

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Quels sont les avantages et inconvénient à travailler avec des marqueurs à alcool ?

Jusqu’à présent, je ne vois aucun inconvénient. Peut-être le seul est que vous devez être prudent si vous les utilisez après quelque chose qui ne se mélange pas avec l’alcool. Certains types d’encres, par exemple, ne peuvent pas être mélangées avec de l’alcool ce qui peut être un problème. Une solution : si vous faites les contours avec de l’encre, vous pouvez les faire après les marqueurs !

Que préférez vous, le dessin au marqueur ou le dessin sur ordinateur ?

Cela dépend du point de vue. Pour la rapidité, peut-être que l’ordinateur est meilleur. Pour la « fraîcheur » et un résultat plus artistique… et bien je préfère les marqueurs. Le travail sur ordinateur est génial mais peut-être un peu froid.

Rorschach

 

Quel a été votre projet le plus difficile?

Travailler sur la série Tex en Italie. Le genre western est l’un des plus difficile que j’ai jamais fait.
Quel a été votre projet le plus gratifiant, celui dont vous êtes le plus fier ?

Le travail que j’ai fait pour les comics Marvel. Ça a été une période de grande créativité et de liberté dans ma carrière.

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui veut se lancer dans cette voie ?

Beaucoup étudier, travailler dur sur des illustrations, ne jamais se satisfaire de son travail, ne jamais abandonner.

Pouvez-vous nous parler de vos projets futurs?

Pour le moment je travaille avec mon encreur Patrick Piazzalunga sur une histoire longue Dampyr, ici en Italie. Je pense que c’est l’histoire la plus excitante et spectaculaire que je n’ai jamais réalisée pour l’éditeur Sergio Bonelli. Il y a beaucoup d’action, de magnifiques paysages, des personnages géniaux. Et ils me laissent beaucoup de liberté sur la création des angles de camera et de solutions graphiques. Je pense qu’il en résulte un bon travail.

 

Pour contacter Marco Santucci, rendez-vous sur :

www.marcosantucciart.com

Interview de Mahmud Asrar, artiste et illustrateur chez DC COMICS

 

Une Interview de Mahmud Asrar, artiste et illustrateur chez DC COMICS
Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Copic Brésil. Nous remercions Copic Brésil et Mahmud Asrar d’avoir autorisé la publication de cet article en Français sur ce blog.

 

Parlez-nous un peu de vous. Qui est Mahmud Asrar?

Je suis un artiste basé en Turquie, d’origine autrichienne et pakistanaise. Je suis illustrateur professionnel de COMICS et je travaille actuellement en tant que dessinateur de SUPERGIRL pour DC Comics. J’ai toujours voulu dessiner des comics depuis mon plus jeune âge. Au début je me suis fait la main en participant à des fanzines avec des amis. Plus tard j’ai commencé à être rémunéré et enfin à dessiner pour toutes les grandes sociétés d’édition de Comics. J’ai notamment travaillé sur Dynamo 5 avec Jay Faerber pour Image Comics, Shadowland: Power Man pour Marvel et Star Wars Jedi – The Dark Side pour Dark Horse Comics.

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A quoi ressemble votre studio ? Comment est il organisé ?

Mon studio est une des pièces de la maison. En général il est très organisé. Je ne suis pas un artiste désordonné. J’aime retrouver mes stylos à leur place donc j’essaie d’être soigneux. En ce moment le studio est un peu en désordre car nous sommes sur le point de déménager. Mais j’ai tout le matériel nécessaire pour mon travail: la table à dessin, l’ordinateur et tout le reste. Bien sur j’ai aussi une télé pour le bruit de fond quand je n’écoute pas de la musique. Et puis il y a la table lumineuse, le scanner, l’imprimante, les livres, le matériel de beaux arts, les œuvres encadrées et bien sur des jouets et des figurines.

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Comment se déroule votre journée? Parlez nous de votre routine quotidienne…

Je n’ai pas vraiment une routine type car je suis artiste freelance. Je travaille tous les jours et en général je suis très occupé mais je n’ai pas d’horaires fixes. En fonction du jour, je peux commencer à travailler tôt le matin ou bien sortir et commencer à travailler plus tard dans la journée. Du moment que le travail est fait en temps et en heure, je n’ai pas de problèmes. Quand je travaille par contre, je m’assoie jusqu’à ce que la page, la couverture ou n’importe quoi d’autre sur lequel je travaille soit fini. Je fais des pauses de temps en temps par contre.

 

Quand avez vous su que vous vouliez devenir illustrateur de BD et quelles sont les étapes qui vous ont permis d’y parvenir ?

J’ai toujours apprécié le dessin, depuis que j’ai pu tenir en main quelque chose qui laisserai une trace. Les gens autour de moi m’ont encouragé dans cette voie, ce qui m’a aussi aidé. Personne ne m’a jamais dit de faire « quelque chose de sérieux » au lieu de dessiner, donc j’ai été chanceux à ce niveau là. Pendant un certain temps dans ma jeunesse, je ne savais pas quelle direction prendre et j’ai finalement décidé d’étudier les arts à l’université. J’ai étudié les arts graphiques pendant deux ans, puis je suis passé à l’animation, qui je pensais, serait plus proche de ce que je souhaite faire. A ce moment là, j’étais sûr de vouloir devenir dessinateur de BD. Évidemment je ne savais pas que ça arriverait mais je me suis consacré à ce projet qui est devenu réel avec le temps.

 

D’où vient l’inspiration pour vos dessins ? Avez-vous une source favorite ? En ce moment, quels sont vos artistes préférés ?

Mon inspiration vient de sources très diverses. Bien sûr, je suis inspiré par le travail de nombreux maîtres et artistes contemporains dans le domaine de la BD Comics.

J’aime l’art sous toutes ses formes donc je peux aussi bien être inspiré par une peinture de la Renaissance, une photographie exceptionnelle, un film que j’ai adoré ou ce que me fait ressentir un livre. Ce n’est pas limité à ça. L’inspiration peut venir de n’importe quoi dans la vraie vie qui est la source de tout ce que nous faisons.

Il m’est difficile de nommer tous mes artistes préférés, ils sont très nombreux mais ceux qui m’ont le plus inspirés sont : John Byrne, John Buscema, Adam Hughes, Stuart Immonen, Bill Sienkiewicz, Olivier Coipel, Art Adams, Chris Sprouse, Mike Mignola, Egon Schiele, Alphonse Mucha

 

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Quand avez-vous décidé de travailler entièrement au marqueur ? Pourquoi avez-vous choisi les marqueurs à alcool COPIC ? Quels sont les avantages et inconvénients du travail au marqueur par rapport au numérique ?

J’utilise les marqueurs pour mes croquis depuis des années. Au début, j’ai découvert les feutres à alcool COPIC car la plupart de mes artistes favoris les utilisaient. La brillance et la qualité des couleurs COPIC paraissaient vraiment très bien. Donc, je les ai essayé avec les cartes collector que je réalisais à ce moment là. J’ai vraiment aimé le résultat et j’ai commencé à utiliser les COPIC plus largement. Au fil des années, j’ai essayé plusieurs autres marques et honnêtement, je n’ai pas obtenu le même résultat. C’était la première fois que je les utilisais de manière professionnelle après les avoir utilisé dans mes travaux personnels et mes commissions. Les gris chauds et les gris froids se complètaient très bien. A l’occasion, j’ai réalisé quelques dessins entièrement colorés au COPIC dont certains sont encore aujourd’hui mes pièces préférées.

Au début de ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler les Comics de manière plus traditionnelle, mais on m’a demandé d’utiliser mon style au marqueur COPIC pour Supergirl, donc c’est le plus gros projet aux marqueurs sur lequel j’ai travaillé. Maintenant, j’utilise les marqueurs COPIC pour les couvertures et les pages intérieures. Honnêtement, je ne pourrais pas être plus heureux. J’ai beaucoup plus de contrôle sur mon travail et le produit final est bien plus proche de mes intentions initiales. C’est sûr que le dessin numérique a ses avantages. J’ai essayé un peu mais je n’ai jamais été vraiment à l’aise. J’utilise parfois le dessin digital pour mes croquis et esquisses. Dans ce sens là, ça peut être une aide dans mon processus. Mais travailler avec des outils traditionnels me paraît plus naturel. L’aspect physique et la probabilité de faire des erreurs le rendent plus tangible et réel pour moi. Je pense que travailler sur du papier m’encourage à être un meilleur artiste.

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Quel a été votre projet le plus difficile jusqu’à ce jour ?

Chaque projet a ses propres difficultés. Star Wars Jedi – Le Côté Obscur a été le projet le plus difficile sur lequel j’ai travaillé jusqu’à présent. La difficulté vient du fait que Star Wars est quelque chose que j’adore, mais c’est à la fois quelque chose de très familier avec en même temps beaucoup de territoires encore inconnus à développer.

J’ai eu à créer ou à concevoir quelque chose dans presque chaque page. Ces créations devaient être nouvelles tout en appartenant à l’univers de Star Wars. C’était très difficile. Ceci dit, travailler aux marqueurs COPIC sur Supergirl représente une autre difficulté à sa façon. Plus d’un point de vue artistique et technique, le challenge a été de résoudre mes différents problèmes et de trouver des solutions dans mon travail d’une manière différente ce qui a rendu ce projet bien plus amusant !

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Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite suivre vos pas ?

Il y a beaucoup à dire mais ce dont je suis certain et qui pourra le plus aider c’est : travaillez dur, dessinez tout le temps et soyez appliqué. Cette orientation professionnelle n’est pas quelque chose que vous devriez faire pour l’argent ou peut-être la gloire mais parce que vous aimez ça. Donc cela requiert beaucoup de sacrifices et d’implication.

Un illustrateur de BD ou dessinateur de Comics doit savoir dessiner tout et n’importe quoi. Donc dessiner à partir d’éléments réels est aussi important que de dessiner selon l’imagination. Apprenez des maîtres mais ne les copiez pas. Être ouvert d’esprit est également un avantage. Ne restez pas bloqués à faire la même chose encore et encore. Essayez différents mediums, méthodes et sujets.

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Quels sont vos projets pour le futur ? Quelle sorte de travail seriez-vous intéressé de faire ?

Actuellement, je suis concentré sur Supergirl et je vais m’y consacrer encore pendant un moment. Cependant je suis en train de planter les graines d’un projet personnel que je veux réaliser entièrement moi-même mais il est encore trop tôt pour en parler….

 

Pour contacter Mahmud Asrar, rendez-vous sur :

http://mahmudasrar.com/

http://anjum.deviantart.com/

http://twitter.com/mahmudasrar

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview avec Reno Lemaire, mangaka français, auteur de DREAMLAND

 

Interview de RENO LEMAIRE avant la sortie du tome 14 de DREAMLAND le 25 Juin 2014. Reno est le créateur de ce manga français édité chez Pika Editions, avec 13 tomes parus depuis 2006. 

Reno a la trentaine et vit à Montpellier. DREAMLAND, sa première série, raconte les aventures de Terrence, Montpelliérain de 18 ans, qui mène une double vie: lycéen timide le jour éperdument amoureux de Lydia, une fille de sa classe, et  “contrôleur du feu” la nuit dans Dreamland, le monde des rêves, peuplé de créatures étranges et merveilleuses, parfois dangereuses. Car il y a deux royaumes à Dreamland: celui des rêves, et celui des cauchemars…

Nous vous invitons à découvrir le monde de DREAMLAND et à suivre Reno sur sa page Facebook: Reno-Dreamland.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.
Couverture du tome 14 de DREAMLAND, en librairie le 25 Juin. Colorisation aux COPIC.


Reno Lemaire, quand avez-vous su que vous vouliez devenir auteur de bandes dessinées ?
J’ai décidé très tôt que je voulais faire de la BD. J’ai réalisé ma première bande dessinée à 7 ans en CE1. Inventer une histoire, faire parler des personnages qu’on a imaginé, les faire évoluer dans pleins d’aventures différentes, avec seulement un crayon à papier et des feuilles, j’ai trouvé cela grisant, excellent, obsédant, vital !

Dreamland, manga de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.


Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Influencé par mes lectures du moment, de mes 7 ans à 25 ans j’ai du réaliser plus de 350 bandes dessinées, des ersatz de Tintin, Scrameustache, le Petit Spirou, Asterix, Manu, Le Roi Lion ect… A l’adolescence, avec le manga, mes BD sont devenues des séries, une série avec des loups super sayen qui se bastonnent, il y avait plus de 150 chapitres de 12 pages environs. Dragon Ball, Fly (Dragon Quest) Bastard, Saint Seiya, Gunnm ont été mes inspirations du moment…

A 17 ans j’ai commencé une série qui m’a suivi jusqu’à 20 ans, un record pour moi de dessiner pendant 3 ans les mêmes héros, 85 chapitres à peu près, avec le recul cette BD est clairement la grande sœur de Dreamland, les éléments réalité et imaginaire sont là, l’histoire se passe dans ma ville de Montpellier, beaucoup de personnages sont communs etc…

Dreamland de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Une page de DREAMLAND: tout commence avec le travail au crayon HB.


Quel a été votre parcours ?

Je dessinais le soir chez moi en rentrant des cours, le week end etc.  Je n’ai pas de cursus artistique, une scolarité médiocre, un bac gestion compta pour faire plaisir à maman, pas de cour de dessin, ni de fanzine. Je dessinais toujours tout seul pour moi et faisais rarement lire aux autres.

Passé le bac, à la fac d’art, j’ai rencontré plein d’autres dessineux. C’est assez essentiel de rencontrer d’autres passionnés, qui ont eu des parcours différents du votre, cela m’a permis de me situer, d’évaluer mon niveau, j’étais loin d’être le plus technique, j’ignorais ce qu’était l’encrage, la colorisation, la perspective, les volumes etc… du moins je n’associais pas ces mots à des techniques, je le faisais instinctivement.

Avoir fait plus de 2000 pages de bande dessinée à 22 ans, cela aide au niveau de la rapidité d’exécution. Le story board est devenu tellement naturel pour moi, que le dessin est juste une finalité pour raconter mes histoires.

Mon prof de cours de BD (en option) à la fac, Bruno Canard, m’a dit de me casser de là (la fac, son histoire de l’art, ses partiels qui ne servent à rien et ses cours que l’on sèche facilement) et de me lancer dans la bande dessinée, on était en 2002.

Avec Salim, mon binôme, rencontré sur les bancs de cette fac, on a tenté l’aventure, dossier et éditeurs, avec un projet béton qui est toujours en stand by pour nous.

Monter un dossier pro à deux cela prend du temps et ce n’est pas le même plaisir de création… Dreamland est né de là, le soir quand je rentrais de chez salim après avoir bossé (encrage, narration etc.) pour notre dossier, j’avais ce besoin vital de faire des pages, des héros, des aventures, pour moi, pour mon plaisir, sans se prendre la tête.

Dreamland  était né.

D’un simple mail aux éditeurs sans réelle envie de signer Dreamland, me voila propulsé dans le monde de la BD, et particulièrement du manga a la française, aventure rarement tentée avant sous cette forme dans notre pays.

C’était en 2004, je suis arrivé au bon moment, quand PIKA avec Pierre Valls sentait arriver la suprématie japonaise, et leurs futures exigences pour les licences à venir: il voulait avoir ses propres licences à exploiter.

Tout est parti de là. Bien sûr, le potentiel de Dreamland était séduisant aussi.

DREAMLAND manga français de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Comment est organisé votre studio et quelle est votre routine quotidienne de travail ?
Je n’ai pas de studio, je travaille dans mon salon, 7 jours sur 7.  Ma journée « classique »: j’attaque à 9h30 – 10h, je mange un petit truc à 13h-14h, j’enchaine jusqu’à 21h, je reprends à 23h après le repas du soir jusqu’à 2h, 3h du matin.

En période de rush je pousse jusqu’à 6h du matin pour me lever à 11h. Le temps nous manque quand on fait du manga, alors j’essaie de grappiller des heures sur mon temps de sommeil quand c’est nécessaire, mais en moyenne ce sont des journées de 13h intenses, 15h voir plus en rush. Les tomes de Dreamland font plus de 215 pages, dont 8 en couleurs…

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Une page en couleur de Dreamland.


Quel type de matériel utilisez vous pour dessiner ?
J’utilise des pages au formats B4 bristol, un crayon HB tout simple pour mes crayonnés; j’encre directement dessus à la plume G et à l’encre de chine, je scanne et je trame à l’ordinateur. Quand vient le moment de coloriser je peux utiliser soit l’ordinateur, soit les techniques traditionnelles: aquarelle, feutre, dont les fameux COPIC

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.
Le COPIC SKETCH est très utilisé par les mangaka qui apprécient sa pointe pinceau extra souple.


Comment avez-vous découvert les feutres à alcool COPIC ?
J’ai découvert ces feutres en mattant les artbooks des artistes que j’affectionne, souvent à la fin on voit quelques clichés de comment ils ont réalisé la couverture de l’artbook etc… et je me demandais qu’elle était cette marque de feutre avec cette forme en pinceau et ces couleurs flashy. Lors de mon voyage au Japon en 2008 j’ai ramené du matos, dont un set de 72 COPIC SKETCH.

Dreamland, manga français de Bruno Lemaire, colorisation au COPIC.
Le set de 72 COPIC Sketch de Reno Lemaire utilisé pour Dreamland.


Comment les utilisez-vous?
Ils me servent à faire mes couvertures de tomes et des illustrations, ils tiennent encore bon, mais quelques teintes comme celles pour faire la peau sont quasiment vides. J’aime les COPIC SKETCH et leur mine pinceau car on a une bonne sensation et une bonne prise en main, pour un rendu des dégradés et des mélanges génial.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Encrage à la plume et aux feutres de précisions Copic  Multiliner.
Après le crayonné, Reno encre à l’encre de chine avec une plume et aux feutres de précisions Copic Multiliner.


Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique? Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?
Il n’y a pas a comparer, ce sont des techniques différentes, pour des rendus différents avec des sensations différentes. Tout dépend de l’envie, et du plaisir sur le moment, l’ordinateur et les COPIC peuvent aussi être complémentaire. Pour moi coloriser aux feutres est un gain de temps, on a moins de « filet de securité » (touche « control Z ») ce qui vous oblige à y aller franco, d’aller à l’essentiel, et puis les odeurs, le toucher, le contact direct avec la feuille est un kiff pour moi. L’ordinateur est pratique et donne une infinité de possibilité en rendu, mais c’est un outil long à maitriser.

Est-il nécessaire de connaître les deux types d’outils ?
Dans l’absolu, il est nécessaire de tout connaitre ou du moins d’être curieux, mais cela ne se limite pas qu’à ces deux procédés, il y a tellement d’autres trucs à tester. Tout maitriser est impossible, avoir conscience que ces outils existent est déjà un grand pas. C’est enrichissant et cela permet de ne pas plafonner.

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?    Aucun n’est difficile, aucun n’est satisfaisant. C’est du pur plaisir au moment de la créa, quand vient le temps du recul on se dit que cela aurait été mieux comme ça, puis au final, non car de toute façon il faut avancer, il y a pleins de pages à faire.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?
Je n’ai pas de conseils à donner en particulier, il est important de forger ses propres voies et ses propres envies, internet permet de ne plus être tout seul chez soi isolé du monde, servez-vous en !

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux marqueurs à alcool COPIC.
Coffret des 3 premiers tomes de Dreamland, Editions PIKA.


Quels sont vos projets futurs ? 

Il y en a tellement… que je ne vais pas beaucoup dormir ses dix prochaines années !

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Merci à Manga Ink et Reno Lemaire.

Propos recueillis par COPIC France le 13 juin 2014. © OZ International. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable. Photos et visuels © Reno Lemaire et © Pika Edition, tous droits réservés.

 

Interview de Richard Cox, Illustrateur de Comics, utilisateur de COPIC

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Copic Brésil. Nous remercions Copic Brésil et Craig Rogers d’avoir autorisé la publication de cet article en Français sur ce blog.

Parlez-nous un peu de vous. Qui est Richard Cox?
Je suis illustrateur et designer développeur web, j’ai la trentaine, j’habite dans le Sud-Est des Etats Unis. J’ai un diplôme universitaire Bachelor of Fine Arts « Studio Art » et je dessine et je peins depuis l’école maternelle. Mes premières publications étaient pour TSR (Ravenloft) et Firefly Games (Cyborgladiators, Monster Island), tandis que la plupart de mon travail aujourd’hui est sous la forme de cartes collector, en majorité pour Rittenhouse Archives et les licences Marvel Universe. Mon outil principal est (pas de surprise ici) le marqueur à alcool COPIC marker, mais je travaille aussi à l’aquarelle, l’huile et Photoshop, en fonction des besoins des clients. J’ai trois chiens et je collectionne les jouets Godzilla des années 60-70 et les illustrations de Wonder Woman.

Comment se déroule une de vos journées? Quelle est votre routine de travail ?
Cela commence toujours par une tasse de café et la promenade des chiens à 6h du matin. Avant de me mettre au travail, je réponds à mes emails et messages. Puis je lis quelques pages de COMICS. Cela me met dans l’ambiance! Puis je commence à dessiner de façon intensive soit jusqu’au déjeuner soit jusqu’à ce qu’un des chiens ait besoin de sortir. Et je continue en général jusqu’au dîner. Pendant la semaine, je travaille sur les commandes urgentes et le weekend je combine des commissions et le travail plus personnel d’exploration. Et j’essaye de sortir de la maison autant que possible ! C’est primordial.

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Quand avez vous su que vous vouliez devenir illustrateur et quelles ont été les étapes pour y arriver ?
Je crois que j’ai été programmé pour cela depuis l’enfance. Un de mes premiers souvenirs est d’avoir dessiné Spider-Man au crayon quand je devais avoir 5 ou 6 ans. Ensuite à l’école primaire je dessinais Gatchaman, Ultraman, et Star Blazers. J’ai continué de façon constante depuis – sauf une courte interruption juste avant la trentaine.

Les étapes pour y arriver? J’ai dessiné de façon assidue presque toute ma vie et j’ai suivi une formation artistique classique. En pratiquant constamment, j’ai appris de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes et j’ai construit un portfolio de mon travail. J’ai reçu ma part de lettres de refus de nombreux éditeurs, mais j’ai un peu honte de le dire, j’ai réussi à percer assez facilement dans les cartes collector après quelques essais.

Je dois dire aussi – même si cela fait un peut trop pub – que dés que j’ai commencé à travailler avec les gris chauds et les gris froids des feutres à alcool COPIC, mon profil et mes commissions ont décollé et j’ai décroché mon premier job de carte collector.

Je dois remercier et créditer Adam Hughes pour cela. C’est son travail au marqueur COPIC qui m’a incité à les utiliser.

 

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Quel projet ou commission vous à donné le plus de difficulté ou le plus de satisfaction?

Mon premier set de carte collector Marvel (MARVEL 70ème ANNIVERSAIRE) était très difficile car c’était le premier. J’ai complètement sous estimé la charge de travail que cela représentait. Mais j’ai compris la leçon et je pense que mon dernier set Marvel (DANGEROUS DIVAS) est mon meilleur travail dans ce domaine.

Ma commission récente en 11×14 pouces de la Veuve Noire était très agréable à travailler. C’est un de mes dessins que j’ai senti totalement depuis le crayonné jusqu’à la fin. Pas de tâtonnement ou d’hésitation. En ce moment je travaille sur un Capitaine America et je me donne à fond. J’espère que le résultat sera bon !

Quel effet cela fait il de travailler avec les personnages Marvel?
C’est agréable car ce sont des personnages avec qui j’ai grandi. Il y a une véritable histoire, un passé avec lequel je peux travailler. J’ai aussi rencontré des gens formidables, des amis comme des fans, grâce à mon travail pour Marvel, et je leur serais éternellement reconnaissant de cela.

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Sur quoi travaillez-vous en ce moment?
Je travaille sur trois sets différents de carte collector: Marvel DANGEROUS DIVAS (Mars), BETTIE PAGE PRIVATE COLLECTION (Juin/Juillet), et DUNGEON DOLLS de Bad Axe studios à l’automne. On m’a demandé de faire un 4ème set, mais je ne peux pas encore en parler. Mes premières cartes numérotées seront incluses dans deux de ces sets, ce qui est fantastique !

En plus je travaille sur un projet de comics personnel, bien que je ne sache pas encore le format final, peut être en téléchargement numérique, peut être en Comic sur le web, peut être les deux. Je ne sais pas encore vraiment. Je le fais pour moi-même, donc c’est plutôt amusant. Je fais aussi des illustrations originales pour mon sketchbook et j’ai la chance d’avoir beaucoup de commissions ce qui rend mes weekend plutôt intéressants ? Je dois créditer Craig chez Wednesday’s Heroes pour cela. Il a été formidable.

 

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D’ou puisez-vous votre inspiration ? Pouvez-vous nous décrire votre processus créatif?

En premier lieu, du monde qui m’entoure. Au delà, cela dépend du travail et de la qiantité de détails demandé par le client. Moins il y a de détail, plus je peux gribouiller et designer à l’avance. Je parle souvent de composition et de théorie des couleurs, car ce sont des choses importantes, mais je ne me pose pas ces questions avant d’avoir une idée claire des émotions et des sentiments que je cherche à communiquer. Ensuite, j’essaie de créer une composition précise pour parvenir à l’effet recherché. Je dirais que pour des commissions de 11 x 14 pouces, ou des commissions de carte collector, je fais de un à trois dessins préliminaires avant de commencer le crayonné, mais en fait j’ai la plupart du temps la composition dans ma tête avant même de dessiner quoi que ce soit. En général les dessins préliminaires me permettent de vérifier que ce que j’ai dans la tête fonctionne correctement une fois sur le papier. Ensuite intervient la théorie des couleurs, pour accompagner et intensifier l’émotion et la composition. Il va s’en dire que pour les échéances urgentes, ce processus devient très simplifié.

Quels sont vos artistes favoris?
Oh wow. Je vais essayer de faire court… Pèle mêle: Alphonse Mucha, J.C. Leyendecker, Adam Hughes, Gil Elvgren, George Petty, Lucien Freud, Picasso, Chrissie Zullo, Jack Kirby, Olivier Coipel, Neil Adams, Le Caravage, Eric Canete, Winslow Homer…

Quels rôles jouent les feutres COPIC dans votre travail ?
Les marqueurs à alcool COPIC sont au centre de mon art. Presque tous les outils que j’utilise sont des feutres COPIC. J’ai des sets complets de gris chauds, gris froids et gris toner de marqueur pointe pinceau COPIC SKETCH MARKER et j’utilise aussi (environ) cinquante autres couleurs. Tous des feutres COPIC SKETCH. J’ai aussi les recharges d’encre COPIC VARIOUS INK bien sûr, et deux boitiers de rangement. Mes cinq feutres calibrés pour l’encrage sont des fineliners COPIC MULTILINER SP. Toutes mes illustrations sont en fait produites, en partie ou en entier, avec du matériel COPIC.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste qui cherche à marcher dans vos pas ?
De ne pas étudier uniquement les artistes de comics et les illustrateurs. De ne même pas commencer par cela. Etudiez le monde autour de vous. Dessinez le, peignez le, prenez des photos, peu importe. Utilisez le monde qui vous entoure pour apprendre comment le corps humain et la nature fonctionnent vraiment, et la lumière aussi. Pour résumer, regardez, observez toujours, examinez, étudiez. Formez-vous aux beaux-arts parce que, quand on y pense, beaucoup de maître de la renaissance étaient des illustrateurs, et vous apprendrez tellement de chose des peintres contemporains du corps humains. Réfléchissez, lisez, réfléchissez encore.

Quels ont vos projets pour l’avenir? Sur quoi voulez-vous travailler, quelle sorte de projets vous intéresseraient plus ?
A la fin de l’année, les lecteurs verront mon projet personnel. Je vais continuer à œuvrer pour étendre la portée d mon travail. Produire une plus grande variété de pièces. Continuer les commissions, car elles me forcent à penser autrement. Continuer à créer, j’espère, des cartes collector de haute qualité. Et expérimenter quand je peux. J’aimerai bien organiser une exposition d’illustrateurs et de cartoonists locaux mais c’est encore une idée à l‘état de germe dans ma tête en ce moment.

richard_cox_CloakAndDaggerTraduit de l’anglais. Traduction Française © OZ International. Images © Richard Cox.