Interview de Emmanuel Nhieu, auteur et illustrateur BD

 

Quel est votre parcours ?

Il n’a rien à voir avec la bande dessinée. J’ai eu un bac STG, suite à quoi j’ai attaqué une licence de droit que je n’ai pas mené à terme. Après quelques boulots alimentaires j’ai signé mon premier album ( Nocturnes Rouges ) aux éditions Soleil. C’était en 2000.

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Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

J’ai toujours dessiné. Sauf qu’au moment où la plupart des gens arrêtent de le faire, moi j’ai continué. Par contre ce n’est pas l’illustration qui me tentait, mais la bande dessinée. Mon but était avant tout de raconter des histoires.

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Sur le tas. En lisant des bandes dessinées, que ce soit du franco/belge, du manga ou du comics. On recopie et on finit par se forger son propre style. C’est valable pour le dessin pur, mais aussi pour les cadrages, la narration etc… Je m’inspire également beaucoup du cinéma et des jeux vidéos.

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Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

En ce qui concerne les dessinateurs il y a entre autres Akira Toriyama, Joe Madureira, Scott Campbell, Mignola, Loisel, Lauffray, Adam Hugues, John Byrne,… Pour ce qui est du cinéma Sam raimi, David Fincher, Quentin Tarantino, Steven Spielberg,…

A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Je fais de la BD grand public en rapport avec ce que j’aime lire ou voir. Pour les univers que j’ai eu l’occasion d’aborder, cela va de l’heroic fantasy, au western steam punk, en passant par le space opéra et la science fiction plus classique. Ceci dit j’aimerais assez me lancer dans un projet intimiste. Mais j’attends de murir ça encore quelques temps.

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Je travaille à la maison et aux terrasses de café lorsque le temps me le permet (vivant dans le sud, je suis assez chanceux de ce point de vue là). A l’extérieur je fais essentiellement du story-board et des crayonnés. Pour les travaux qui demandent plus de précision (encrage) ou bien l’utilisation de matériel informatique je suis dans mon atelier.

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Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Tout d’abord je réalise un découpage de mes pages sous forme de story board que je finalise une fois qu’il est validé, ensuite je mets mon crayonné au propre, j’encre et je termine en montant mes cases et en ajoutant les textes. Je n’ai pas d’horaires de travail précis, mais la plupart du temps je travaille matin, après-midi et soir, y compris le week-end.

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Pour le crayonné j’utilise des mines bleues 0.7 Pentel, ainsi qu’une table lumineuse. Pour l’encrage, cela varie selon les périodes. Parfois j’utilise le feutre (0.05, 0.1 et 0.5 Micron), parfois le feutre pinceau (Faber Castel), voir même les 2 en complément. Tout dépend du feeling avec l’instrument et avec le dessin à encrer. Pour la colorisation des planches je travaille sur une cintiq 13hd de Wacom.

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Comment connaissez vous les COPIC ?

J’ai découvert COPIC par le biais d’auteurs qui utilisaient les marqueurs en séances de dédicaces.

Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Naturellement de par la qualité du matériel, du fait de pouvoir nuancer facilement les couleurs et par leur palette très large et aussi dans un soucis écologique puisque ce sont des marqueurs rechargeables.

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

J’utilise des COPIC Sketch. Je ne me sers quasiment que de la mine pinceau car elle permet un mouvement fluide. Pour ce qui est de la technique je pars d’une base claire sur laquelle j’ajoute les ombres, ainsi que des effets. Ensuite j’encre par dessus.

Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

Du papier spécial pour marqueurs, sans marque en particulier… en fait c’est selon ce que je trouve en papeterie.

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Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

J’aime les nuances de gris, les nuances chairs, ainsi que les pastels.

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je ne suis pas coloriste à la base, donc j’aurais du mal à développer le côté technique, mais je lui conseillerais, par rapport au prix des marqueurs qui peut paraître prohibitif, d’avoir en tête que contrairement aux autres marqueurs, ceux-ci sont rechargeables ce qui, au final ramène le marqueur à un prix très raisonnable et, qui plus est, cela fera du bien à notre planète.

Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

En fait j’ai une utilisation bien spécifique de l’informatique et du traditionnel. Pour ce qui est de la mise en couleur de planches de bande dessinée, je travaille sur ordinateur. Alors que pour les travaux d’illustration je me tourne vers les marqueurs. Et si l’on doit comparer d’un point de vue pratique, il est indéniable que l’outil informatique est bien plus permissif : on peut se tromper. C’est moins le cas en traditionnel. Mais, question sensation, et même si les nouvelles tablettes se rapprochent des outils et matériaux traditionnels le contact du papier reste inégalable. Mais c’est peut-être une question de génération et qui sait, dans 10 ans les jeunes artistes seront 100% numériques… ce serait dommage mais bon…

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Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Le plus difficile… le prochain qui constituera un gros challenge puisque ce sera un manga en 3 tomes de 180 pages chacun. Et le plus satisfaisant, j’ose espérer que ce sera le même.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Être pluridisciplinaire, car cela devient de plus en plus difficile de ne « vivre » que de la BD. Sinon d’être persévérant (de toutes façon si on le l’est pas, on ne va pas bien loin) et de garder sa passion intacte.

Quels sont vos projets futurs ?

Comme je le disais précédemment j’attaque un manga intitulé « Tatau » en début d’année prochaine, dont le 1er tome sortira en mars 2016 chez Ankama. Avant cela, sortira aux éditions Soleil un one-shot de science fiction dont je n’ai pas trop le droit de parler… et courant 2015 je lancerai un financement participatif pour éditer le second volume de mon sketchbook « Sketch n Coffee ».

 

Pour contacter Emmanuel Nhieu, rendez-vous sur:

https://www.facebook.com/pages/Emmanuel-Nhieu

http://lagrottedelours.over-blog.com/

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