Interview de Benjamin Favrat, illustrateur et photographe

 

Quel est votre parcours ? 

Je suis né en 1985 dans un petit village de Haute-Savoie. Concernant mes études, j’ai passé un BAC Scientifique, puis j’ai fait des études d’anglais. J’ai ensuite travaillé 4 ans en Office de Tourisme et je suis illustrateur / photographe indépendant depuis 2012.

Je vis toujours à la montagne, mais suis souvent en déplacement à Paris ou ailleurs.

Atelier - Pack voyage

 

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

Je dessine depuis que je suis petit. Ça a toujours été une passion, mais je n’envisageais pas pouvoir en faire un métier un jour. J’ai donc fait des études tout en continuant à dessiner pendant mon temps libre. Je m’y suis remis sérieusement quand j’ai terminé la FAC. J’ai donc travaillé au pôle communication d’un office de tourisme où j’ai pu dessiner des affiches par exemple, et progresser en graphisme et en illustration digitale et j’ai créé mon entreprise en photo / illustration il y a 4 ans, après avoir fait quelques modestes expositions et pour répondre à la demande après avoir partagé un peu mon travail, d’abord pour des copains qui avaient besoin de logos, puis, le bouche à oreille aidant, pour d’autres clients très divers.

Et je dois dire que j’adore le tatouage depuis que j’ai acheté mon premier magazine quand j’avais 15 ans. J’ai suivi l’évolution du milieu, et beaucoup de tatoueurs sont avant tout de vrais artistes, avec un trait impressionnant et un univers graphique incroyable. Je suis toujours très inspiré et très motivé par ce milieu, et j’ai beaucoup dessiné dans l’idée de préparer un book pour chercher un apprentissage auprès d’un tatoueur. C’est toujours en projet, affaire à suivre.

illu dandy

 

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

J’ai appris tout seul, en faisant, j’ai lu beaucoup, regardé une quantité astronomique de dessins animés, regardé des tutos sur internet, mais je n’ai pas suivi de cours, ni fait de formation particulière. Je me suis mis au digital assez tardivement, en illustrant petit à petit les visuels de communication qu’on me demandait de faire au travail.

Je dessine tous les jours et je vois mon trait changer, j’ai encore plein de choses à apprendre, c’est sans fin et c’est surement ce qui me plait le plus.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

Je suis complètement fan des productions des studios Hanna Barbera et l’élégance sans âge des anciens Disney comme les Aristochats ou les 101 Dalmatiens (Roger Radcliff est mon héro).

Je suis très inspiré par le style des dandies à moustache, le jazz des Big Bands, les vieux films et la danse !

Mes idoles, pour ne citer qu’eux :

Illustrateurs anciens : Mary Blair, Al Dempster, Ralph Hulett, Walt Peregoy, Mirosval Sasek, Aurelius Battaglia, Alphonse Mucha …

Illustrateurs contemporains : Sibylline, Loish, Jotaka, Margaux Kindhauser, Fernando Vicente, Pernille Orum, William NGhiem, Alegiorgini, Jessica Leigh, Jaw Cooper, Erik Jones, James Jean, Laura Brouwers, Brittney Lee, Agreda, Steve Simpson, Annette Marnat …

Tatoueurs : Alex Lauz, Vladimir Arhipkin, David Cote, Ninteendo, Sacha Unisex, Toni Donaire, Stockton Lee, Brian Povak …

Insta Bowie

 

A quel style s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Difficile à dire. Je travaille beaucoup sur commande et je dois adapter le style à la demande. J’affectionne en tout cas l’illustration retro, éditoriale ou jeunesse, et le style neo-traditionnel dans le tatouage.

C’est très divers, souvent assez coloré, surtout en digital et avec de longues barbes, qui sont devenues un peu par hasard ma signature. Ma thématique préférée reste celle de l’univers maritime, ça me permet de dessiner des éléments nautiques en bois, du cordage, et plein de marins et de pirates !

Insta Londres

 

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

J’ai un atelier à la montagne, avec au rez de chaussée un poste de travail « crayon », mon ordinateur, une tablette graphique, tout mon matériel de dessin, ainsi qu’une partie de mes appareils photos, et quelques livres, une imprimante et une partie de mes sketchbooks. A l’étage j’ai un petit studio photo et une salle noire pour le développement argentique et la sérigraphie.

Etant souvent en déplacement, j’embarque mon ordinateur portable, ma tablette cintiq, un Moleskine watercolour et depuis peu un Crescent RendR, un trousse de crayons et une sélection de Copic.

 

Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Mon emploi du temps change tous les jours. Étant également photographe, je peux passer une journée à shooter en extérieur, ou alors rester à dessiner à l’atelier sans me rendre compte de l’heure, ou encore sketcher dans le train quand je suis en déplacement.

Je m’adapte et je travaille souvent très tard le soir.

Atelier 1

 

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Pour le travail que je vais encrer, j’utilise très souvent un crayon à deux mines : rouge pour le sketch et bleu pour les contours « propres » et les ombrages. J’utilise ensuite une table lumineuse et j’encre sur une nouvelle feuille blanche avec des marqueurs noirs de différentes tailles, au Micron (Sakura), ou au Pigment liner (Staedler), ou encore au brush de Pentel (que j’adore mais que je ne maitrise pas encore très bien). J’ai également des multiliners de Copic depuis quelques jours et je dois dire qu’ils sont impressionnants, d’un noir profond, et ils ne bavent pas au contact des marqueurs, c’est plutôt appréciable. Le travail de contours noirs me permet de scanner et vectoriser mes tracés pour un logo par exemple, ou pour une colorisation digitale. Il est rare que j’encre sur photoshop.

Si je dessine pour moi, j’utilise le plus souvent des crayons de couleur aquarellables, dans les tons bruns ou roses pour le traçage, j’ajoute souvent des contours noirs et j’ajoute la couleur directement au marqueur.

Insta barbafleur

 

Comment connaissez vous les COPIC ? Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Quand j’ai travaillé sur le livre d’illustration « De l’Art d’être un Monsieur », j’ai utilisé principalement l’encre et l’aquarelle. Et puis le résultat était parfois hasardeux, les scans étaient un enfer à retoucher sur photoshop, et je voulais quelque chose de plus uni, pour avoir de beaux aplats de couleurs propres et lisses. Après m’être renseigné, et avoir vu que certains tatoueurs les utilisaient, je me suis dirigé vers les marqueurs à alcool.

J’ai d’abord acheté des DB Twins de Dalbe, que j’aime bien, et qui ont une gamme de couleurs assez sympa. Puis j’ai essayé des Promarkers, très bien aussi. Et c’est à Paris il y a environ 2 ans que je suis tombé sur des Copic Ciao. J’ai acheté 3 skin tones pour essayer et j’ai adoré les pointes pinceaux et la grande gamme de couleurs. En plus, ils sont rechargeables. C’était exactement ce que je cherchais.

 

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

Je n’utilise quasiment que des Ciao pour les couleurs, et des Sketchs pour les tons gris. Je ne me sers que des pointes pinceaux, les fameuses pointes nibs qui rendent les dégradés si faciles.

J’ai commencé avec un peu toutes les couleurs, dans l’euphorie, sans trop réfléchir, mais je me recadre depuis peu de temps, et j’essaie de réduire. J’adore travailler en teintes de gris : froids / chauds / toner / neutres, et en teintes de bruns (skin tones). Je pense que mon dessin va avancer rapidement dans ce style là. Et j’utilise en complément des crayons aquarellables, et surtout des pastels secs pour ajouter de la couleur à des dessins peu saturés, un peu comme du maquillage.

Atelier 2

 

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ? Les recharges VARIOUS INK ?

Je n’utilise que très rarement le blender, et pas encore l’aérographe, mais je suis assez curieux d’essayer.

J’ai quelques recharges Various Ink des couleurs que j’utilise le plus. C’est un investissement mais pour quelqu’un qui dessine beaucoup, c’est tout à fait rentable. Ca me faisait mal au cœur de jeter tous ces markers à chaque fois, simplement parce qu’ils étaient secs. Je trouve génial le fait de pouvoir les garder et les utiliser presque à l’infini juste en les rechargeant en encre.

 

Sur quel support utilisez vous les COPIC ?

Principalement sur du layout Créa pour les dégradés lisses, et sur du Marker Pad Copic pour des contrastes plus francs. De temps en temps sur papier aquarelle (Arches), si j’ai besoin que l’encre fuse. Je viens de recevoir un sketchbook A5 RendR de Crescent et je suis assez bluffé, le grain du papier est assez beau, l’encre fuse juste ce qu’il faut, et le marker ne traverse absolument pas le papier ! Il faut juste connaître son matériel par cœur, parce que quand on applique l’encre des markers, le papier semble devenir transparent, comme si on avait utilisé de l’alcool pur, la couleur définitive n’apparaît qu’en séchant.

J’ai aussi utilisé un sketch noir pour les aplats pour faire une série de planches de skate custom, sur du bois donc.

illu chiens

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Nuances de gris (chaleurs différentes) + skin tones ou 1 ou 2 couleurs. J’adore ce mélange. Le travail en noir(s) et blanc(s) m’oblige à travailler un peu plus finement, et j’ajoute de la couleur au crayon par la suite.

Les gris et les bruns fonctionnent bien ensemble, le mélange est relativement naturel voire organique, les contrastes sont très doux, et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la photo argentique, que je pratique de plus en plus.

J’aime beaucoup travailler avec des couleurs foncées et éclaircir ou simplement jouer sur la lumière au pastel sec par la suite.

illu madame fourrure

 

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je conseillerais sans hésiter des Copic Ciao ou Sketch. Quelques Ciao c’est très bien, moins cher, et ça permet de s’habituer aux pointes pinceaux.

Côté couleurs, je pense à une palette de gris. Même un sur deux, par exemple N1, N3, N5, N7 et N9. Et puis deux skins tones, par exemple E21 et E33. Ca me paraît déjà bien pour commencer. Après on peut ajouter quelques couleurs, pas forcément des primaires, mais une ou deux couleurs au choix qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, un R37 et un BG 34 par exemple. Et pourquoi pas un Blender pour travailler les dégradés.

Je lui conseillerais aussi d’essayer plusieurs types de papier pour trouver celui qui lui convient le mieux, c’est très important.

 

Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ? 

Les deux se marient très bien. Je trouve le marqueur plus facile à scanner que l’aquarelle par exemple, et très facile à travailler sur photoshop.

Les multiliners sont très noirs et sont faciles à vectoriser.

Comme je ne me suis mis au digital qu’assez récemment, j’ai du mal à travailler directement sur tablette graphique, il me faut toujours au moins un sketch de base, au crayon, voire au marqueur.

Avec toutes les possibilités de création de brushs sur photoshop, les dessins aux marqueurs sont faciles à retravailler, à intégrer, à compléter…

J’aime les deux, et je me servirais plutôt des marqueurs pour du travail perso, et du digital pour des commandes clients, qui peuvent nécessiter des retouches conséquentes.

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© Benjamin Favrat et Apolline Couverchel

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création ?

Peu importe le milieu artistique dans lequel on évolue, il me semble important de développer sa sensibilité et son trait avec les outils manuels « classiques » tout en étant conscient des possibilités qu’offre le digital.

Certains artistes sont hyper polyvalents (Tom Haugomat, Xoil…), ils utilisent différents outils, dont le digital, et savent créer un équilibre parfait.

On est en plein dans l’aire du numérique, et par conséquent des arts numériques (interaction, jeux vidéos, applications, web design, photo numérique, vidéos full HD 4K et plus…) et on assiste parfois à la course à la résolution. Pour faire le parallèle avec la photo, ça me rend triste quand on parle de qualité d’image uniquement en se référant au nombre de pixels.

Les arts et les technologies évoluent ensemble et je pense que tout est possible question avenir des outils de création, avec plus ou moins de succès, pendant une période plus ou moins longue selon les modes.

En tout cas, après avoir vu une machine à tatouer programmée et automatisée sur ordinateur, je me dis qu’on peut s’attendre à quelques surprises, bonnes ou mauvaises.

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© Benjamin Favrat et Apolline Couverchel

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

C’est une sorte de challenge quotidien, mais je dois dire que le dernier gros projet sur lequel j’ai travaillé a été à la fois le plus difficile, et le plus satisfaisant : Flow 612. On nous a demandé à Apolline Couverchel, scénographe, et moi, de réaliser en collaboration le décor d’une installation à danser pour le jeune public, sur le thème de la jungle. On était une équipe de 6, avec responsable de l’interaction, un musicien, et un responsable technique, dirigés par le chorégraphe Daniel Larrieu. Apolline et moi dessinons beaucoup à la main, et on voulait un rendu « artisanal ». Apolline s’est chargé des textures, et détails de plantes et fleurs, au micron et Staedler, et j’ai utilisé un set de 12 Copic Sketchs gris froids pour faire les fonds. Le tout sur du layout A4 dans le but d’être scanné et imprimé sur toile.

Les aplats d’encre faisaient ressortir la texture du papier, et donnait du grain, presque du grain photo à l’image. Comme on voulait que les plantes soient lumineuses, comme s’extirpant de la densité de la végétation, on avait besoin d’un fond noir. Pour transformer le papier blanc en fond noir, on a travaillé en négatif. On a donc noirci tout ce qui devait être lumineux. Puis scan de l’ensemble des végétaux, « repositivé » et passé en noir et blanc sur photoshop, et on a construit notre décor comme ça. On a ensuite intégré les dessins des enfants et filtré l’ensemble pour interagir avec la lumière.

J’avais un peu peur de la qualité après impression, parce qu’on a tout dessiné sur du A4, et la toile fait tout de même 3m de haut sur 17m de long (soit un agrandissement de plus de 10 fois par rapport au format initial), mais le rendu est génial, on a un aspect quasi photo-réaliste et très immersif. Les enfants semblent apprécier, tout le monde est content. Ça a été une expérience humaine très riche, vis à vis de l’équipe, et aussi par rapport aux enfants de l’école qui nous a invités. C’était également un travail en binôme qui m’a appris beaucoup, et un échange très intéressant avec la lumière, la musique, et le mouvement évoqué par la danse. L’installation est artisanale, mais tout le mécanisme est digital, le décor a été fait à la main mais numérisé pour être filtré et imprimé… un bon exemple de pluridisciplinarité dont je parlais plus haut. C’était une très belle expérience.

Flow612_instal1

Flow612_instal3

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier? 

Je ne suis pas très bien placé pour donner des conseils, mais je lui dirais d’être curieux, créatif, et de travailler, travailler travailler, et surtout de s’accrocher. Le travail en freelance n’est pas facile, il faut être bien organisé, autonome, polyvalent, réactif et rigoureux… comme dans tout métier en fait… (rires). C’est en tout cas une belle aventure.

illu cavalier cadreQuels sont vos projets futurs ? 

Alors en vrac :

– J’adorerais retravailler en équipe. Après deux ans à travailler seul, et après l’expérience de Flow612 ces mois derniers, je me suis rendu compte que la dimension humaine et l’échange entre créatifs me manquaient.

– Même si j’adore le calme de la montagne, il est fort probable que je m’installe à Paris avant la fin de l’année.

– Je travaille en ce moment sur l’illustration d’une histoire de sorcière écrite pas une amie conteuse.

– Je voudrais bosser sérieusement mon book tattoo en vue d’une recherche d’apprentissage.

– J’aimerais trouver le temps de travailler le motion design et l’animation.

– J’aimerais aussi faire un artbook sur le thème des marins, et terminer « Cœur de Brigand », que j’ai commencé l’année dernière, ainsi que « l’aventure arctique ».

Sans parler des projets photo, mais ça c’est une autre histoire.

insta Sketchbook RENDR

 

Pour me retrouver sur internet :

Web : www.benjaminfavrat.com

Instagram : @ademainbenjamin

Facebook : Ademainbenjamin

A bientôt !

Merci !

Comment colorier des yeux Manga avec les feutres COPIC

par Manon, blogueuse invitée.

Bonjour à tous! Je m’appelle Manon et je vais avoir 14 ans dans pas longtemps.
Aujourd’hui, je vous propose de vous apprendre ma façon de colorier les yeux de manga avec des feutres copics (ici, nous utiliserons des copics « ciao »).
Dans mon cas, je vais faire l’oeil bleu.

photo 1

1. Tout d’abord, il faut prendre la couleur qui se rapproche le plus du blanc pour faire des dégradés. Moi, je prend le B12, mais j’aurais aussi pu prendre le B00.

Après avoir choisi le feutre qui conviendra le mieux, coloriez l’oeil avec.

photo 2

2. Ensuite, il faut prendre une couleur un tout petit peu plus foncée, mais pas trop, pour faire la pupille de l’oeil. Personnellement, je prends le B24.

Tracez l’ovale dans l’oeil pour représenter la pupille.

photo 3

3. Prendre une couleur plus foncée (moi, le B18). Avec le feutre, tracez une ligne au milieu de l’oeil. Puis, coloriez la partie supérieure avec le même feutre (sans colorier la pupille).

Toujours avec le feutre (oui, encore xD) tracez 2 traits symétriques qui se rejoignent vers le bas, sans se toucher.

photo 4

4. Normalement, la pupille est en 2 parties grâce à la ligne qui traverse le milieu de l’oeil.

Coloriez la partie inférieure de la pupille avec le même feutre que l’étape précédente.

photo 5

5. J’utilise le B23 pour faire des dégradés en l’appliquant sur « la ligne de la moitié de l’oeil » (et au dessus) pour ne pas qu’on reconnaisse qu’il y a eu une ligne (si vous ne comprenez pas, regardez la photo :p)

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6. Répétez l’étape 4 avec un feutre plus foncé, moi je prendrai le B39 ! Faire aussi les dégradés (étape 5).

Refaire cette étape plusieurs fois jusqu’a ce que le résultat soit satisfaisant.  Vous pouvez aller jusqu’au feutre noir (repasser aussi sur les 2 traits).

photo 7

7. Grâce à un stylo blanc, je vais faire le contour de la pupille, ce qui donnera « de la luminosité dans l’oeil ».

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8. Toujours avec le stylo, je fais les reflets et les derniers détails !

photo 9

Et voilà! J’espère avoir été assez claire ^^ »

Je vous retrouve bientôt dans un nouveau tuto! 😀

Manon

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Comment réaliser une ébauche de Gotham City aux feutres COPIC


Par Bernard Bosques, Blogueur invité.

Bonjour à tous,

Pour cette ébauche librement inspirée des ambiances de GOTHAM CITY (la ville de Batman) j’ai utilisé différents feutres de la marque COPIC.

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TECHNIQUE :

En raison des grands à plat de couleur que représentent les vitrages des façades j’ai utilisé les feutres à pointe large Copic WIDE: W1, W3 et W5 (gris chaud), j’ai pu ainsi couvrir de grandes surfaces sans laisser de traces pour garder de la tenue au dessin. Les petites parties plus fines j’ai utilisé les Copic multiliner et les Copic Ciao pour finaliser certaines parties.

Dans la conception de ce dessin le décor sert d’écrin au personnage en pleine lumière.

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L’ENCRAGE :

Le dessin de héros comics requiert une grande précision au niveau des proportions et de l’encrage.

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La précision du trait est primordiale, la moindre nuance en dessin peut modifier l’expression. La gamme Copic comporte une série de marqueurs calibrés pour l’encrage d’une grande précision, j’ai utilisé en fonction du dessin le Copic Multiliner SP BS black , ce feutre permet de manier avec dextérité les pleins et les déliés avec une grande précision.

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Maintenant à vos feutres !

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Merci de votre lecture et à très bientôt sur le blog COPIC !

Bernard BOSQUES

Interview de Julien Hugonnard-Bert, encreur de BD pour Marvel, DC COMICS et Delcourt

Quel est votre parcours?
J’ai toujours dessiné, mais même si je souhaitais gagner ma vie en dessinant, j’ai opté pour des études plus sérieuses d’ingénieur. C’est donc après avoir exercé pendant 5 ans que j’ai dévié vers la BD. Au final, être sérieux, ce n’est pas fun !

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

J’imagine que j’ai toujours voulu faire ce métier ou en tout cas un métier artistique. C’est une passion – autant en faire son métier ! Faut juste avoir le courage de se lancer. Il m’a fallu du temps, mais je ne le regrette pas !

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Que fait un encreur ? A quel stade intervenez vous dans la production d’une BD Comics par ex chez Marvel ou d’autres éditeurs?

Je suis en quelque sorte l’assistant du dessinateur. J’interviens une fois son crayonné terminé. Mon rôle est de terminer son dessin à l’encre noire. Ensuite, je transmets la page au coloriste qui (comme son nom l’indique) ajoute les couleurs. Et puis le lettreur intervient et place les bulles de textes sur la page.

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Même si je suis autodidacte, j’ai souvent sollicité les avis de beaucoup de dessinateurs ou encreurs professionnels. Grace à l’internet, ces contacts sont possibles aujourd’hui. Ce sont eux qui m’ont appris mon métier en pointant ce qui allait et surtout ce qui n’allait pas dans mes dessins ou encrages.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

C’est très varié. Lorsque je travaille mes propres dessins, j’aime les styles « griffonnés » ou « écorchés ». Bill Sienkiewicz est un exemple pour moi ! Si je devais n’avoir qu’un talent, j’aimerais bien que ce soit le sien ! Pour ce qui est de la couleur et de l’utilisation des feutres Copic, le premier nom qui vient en tête est forcément Adam Hughes. C’est un virtuose. Mais j’avoue avoir un faible pour Yildiray Cinar (Superior Iron Man chez Marvel). Là encore, c’est dynamique, il ajoute des projections, des griffures… C’est un artiste sous-évalué et il mérite une reconnaissance plus grande encore ! Et puis, je crois pouvoir dire que c’est un ami.

jimmy

A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Je suis un lecteur assidu de comics. Même s’il y a des exceptions dans la BD Franco-Belge, ma préférence va vers ce qui se fait aux USA. Ensuite, je n’ai pas de style de prédilection : super-héros, crime, horreur, romance… J’aime tout tant que l’histoire et les dessins se tiennent !

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Mal ! C’est souvent mal rangé ! J’ai une table à dessin inclinée et un ordinateur à ma droite avec une tablette graphique type Cintiq. Tout autour sont entassés des pinceaux, des plumes, des feutres, etc. L’encreur est souvent un geek du matériel « analogique ». Je ne déroge pas à la règle, je garde des feutres secs, des éponges, des collants en nylon, des pinceaux dépouillés, plumes… pour pouvoir faire des effets et textures intéressants. Et puis j’ai plusieurs pots d’encre de Chine plus ou moins sèches selon l’outil et le rendu voulu.

Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Généralement, je travaille 3 demi-journées de 3-4 heures chacune. Le matin, l’après-midi et le soir après dîner. Je commence donc vers 9h-10 heures et je termine vers 1h-4 heures suivant le délai à respecter ! Si le temps me le permet, j’aime terminer des pages le soir avant de me coucher et les scanner le lendemain matin après une nuit de sommeil. ça évite de laisser passer beaucoup d’erreurs, ainsi ! A tête reposée, on voit énormément de défauts !

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Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Je suis quelqu’un d’assez traditionnel. Je travaille principalement sur papier. Pour l’encrage, j’utilise la plupart du temps le pinceau et l’encre de Chine. Et puis les feutre calibrés Graph’It pour des détails ou des architectures. Ce sont vraiment les meilleurs sur le marché pour moi : ils conservent un afflux d’encre constant tout au long de leur durée de vie. Un peu de plume aussi, mais c’est plus rare. L’ordinateur ne me sert que pour les corrections à apporter a posteriori. Pour la couleur, les feutres Copic ou Graph’It exclusivement. Là encore, je ne me sers de l’ordinateur que pour corriger les niveaux et réparer les erreurs de réglages faites au moment du scan. Je ne sais pas coloriser sur ordinateur et préfère le grain que donnent les feutres. En revanche, je crayonne sur ordinateur ! Je suis un dessinateur laborieux et pour moi, Photoshop me permet de corriger les lacunes de mon dessins pour ce qui est du redimensionnement ou de la perspective. J’imprime donc mon crayonné en blueline pour l’encrer et le colorer à l’ancienne…

Comment connaissez vous les COPIC ?

Je connais Copic depuis une quinzaine d’années. Le magasin de matériel de dessin dans lequel je trainais lorsque j’étais au lycée à Avignon avait un présentoir avec ces feutres. J’ai donc essayé les gris et j’étais conquis ! Malheureusement, ce magasin a fermé depuis et c’est assez récemment que j’ai ressorti mes feutres. Chose épatante : ils fonctionnaient toujours ! Alors grâce à des gens comme Stéphane Roux ou Rémi Dousset, je me suis rendu compte de tout ce qu’on pouvait faire avec et j’ai agrandi ma collection !

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Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Le fait qu’ils puissent se recharger est un grand plus par rapport aux marques concurrentes. Et puis lorsqu’on repasse plusieurs fois, la couleur s’intensifie, mais on ne voit pas les coups de feutres. Ce n’est pas le cas avec la plupart des autres marques qui « imbibent » beaucoup plus la feuille et la saturent de couleurs dès le premier coup.

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

J’utilise les Copic standard. Principalement avec la pointe biseautée. Je fais aussi des projections avec la pointe pinceau des Copic Sketch que je fais « rebondir » sur un CD. C’est très difficile à décrire, mais je remercie Sabine Rich pour la tuyau!

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

J’ai le mélangeur, mais ne m’en sers que pour lisser ma couleur. Quant à l’aérographe, je serais curieux de tester cela un jour !

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Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

Diverses gammes de Bristol assez lisses. Ou bien les papiers fournis par les éditeurs… Mais toujours sans acide !

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et
pourquoi ?

J’utilise la gamme T pour les niveaux de gris. C’est assez neutre. J’ajoute parfois des coups de W en Wide pour « réchauffer » l’ambiance du dessin. Je peux ainsi créer un contraste entre un personnage « chaud » et un fond plus « neutre ». Sinon, je privilégie le E21 (Baby Skin Pink) pour les couleurs de peaux, ne fonçant qu’en faisant des superpositions. C’est assez drôle de mettre Wolverine en couleurs avec le Baby Skin Pink, mais on s’y fait ! J’aime aussi placer une lumière bleue rasante sur mes personnages avec le B01 (Mint Blue).

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je pense qu’un débutant peut partir sur une sélection de feutres gris (chaud ou froid selon les goûts de chacun). Ou bien des tons plus sépia. Ce n’est pas évident de maîtriser la couleur, faire des monochromes c’est déjà pas mal. Il peut éventuellement opter pour les modèles Ciao (moins cher), mais il est risqué d’utiliser la pointe pinceau. Elle est fine et on peut se perdre facilement dans les détails. Mieux vaut placer des zones de couleurs moins précises avec la pointe biseautée et privilégier l’ambiance.

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Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

Ça n’a rien à voir ! J’aime le fait que le feutre rend chaque mouvement (plus ou moins) définitif. ça nous oblige à travailler dans l’urgence. Avec l’outil informatique, on peut faire, défaire, annuler, recommencer… Et au final, on risque de se perdre dans les diverses alternatives possibles et ne jamais finir ! Toutefois, Photoshop permet des « effets spéciaux » plus difficiles à faire avec des feutres comme des flous ou de l’ajout de grain. Mais en ce qui me concerne cela reste de la post-production et cela ne prend jamais le pas sur ma façon de faire.

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en bande dessinée ?

Il est nécessaire de connaitre au moins un peu les deux. L’industrie de la BD et encore plus du comics s’accélère grandement depuis quelques années. Les auteurs doivent se servir de tout ce qui peut faire gagner du temps. S’ils sont à l’aise avec l’ordinateur pour certaines choses, il ne faut pas se priver. Par exemple, plutôt que de faire un pochoir pour préserver certaines zones des projections d’encre, on peut le faire sur l’ordinateur si le temps presse… En revanche, abandonner totalement le papier n’est pas forcément un bon choix : les droits d’auteurs allant diminuant, la vente     d’originaux est une part importante des revenus d’un auteur de BD.

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Parfois, les délais sont délirants. Récemment, j’ai du encrer une poignée de pages pour Marvel. C’était un épisode des X-Men. Je n’avais qu’une journée pour faire 4 pages ! C’est fou. Masqué chez Delcourt a également été difficile pour ce genre de raisons : le pari était de fournir au lecteur 4 tomes de cette BD en un an… No comment… En revanche, j’ai adoré bosser sur Injustice. Avoir la chance de jouer avec des personnages comme Superman, Batman, Flash et tous leurs amis, c’est un rêve de gosse !

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Je répèterais juste ce que m’a dit le premier éditeur que j’ai rencontré en convention : « Entre la qualité et le délai, je choisirais TOUJOURS le délai. Mais si la qualité n’est pas là, je ne referai pas appel à toi ». Je dirais donc qu’on a toujours des progrès à faire, mais il faut tomber de la page. Tant pis si elle n’est pas parfaite, on essaiera de faire mieux à la prochaine. C’est en faisant des kilos de pages qu’on s’améliore !

Quels sont vos projets futurs ?

Je fais pas mal de commissions en ce moment. Je travaille également sur une bande dessinée plus personnelle que je compte écrire, dessiner et encrer seul. Mais ce qui me prend le plus de temps en ce moment, c’est la campagne de crowdfunding pour financer mon nouvel artbook : Girls, Gods & Monsters – vol. 4. J’y compile mes meilleurs dessins de l’année et y explique ma méthode de travail. La couverture sera d’ailleurs faite en couleurs et niveaux de gris avec des feutres COPIC !

Pour contacter Julien Hugonnard-Bert, rendez-vous sur: 

https://www.facebook.com/jhugonnardbert
http://fr.ulule.com/ggm4/

Interview de Valentin Boogaerts, designer de jeux vidéo

 

Quel est votre parcours ?
Je suis né au début des années 80 dans une famille d’artistes où j’ai eu la chance d’avoir très tôt des crayons, feutres et pinceaux entre les mains. N’aimant pas l’école, seul le dessin et les jeux vidéos (encore très nouveaux à l’époque) me passionnaient. J’ai donc travaillé dans l’unique but de rentrer à l’école Estienne à Paris où j’ai appris les bases de tous les domaines artistiques  (excepté l’infographie qui en était à ses débuts mais que je pratiquais en autodidacte), puis la prestigieuse école des Gobelins qui ma permis d’être au contact des meilleurs et m’a ouvert beaucoup de portes.

J’ai donc pendant 17 ans traversé tous les spectres du design graphique : modélisation 3D dans les jeux vidéos, communication visuelle pour des marques de luxe,  animations flash, affiches de cinéma (Fox, Pixar…), presse musicale et web design en Chine où j’ai vécu quelques temps.

Mais,  il y a maintenant 3 ans, je suis tombé par hasard dans la création de jeux vidéos mobile/tablette qui est le domaine le plus épanouissant et intéressant dans lequel j’ai travaillé. C’est à chaque projet un vrai bonheur d’évoluer dans cette discipline qui requiert beaucoup de techniques que j’ai pu apprendre toutes ces années.

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Quand avez-vous su que vous vouliez devenir designer de jeux vidéo ?

Mon premier souvenir concernant mon futur métier était de devenir « inventeur de jouets » je devais avoir 5 ans, mais lorsque mes parents m’ont offert ma première console de jeux (une Sega Master System) à l’âge de 7 ans j’ai su que c’était ce que je voulais faire bien qu’il n’y avait pas encore de nom à mettre sur ce métier. J’étais attiré non seulement par les jeux eux-mêmes mais aussi par les illustrations des boites de jeux vidéos, le design des consoles et des accessoires. J’étais d’ailleurs littéralement fasciné par les salles de jeux étant enfant, les images, les sons… Je me souviens de mes premiers pas d’enfant dans une salle d’arcade comme l’un des moments les plus intenses de ma vie.

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Que fait un designer de jeux vidéo? ? A quel stade intervenez-vous dans la production d’un jeu ?

Le jeux vidéo ayant évolué avec les nombreux supports technologiques et toutes les contraintes et possibilités qu’ils offrent, il y a désormais mille manières de pratiquer ce métier, aussi bien au niveau des outils, du style graphique que des structures.

On m’avait par exemple, proposé à la sortie des Gobelins de travailler sur le jeux Superman en 3D. Lors de mon entretien on m’avait expliqué que je ferais parti d’une grande équipe et que je passerai une année entière à ne travailler que … sur la cape de Superman. J’ai trouvé cette perspective effrayante et j’ai eu la chance d’avoir pu rentrer dans un tout petit studio avec beaucoup moins de moyens mais où j’ai pu goûté à cet esprit pur du jeux vidéo où l’on touche un peu à tout et on l’on doit constamment se surpasser pour combler les moyens limités.

J’ai eu la chance d’être formé lors de mon premier job de level designer par un prodige d’Ubi Soft, Antoine Le Clainche, qui m’a donné tous les outils nécessaires pour développer mon imagination, de persévérer dans la technique et qui m’a surtout transmis sa passion en me faisant réaliser que la création de jeux vidéos est une discipline à part entière.

Mon travail aujourd’hui consiste à réaliser de A à Z des jeux (logos, sprites, décors) pour mobiles et tablettes pour des studios. Les délais sont en général très courts, de 2 à 4 semaines et je dois m’organiser pour réaliser un jeu riche et attractif graphiquement, avec une personnalité propre et qu’il soit une réussite d’un point de vue marketing. Chaque projet est un tour de force car on peut me demander tout type de styles graphiques pour tout type de cibles. Je pense être devenu maso car plus le chalenge est fort et plus je prends plaisir à travailler dessus.

C’est la raison pour laquelle je ne peux montrer les rendus finaux de mes jeux ici, compte tenu des clauses de confidentialité entre mes clients et moi. Je dois être un des seuls graphistes dont le folio en ligne est protégé par mot de passe.

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Comment vous êtes-vous formé au dessin ?

J’ai grandi en partie juste en face du centre Georges Pompidou où j’ai passé beaucoup de temps très jeune à me balader. Mon père était illustrateur freelance et avait donc une bibliothèque d’art et de bandes dessinées très impressionnante. Il avait pour habitude de me donner de grandes feuilles de papier, format raisin, et de quoi dessiner pour que je laisse libre court à mon imagination. Les écoles d’arts ont ensuite pris le relais mais ce sont des métiers où il faut vraiment ne compter que sur soi pour progresser. C’est un sacrifice, des heures et des heures à dessiner pendant que les autres s’amusent, sortent et font la fête mais la satisfaction de se surpasser enlève tout sentiment de frustration.

De plus, il n’y a désormais plus d’excuse quand on voit le nombre impressionnant de tutoriaux sur Youtube permettant de se former sur à peu près n’importe quoi.

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Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

Hormis les inspirations que l’on acquiert lors de l’enfance et qui sont dures à déterminer (beaucoup de bandes dessinées classiques et de séries TV japonaises), je pense que l’on peut diviser ses inspirations en plusieurs familles. Pour ma part :

– Le manga One Piece, Docteur Kishiwada où les bandes dessinées de Jacovitti ou Gotlib pour la dimension créative. La création est un muscle qu’il faut quotidiennement travailler car c’est ce qui nous permet de garder ce lien avec l’enfance qu’il est primordial de préserver. C’est pour moi, ma plus grande force.

– Pour tout ce qui est des couleurs je suis impressionné par les coloris des illustrations du jeux Dofus. Ils ont des gammes fabuleuses et une manière très subtile de travailler leurs personnages avec des couleurs très vives, et des décors beaucoup plus feutrés, qui arrivent parfaitement à se mélanger. Je suis aussi un grand fan du magazine de déco intérieure AD qui donne un bon aperçu des tendances actuelles en terme de couleurs et de matières. Le jeux vidéo ne doit pas s’inspirer que de lui-même mais au contraire puiser dans les tendances des autres disciplines.

– Pour finir en terme de dessin pur, je suis de près le travail d’illustrateurs comme James Jean ou le Coréen Jung Gi Kim, qui ont un niveau qui frise le génie. Leurs travaux sont sublimes et j’invite tout le monde à s’intéresser à ce qu’ils produisent.

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A quel type de dessin s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?
Etant donné que mes clients me commandent des jeux avec des thèmes graphiques très différents, je dois sans cesse m’adapter et me renouveler. Il m’arrive de travailler dans un style très manga/kawaï, ou plutôt heroic fantasy, retro pixel ou parfois photo réaliste. Avoir un style propre trop marqué est à double tranchant. Vous pouvez subitement avoir un engouement pour votre travail mais qui vous fera tomber aux oubliettes dès que la mode sera passée à autre chose (et elle passe à autre chose beaucoup plus vite que l’on croit).

Pour moi l’illustrateur se doit d’être comme un pianiste, il a ses préférences de styles mais sa technique parfaite doit lui permettre de jouer aussi bien du classique que du jazz. Pensez-vous comme un couteau suisse qui s’adapterait à tout type de problématique plutôt que de vous enfermer dans une niche graphique…

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Comment organisez-vous votre studio, votre lieu de travail et quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Mon workflow se divise en deux parties distinctes :

1) Une boite portative qui comprend un ipad (pour afficher mes modèles photo si besoin) et une soixantaine de COPIC ainsi que le matériel de dessin de base qui va me permettre de sketcher mes idées avant de les présenter aux clients. Je travaille systématiquement l’après-midi à l’extérieur, dans des cafés ou des espaces de co-working très populaires en Asie où je suis actuellement.

La tâche est de tout réaliser avec mes COPIC (sprites, icones, illustrations, logos)  afin de gagner un maximum de temps pour la suite et surtout de permettre à mes clients de valider l’esprit graphique. Les sketches sont en général très proche des versions finales sous Photoshop, l’essentiel des idées et concepts graphiques étant déjà présents.

2) Puis je rentre à mon bureau ou j’ai ma workstation avec palette graphique Wacom et deux grands écrans 26 pouces. J’y réalise ensuite mes sketches en version numérique sous Photoshop généralement de 20h00 à 6h00 du matin. La nuit étant le meilleur moment à mon goût pour les sessions de travail. Toute la recherche ayant été faite en amont avec mes COPIC, la réalisation définitive est alors très fluide.

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Quel matériel utilisez-vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

COPIC sketch pour la colorisation, Copic Multiliner SP pour le dessin trait et une gamme de porte-mines des japonais Pyramid que je trouve très beaux et surtout bien lourd au touché. Au niveau des gommes j’utilise les gommes Rotring noire « TIKKY 20 » qui ont un pouvoir effaçant très efficace sans pour autant abimer le papier et l’encre des Multiliner.

Comment connaissez vous les COPIC ?

Je suis tombé dessus complètement par hasard au détour d’une allée d’un magasin d’art parisien il y a maintenant 3 ans. J’ai adoré la palette de couleurs, le logo et le design des feutres. C’est bête mais c’est ce qui m’a poussé à en acheter 2. J’avais arrêté à l’époque le dessin pendant près de 5 ans, me concentrant exclusivement sur l’infographie.

Une fois achetés je me suis remis à dessiner petit à petit, au début par nostalgie, puis au fur et à mesure que ma collection de COPIC grandissait, j’ai commencé à les utiliser systématiquement dans mon processus créatif. En voyant que les clients y étaient très réceptifs et enthousiastes, c’est devenu une étape à part entière de ma méthode de travail.

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Pourquoi avez-vous choisi COPIC ?

Il y a je pense deux aspects qui m’ont attiré vers cette marque. Le côté purement matériel qui pour moi est d’extrêmement bonne qualité, des encres très denses et qui permettent -tout comme le travail sous Photoshop- le mélange et surtout de travailler en couches de couleurs ; Et au passage, détail très important lorsque l’on fait des sessions de 4 ou 6 heures de dessin : les encres ne sentent pas.
Le second point qui me plait est que COPIC est aussi devenu un état d’esprit et je le comprend de plus en plus lors de mes voyages. Je rencontre presque tous les jours des jeunes étudiants en art, graphistes, stylistes ou designers qui, voyant ma Copic box sur ma table, viennent me parler et échanger avec moi.
Nous avons tous cette double passion du dessin en lui-même mais aussi du beau matériel. Je sens chez les utilisateurs de COPIC un peu cet esprit commun et amour de la marque elle même que l’on retrouve chez Apple.

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Quelle sorte de COPIC utilisez-vous et comment ?

Au niveau des couleurs j’ai une centaine de Copic Sketch et Marker. J’ai aussi quelques CIAO achetés au tout début de ma collection, que je donne petit à petit aux étudiants que je rencontre. Ce n’est pas grand chose mais c’est une manière de les encourager à progresser et d’échanger humainement.

Au niveau des encres j’en ai une cinquantaine qui correspondent aux COPIC que j’utilise le plus. Par exemple, mon COPIC « Moustard », que je n’utilise que quand je dessine de la nourriture et est toujours plein après 2 années car très rarement utilisé. En revanche mes gris, bleu et vert de base ont besoin d’être rechargés toutes les 2 semaines car je les utilise énormément.

Pour ce qui est du trait encré, je suis tombé amoureux de la gamme Multiliner SP. Les feutres sont très beaux et ont une densité qui les rend très agréable à utiliser. J’ai la gamme complète mais j’utilise surtout le 0.5 pour le dessin, 0.7 pour les outlines et 0.05 pour les détails.

Utilisez-vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

Travaillant généralement dans des lieux publics je ne peux pas utiliser les aérographes. J’utilise le blender surtout pour les effets de matière type vitre. Je blend sinon en général avec une couleur très claire.

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Sur quel support papier utilisez-vous les COPIC ?

J’ai des blocs de papier COPIC pour les grandes illustrations mais aussi du papier traditionnel pour le dessin de tous les jours qui nécessite parfois une mise en couleur. Trouver du bon papier n’est pas un exercice facile et j’ai dû en tester une bonne quinzaine avant de trouver un papier qui réagissait bien : Sketch book de chez Masterart.

On perd à peu près 20% de clarté des couleurs comparé au papier COPIC et le papier va absorber 15% d’encre en plus, mais c’est pas si mal car la plupart des papiers traditionnels, en plus de vider vos Copic en quelques jours, assombriront vos couleurs et feront baver vos encres.

Ne surtout pas négliger le choix du support papier car en voulant économiser en utilisant du papier cheap cela fini par coûter beaucoup plus en encre et pour un résultat graphique plus médiocre.

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Chacun travaille un peu à sa manière mais pour ma part je colorie toujours sur une base de 3 nuances + 2 gris + couleurs de lumière. Si je dois par exemple mettre en couleur un poisson je remplirais d’abord avec un bleu très clair, puis un bleu medium pour la partie sombre et un bleu foncé pour les ombres. Je passe ensuite au gris W2 par exemple pour assombrir et blender mes parties obscures, puis un gros franchement plus foncé type T4 pour les zones franchement sombres.

Je repasse ensuite mes zones claires avec des couleurs hors gamme, par exemple du rose, du vert ou du jaune pour donner de la texture à l’ensemble.

Il faut évidement utiliser les couleurs en harmonie mais ne surtout pas hésiter à expérimenter et à oser des mariages contre nature. Mieux vaut un peu d’audace que l’on réfrènera avec le temps qu’être trop sage et de toujours s’enfermer dans les mêmes mises en couleur.

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Que conseilleriez-vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Cela dépend évidement des budgets de chacun mais je conseillerai de constituer sa collection de la manière suivante :

1) Deux ou trois COPIC gris pour commencer à se familiariser en noir et blanc, sans en prendre des trop proches en terme de valeurs. Pour ma part j’aime mélanger des gris chauds et froids tels que le C1, N3 et W5.

2) Je conseille ensuite de fonctionner par couche, c’est-à-dire d’acheter un feutre clair de chaque gamme : une bonne couleur de peau (E02 par exemple), un bleu ciel (B00), un vert clair (G12), un rouge pas trop foncé (R27), un jaune (Y15), un orange (YR16) et un marron (E33).

Cette première gamme de 10 COPIC vous permettra de dessiner à peu près n’importe quoi en jouant sur les valeurs avec vos différents gris sans trop investir.

3) Vous pourrez ensuite, petit à petit, ajouter un COPICun peu plus foncé à chaque famille de couleur ce qui vous fera une gamme de 17 COPIC.

4) Pour la suite on peut continuer ainsi comme je l’ai fait pour au final avoir 10 COPIC pour chaque gamme ce qui me permet d’être polyvalent à tout type de sujet avec 60 COPIC.

J’ai ensuite à mon bureau pas mal de COPIC de couleurs plus marquées, moins utiles au quotidien mais qui me servent sur des sujets plus spécifiques.

Au niveau du dessin trait, je conseille d’investir tout de suite dans un multiliner 0.5 ou 0.3 qui permettra d’avoir un trait propre et précis et qui surtout n’interagira pas avec les encres. Vous pouvez ensuite, au fil du temps étoffer votre collection avec des mines très larges et très fines.

Prenez votre temps, choisissez les couleurs qui vous ressemble, chaque encre réagit différemment à une autre et vous vous familiariserez vite avec leurs différentes personnalités.

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Comment comparez-vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?
Ils sont pour moi totalement complémentaires. Je n’aurais jamais le rendu un peu plastique et sharp d’une illustration Photoshop avec un dessin, et je n’aurais jamais l’inspiration et le plaisir de dessiner sur papier en étant assis devant mon ordinateur.

Dans mon cas le dessin manuel précède systématiquement le travail infographique dans la chaîne de travail mais il a au final une place plus importante car c’est lui qui va déterminer l’esprit, la composition et donc le rendu final. Comme je le dit tout le temps, le sketch c’est 90% de l’illustration. La phase infographique ne sera que la retranscription de l’idée avec l’outil numérique.

Est il nécessaire de connaitre les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en infographie ?

Je pense que n’importe quel illustrateur se doit de connaitre un minimum Photoshop et/ou Illustrator. Vous pouvez facilement vous y former en 2 semaines et les possibilités ne serait-ce que de retravailler vos travaux et de les présenter sont immenses. Il y a évidement les palettes graphiques qui offrent une méthode de travail hybride, mais qui au final restent des approches infographiques beaucoup moins libre que le dessin papier.
Dans l’autre sens, la plupart des infographistes que je rencontre sont assez surpris de me voir travailler des icones ou des sprites sur papiers mais il suffit que je leur montre côte-à-côte les versions sketch et numériques pour qu’ils comprennent que c’est une interaction vertueuse et ils sont au final tous fascinés par ce retour au manuel pour améliorer le numérique.

J’ai fourni il y a peu quelques COPIC à un jeune infographiste thaïlandais qui a vraiment boosté sa créativité et même sa technique avec ma méthode. Le fait de délaisser un peu sa Wacom, de se concentrer sur le papier et la créativité pure est je pense un retour à l’état d’enfant que l’on a tous été. Je le croise régulièrement et ses sketchs, pourtant destinés à des créations numériques, sont impressionnants.

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Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Mon pire souvenir est mon premier pixel game. Mon client voulait un rendu identique au jeu Mine Craft mais sur un plan 2D. J’ai pris le problème à l’envers en voulant donner un aspect pixel à des créations qui ne l’étaient pas. Le résultat a été accepté mais à mes yeux peu concluant. J’ai depuis retravailler sur du pixel game mais en reprenant tout à zero. Je ne ferais plus l’erreur de vouloir adapter le but à mes moyens, en tant que graphiste c’est à nous de repartir à zéro, à apprendre de nouvelles méthodes graphiques pour satisfaire le client et coller au exigences graphiques du projet et de la cible.

Mon plus beau projet était à la base un « me too » d’Angry Birds (un me too  est un jeu inspiré d’un jeu à succès tout en étant différent) à qui j’ai réussi à insuffler une vraie personnalité et un vrai style graphique aux personnages. Le studio a adoré et m’a recommandé une suite en me laissant cette fois carte blanche. 1 mois de travail, 7 jours sur 7 en travaillant 13 heures par jours. J’étais physiquement complètement vidé mais jamais je n’ai été aussi fier d’un de mes jeux surtout qu’il a extrêmement bien marché auprès du public.

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans les métiers de l’infographie?

Ne comptez que sur vous-même pour apprendre ! Observez, analysez, les gens, les objets, l’architecture, les vêtements, à chaque moment de la journée. Intéressez-vous à tous, non seulement aux domaines graphiques mais aussi à des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé auparavant, telles que la mécanique, les insectes, la géologie ou la mythologie. Chaque chose que vous assimilerez sera une force supplémentaire à votre pouvoir créatif et votre capacité de répondre à une demande. Même si vous êtes passionné par des univers précis, heroic fantasy, espace ou zombis, forcez-vous à vous intéresser à des choses différentes, ne vous enfermez pas.

Vous devrez bloquer une partie de votre temps sur l’apprentissage des outils qui ne sont pas si compliqués mais qui demandent beaucoup de pratique pour acquérir des automatismes et vous faire gagner du temps plutôt que de vous en faire perdre.
La dernière chose est d’avoir conscience que vous vous engagez dans une voie impitoyable, ou vous devrez travailler plus que tout le monde et cela toute votre vie. Le métier est ingrat lorsque l’on n’a pas de reconnaissance pour son travail mais c’est un bonheur sans limite d’être payé et récompensé pour exercer sa passion.

Amusez-vous, osez, mais soyez rigoureux, faites-en sorte de satisfaire vos clients et de leur faire gagner beaucoup d’argent avec vos créations. Ne soyez jamais satisfait de votre niveau graphique. Soyez prêt à progresser chaque jour de votre vie et à ce que votre quête n’ait jamais de fin.

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Quels sont vos projets futurs ?

Je monte à la fin du mois de juin mon studio de jeux vidéo qui verra naître mon premier projet 100% personnel qui devrait être disponible en septembre si tout se passe bien. C’est un jeu mobile/tablette très riche graphiquement et qui aura la particularité d’avoir été entièrement conçu et sketcher avec des COPIC. Les nombreux art works seront donc consultables à travers une section du jeu. Mon but étant de réunir ma double culture dessin/infographie, d’en tirer le meilleur et, pourquoi pas, attirer d’autres graphistes dans cette voie image.

Pour contacter Valentin Boogaerts, rendez-vous sur: 

 http://instagram.com/tino_copic

Interview de Stefano Tamiazzo, auteur, dessinateur BD et directeur artistique de l’Ecole Nationale de la Bande Dessinée de Padoue

Quel est votre parcours ?

Je suis né en 1968 dans une famille de tradition militaire dans l’aviation. Mon père et mon frère lisaient des bandes dessinées comme un hobby. Lorsque nous étions enfants la tradition du dimanche matin était la lecture des bandes dessinées dans le lit. A l’époque, c’était un luxe pour moi. C’est ainsi qu’a commencé mon amour pour cette façon unique de raconter des histoires

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

À l’âge de 14 ans, j’ai acheté une bande dessinée intitulée «L’homme du Zoulouland » « écrite et illustrée par Gino D’Antonio. Elle appartenait à une série intitulée « Un homme une aventure. » Coup de foudre pour ce volume de grand format en couleur ! Mais la bande dessinée italienne n’était pas tendance … Peu de temps après, j’ai découvert ce qu’était le modèle de bande dessinée franco-belge. Après la lecture de ce volume, ce que je voulais faire de ma vie m’est apparu clairement, je voulais dessiner des BD. 01 Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Ma formation est totalement autodidacte. Adolescent, je voulais être dessinateur réaliste, mais je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas ma nature. Je tendais vers la ligne claire, avec un dessin grotesque, et j’ai décidé d’aller dans ce sens. Les résultats furent remarquables, parce ce que je m’amusais, tout simplement.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes principales sources d’inspiration sont les livres d’histoire, les vieilles photos et les films. Ce sont trois passions qui m’accompagnent depuis toujours. 02 Les artistes que vous admirez ?

Tardi, Giardino et Miyazaki sont les auteurs qui m’ont le plus influencé de façon tangible en ce qui concerne le dessin. Ce sont les auteurs que j’ai le plus copié, essayant de capturer cette magie que je pouvais voir dans leurs planches. Parmi ceux que j’admire sans condition, en plus des trois ci-dessus: Sergio Toppi, Juan Jimenez, François Bourgeon, Enki Bilal, Hugo Pratt, Attilio Micheluzzi, Loisel, Juanjo Guarnido, Moebius, Satoshi Kon, Katsuhiro Otomo, Will Eisner, Enrico Marini. La liste est longue. 03 A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Tout ce que je sais, c’est que le réalisme ne m’intéresse pas, ni en ce qui concerne le dessin, ni pour les histoires. Je suis convaincu que le dessin grotesque a des possibilités expressives largement supérieures au dessin réaliste, et j’estime donc qu’il est capable d’aborder tout type d’histoire ! Il est vraiment important de ne pas tomber dans le ridicule, et de rechercher l’harmonie entre le dessin et le récit . D’ailleurs, le dessin est une métaphore, que chaque dessinateur exprime au travers du filtre de son point de vue très personnel. Le lecteur est juge.

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Mon atelier est divisée en trois petites salles.Le premier est là où je dessine. Je dessine sur une vieille table de la cuisine de mon enfance… Il y a une table lumineuse, un petit téléviseur, un lecteur DVD, des livres, des bandes dessinées, et des DVD, des outils de dessin, deux ukulélé et une figurine de Laputa dont je m’inspire au besoin. Ce sont des allers retours permanents à la librairie tout en travaillant! Dans le second, il y a deux ordinateurs, un Mac, un PC, une bibliothèque avec plus de 2500 titres, un lit et 5 ukulélé. Dans le troisième, il y a un photocopieur, le dépôt où je garde les planches originales , des croquis, des scénarios … et juste un ukulélé. 09 Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

J’aimerais avoir une routine de travail, mais ça m’est impossible ! Je joute chaque jour entre écrire et dessiner des bandes dessinées, ainsi que mon activité de directeur artistique à la Scuola Internazionale di Comics Page Facebook ( École Internationale de la Bande Dessinée, 9 lieux en Italie et un aux États-Unis, à Chicago). C’est une école de formation dans laquelle plus de 30 professionnels de la bande dessinée, de l’illustration, du cinéma d’animation, des arts graphiques, des jeux vidéo, etc. enseignent le métier à des centaines d’étudiants dans le nord de l’Italie.

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

J’utilise les Micromine HB, B, B2, B6 pour les crayons et les marqueurs COPIC pour les storyboards. Pour l’encrage j’utilise des Rapidographes de différentes marques et des fude pen. La coloration est réalisée avec des marqueurs Copic et des crayons de couleur. La table lumineuse A3 est fondamentale dans mon processus de travail. 04 Comment connaissez vous les COPIC ?

J’ai découvert les COPIC par un collègue dans son atelier il y a un peu plus d’un an. Je suis rentré chez moi très intrigué et j’ai commencé à chercher des informations sur Internet.J’ai découvert le site Copic France et ai commencé à expérimenter quelques jours plus tard.

Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

La réponse est simples, les marqueurs COPIC sont les meilleurs. Une gamme complète, les produits sont fiables, avec des recharges fonctionnelles et des conseils parfaits dans l’assortiment et la qualité. L’ensemble de gris est sans comparaison. 05 Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ? J’utilise à 90% des COPIC Sketch mais aussi les COPIC « classiques », COPIC Wide et COPIC Multiliner (je n’utilise les Mutiliner que dans la phase d’encrage). Les COPIC sont à la base de ma technique de coloration.                                                                                                                                                                                                                               Tout d’abord, il y a:

A) Le  » color concept « , quel genre d’atmosphère donner à l’histoire à travers la couleur. Une histoire de science-fiction a des besoins différents d’une histoire qui se déroule au cours de la Belle Epoque. C’est une phase très importante. Vous devez expérimenter constamment et ne pas avoir peur de faire des erreurs pour trouver la bonne atmosphère. Si vous faites une erreur à ce stade tout le travail après aura du mal à décoller.

B) Le choix d’une palette de couleurs cohérentes à utiliser. Les couleurs ne doivent pas être trop nombreuses, et dans la façon dont je travaille, compatibles avec des couleurs neutres. Étant donné que lorsqu’on lit une BD deux pages se font face et donnent beaucoup d’information, une couleur doit ressortir pour attirer l’attention du lecteur. 06 A quel moment du processus de création d’une bande dessinée utilisez-vous les COPIC ?

L’étape de coloration est la dernière du processus de création d’une bande dessinée et est presque entièrement réalisée aux COPIC, avec des retouches aux crayons de couleur. C’est une étape très délicate car je place les couleurs directement sur l’original !

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

J’utilise le blender dans certaines situations spécifiques comme pour les effets spéciaux: l’eau, les murs et la brique pour le moment. Mais si besoin, je fais des essais. Le blender mélange très bien et surtout surtout il est facile à remplir. Je ne utilise pas l’aérographe COPIC car le processus de protection avec les masques est trop long à mon goût.

Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

J’utilise les papiers Winsor et Newton A3 « grain moyen » 220 grammes. La couleur s’étend bien et je peux intervenir si nécessaire avec d’autres types de couleur. Tous les types de papier que vous utilisez ont un rendu différent. Il est important d’en tenir compte et faire des tests sur différents papiers. 07 Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Warm Gray, Cold Gray neutre et toner sont les bases de ma façon de mettre en couleur. Je n’aime pas les couleurs fortes, flash. Pour cette utilisation, les couleurs dites « neutres » permettent d’abaisser la saturation de certaines couleurs. Parmi mes combinaisons préférées (en plus du gris bien sûr) il y a E 70-71-74, BV 20- 23- 31, E 41- 42- 43- 44 et BG 90, 93, 96.

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

La question clé est d’étudier la « méthode COPIC »: le nom de la couleur, la classification de couleurs avec des initiales, le degré de saturation et de la luminosité, tous les deux en chiffres. Tout le monde essaie de sauter cette partie , mais il est crucial de choisir les bonnes couleurs et ainsi économiser un peu d’argent. Ce sont des notions que l’on trouve à la fois sur papier et sur le web … comme sur le blog Copic France, là où je les ai trouvé.                                                                                                                                                                                                                   Je conseille globalement de travailler avec peu de couleurs; aux débutants mais aussi aux gens avec plus d’expérience. Au début, vous pouvez vous servir que d’une combinaison de trois gris chauds (W1, 3, 5) et 3 froids (C1, 3, 5) et une paire de couleurs à choisir, en fonction de votre sensibilité. J’aime particulièrement le BV 23 et le E 70. L’important,  c’est que ne soit pas des couleurs trop lourdes afin de pouvoir les utiliser en combinaison avec du gris. 08 Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

La différence entre utiliser l’ordinateur et le marqueur, est dans la matière. Ceux qui travaillent avec l’ordinateur n’ont pas la matière. L’informatique et les marqueurs peuvent certainement être utilisés ensemble, et au début de mon approche avec COPIC j’ai pensé à travailler sur photoshop en « post-production ». Mais en quelques semaines, j’ai changé d’avis et éliminé l’ordinateur dans la phase de création de la coloration de la page. J’utilise l’ordinateur uniquement pour numériser les originaux.

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en bande dessinée ?

Il est certainement utile de savoir comment utiliser le numérique et les techniques de coloration traditionnelles. Un professionnel doit être capable de faire un peu de tout. Je ne parle pas au nom des autres, mais mon avenir en ce qui concerne la couleur est surement liée au COPIC. La plupart des BD sont colorisées à l’ordinateur … mais aujourd’hui ce qui est numérique … est sans matière. Une page colorée avec les marqueurs COPIC a un impact visuel très physique, vous pouvez en faire des expositions, vendre les originaux. COPIC est pour moi un mode de vie !

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

La série de science-fiction steampunk « La Mandiguerre«  publié par Delcourt, écrit par Jean David Morvan et avec mes dessins était en même temps difficile et aussi très satisfaisante. J’ai toujours été habitué à travailler seul, et le travail avec une autre personne est toujours un défi. La collaboration est essentielle pour stimuler un projet. Avec cette série publiée également en Italie, j’ai eu l’honneur de recevoir une nomination pour le meilleur dessinateur italien.  mandiguerre Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Préparez-vous bien, à fond, sérieusement ! En autodidacte ou dans une école spécialisée, bien étudier l’anatomie , la perspective, la théorie des ombres et tous les principes fondamentaux de dessin pour la BD. Bien comprendre ce qu’est le « story-telling ». Bien dessiner est important, bien dessiner la bande dessinée est autre chose !

Quels sont vos projets futurs ?

Je suis actuellement à la recherche d’éditeurs de langue française pour ma nouvelle série BD. Dans le cas d ‘édition en France, le projet a déjà une option éditoriale italienne et une néerlandaise. Les images de cette interview sont de cette série d’aventure écrite et dessinée par moi. La série se déroule en France entre 1894 et 1914, c’est l’histoire d’un groupe de personnes très spéciales dans l’apparence et la culture, forcées à sortir dans le monde, ce qui n’est pas une chose aisée lorsque vous êtes similaire à des monstres.

https://www.facebook.com/stefano.tamiazzo.39

http://www.pinterest.com/stefanotamiazzo/nouveau-projet-bd/

Comment colorier des cheveux bruns tressés avec COPIC

 

Par Sika Chan, Blogueuse Invitée.

Bonjour à tous !

Voici un tutoriel pour colorier une tresse de cheveux bruns.

Pour faire la coloration des cheveux bruns, j’ai utilisé le matériel suivant :

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Je réalise mon encrage de base (avant la coloration) en sépia (brun) avec les stylos Copic Multiliner.

Pour les cheveux tressés, je commence toujours par le haut des cheveux pour terminer par la tresse. Le début de celle-ci étant sous les mèches, elle doit être plus foncée que le reste.

Donc pour le haut, je choisie la zone où est ma mèche principale pour commencer. C’est la partie la plus importante des cheveux, car c’est là où frappe la lumière, donc l’endroit le plus claire.

 Brun ABrun BBrun CBrun E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma première étape consiste à mettre ma couleur de base, la plus claire. J’ajoute successivement les couleurs plus foncées en partant du haut du crane et du bout des pointes, (sauf pour les mèches juste au dessus de la tresse que je laisse volontairement plus claire, pour avoir un meilleur contraste par la suite).

Ici, j’utilise le COPIC E35 comme base, puis le E37 pour les ombres claires. Je rajoute un peu de E35 pour estomper la différence entre les deux feutres. Ensuite, le E59 pour les zones foncées, et le E57 pour tracer ou accentuer certaines mèches .

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Je continue exactement de la même façon pour la mèche suivante.

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Quand la moitié de la partie supérieur des cheveux est coloriée, j’encre au stylo COPIC Multiliner noir 0,1 et 0,05, et j’ajoute quelques traits noir dans les mèches. Puis avec le COPIC Multiliner sepia 0.05 et 0.1, je trace des traits brun pour donner de la texture. Je fais bien attention de suivre la forme de la mèche.

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Je procède de la même façon pour l’autre côté de la tête.

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Pour la tresse, il faut partir du haut vers le bas. La première partie, celle sous la frange, doit être plus foncée que le reste. J’utilise donc le COPIC E49 (très foncé) pour bien marquer cette zone, et les mêmes COPIC qu’avant pour le reste.

Il faut bien faire attention de respecter la forme des boucles au moment de la colo, pour donner une dynamique. La mèche de cheveux part de l’arrière-centre de la boucle de dessus pour aller vers le centre de la boucle du dessous

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Pour les finitions, j’utilise le stylo COPIC Multiliner noir 0.1 pour rajouter quelques mèches qui sortent de la tresse pour donner un peu plus de naturel. Je peux aussi en ajouter sur le haut de la tête pour donner une impression de légèreté. Enfin, avec un marqueur blanc Graph’it shake, j’ajoute quelques touches de lumière.

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Merci de votre lecture et bonne colorisation !

Sika Chan http://www.facebook.com/Sika.Chan.ART

Interview de Emmanuel Nhieu, auteur et illustrateur BD

 

Quel est votre parcours ?

Il n’a rien à voir avec la bande dessinée. J’ai eu un bac STG, suite à quoi j’ai attaqué une licence de droit que je n’ai pas mené à terme. Après quelques boulots alimentaires j’ai signé mon premier album ( Nocturnes Rouges ) aux éditions Soleil. C’était en 2000.

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Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

J’ai toujours dessiné. Sauf qu’au moment où la plupart des gens arrêtent de le faire, moi j’ai continué. Par contre ce n’est pas l’illustration qui me tentait, mais la bande dessinée. Mon but était avant tout de raconter des histoires.

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Sur le tas. En lisant des bandes dessinées, que ce soit du franco/belge, du manga ou du comics. On recopie et on finit par se forger son propre style. C’est valable pour le dessin pur, mais aussi pour les cadrages, la narration etc… Je m’inspire également beaucoup du cinéma et des jeux vidéos.

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Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

En ce qui concerne les dessinateurs il y a entre autres Akira Toriyama, Joe Madureira, Scott Campbell, Mignola, Loisel, Lauffray, Adam Hugues, John Byrne,… Pour ce qui est du cinéma Sam raimi, David Fincher, Quentin Tarantino, Steven Spielberg,…

A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Je fais de la BD grand public en rapport avec ce que j’aime lire ou voir. Pour les univers que j’ai eu l’occasion d’aborder, cela va de l’heroic fantasy, au western steam punk, en passant par le space opéra et la science fiction plus classique. Ceci dit j’aimerais assez me lancer dans un projet intimiste. Mais j’attends de murir ça encore quelques temps.

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Je travaille à la maison et aux terrasses de café lorsque le temps me le permet (vivant dans le sud, je suis assez chanceux de ce point de vue là). A l’extérieur je fais essentiellement du story-board et des crayonnés. Pour les travaux qui demandent plus de précision (encrage) ou bien l’utilisation de matériel informatique je suis dans mon atelier.

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Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Tout d’abord je réalise un découpage de mes pages sous forme de story board que je finalise une fois qu’il est validé, ensuite je mets mon crayonné au propre, j’encre et je termine en montant mes cases et en ajoutant les textes. Je n’ai pas d’horaires de travail précis, mais la plupart du temps je travaille matin, après-midi et soir, y compris le week-end.

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Pour le crayonné j’utilise des mines bleues 0.7 Pentel, ainsi qu’une table lumineuse. Pour l’encrage, cela varie selon les périodes. Parfois j’utilise le feutre (0.05, 0.1 et 0.5 Micron), parfois le feutre pinceau (Faber Castel), voir même les 2 en complément. Tout dépend du feeling avec l’instrument et avec le dessin à encrer. Pour la colorisation des planches je travaille sur une cintiq 13hd de Wacom.

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Comment connaissez vous les COPIC ?

J’ai découvert COPIC par le biais d’auteurs qui utilisaient les marqueurs en séances de dédicaces.

Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Naturellement de par la qualité du matériel, du fait de pouvoir nuancer facilement les couleurs et par leur palette très large et aussi dans un soucis écologique puisque ce sont des marqueurs rechargeables.

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

J’utilise des COPIC Sketch. Je ne me sers quasiment que de la mine pinceau car elle permet un mouvement fluide. Pour ce qui est de la technique je pars d’une base claire sur laquelle j’ajoute les ombres, ainsi que des effets. Ensuite j’encre par dessus.

Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

Du papier spécial pour marqueurs, sans marque en particulier… en fait c’est selon ce que je trouve en papeterie.

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Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

J’aime les nuances de gris, les nuances chairs, ainsi que les pastels.

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je ne suis pas coloriste à la base, donc j’aurais du mal à développer le côté technique, mais je lui conseillerais, par rapport au prix des marqueurs qui peut paraître prohibitif, d’avoir en tête que contrairement aux autres marqueurs, ceux-ci sont rechargeables ce qui, au final ramène le marqueur à un prix très raisonnable et, qui plus est, cela fera du bien à notre planète.

Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

En fait j’ai une utilisation bien spécifique de l’informatique et du traditionnel. Pour ce qui est de la mise en couleur de planches de bande dessinée, je travaille sur ordinateur. Alors que pour les travaux d’illustration je me tourne vers les marqueurs. Et si l’on doit comparer d’un point de vue pratique, il est indéniable que l’outil informatique est bien plus permissif : on peut se tromper. C’est moins le cas en traditionnel. Mais, question sensation, et même si les nouvelles tablettes se rapprochent des outils et matériaux traditionnels le contact du papier reste inégalable. Mais c’est peut-être une question de génération et qui sait, dans 10 ans les jeunes artistes seront 100% numériques… ce serait dommage mais bon…

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Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Le plus difficile… le prochain qui constituera un gros challenge puisque ce sera un manga en 3 tomes de 180 pages chacun. Et le plus satisfaisant, j’ose espérer que ce sera le même.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Être pluridisciplinaire, car cela devient de plus en plus difficile de ne « vivre » que de la BD. Sinon d’être persévérant (de toutes façon si on le l’est pas, on ne va pas bien loin) et de garder sa passion intacte.

Quels sont vos projets futurs ?

Comme je le disais précédemment j’attaque un manga intitulé « Tatau » en début d’année prochaine, dont le 1er tome sortira en mars 2016 chez Ankama. Avant cela, sortira aux éditions Soleil un one-shot de science fiction dont je n’ai pas trop le droit de parler… et courant 2015 je lancerai un financement participatif pour éditer le second volume de mon sketchbook « Sketch n Coffee ».

 

Pour contacter Emmanuel Nhieu, rendez-vous sur:

https://www.facebook.com/pages/Emmanuel-Nhieu

http://lagrottedelours.over-blog.com/

Comment améliorer le rendu d’un dessin fait au COPIC après scan

Par Nadou, Blogueuse invitée.

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Nadou. Nous remercions Nadou d’avoir autorisé la publication de cet article sur ce blog.

 

Bonjour à tous !

Après avoir réalisé le dessin et la colorisation d’Harmonie (lien interne), on constate facilement, pour les gens comme moi qui aiment les couleurs vives et brillantes, que le résultat ici est un peu fade (et éloigné de l’original), et mériterait un bon coup de bistouri sur Photoshop.

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Première manipulation, l’outil « Niveaux », qui permet d’éclaircir le dessin, contraster les couleurs, l’assombrir, etc, comme vous voulez. Réglez à votre guise.

 

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Seconde étape , que j’aime particulièrement, mais vous auriez très bien pu vous arrêter à la phase 8.

Ce n’est pas nécessaire, juste une préférence pour moi.

Il s’agit de rendre les couleurs plus vivantes, brillantes, lumineuses, et donner un aspect général plus doux.

Dupliquez votre calque :

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Restez sur ce calque copié, et utilisez l’outil « Flou gaussien » :

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Tentez de donner ce rendu à votre nouveau calque.

Un effet très flou, mais suffisamment net pour que l’on puisse distinguer les traits.

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Passez ce nouveau calque flou en mode « Incrustation », comme ci-dessous, et voici votre dessin à droite, comme transformé !

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Si vous trouvez les couleurs trop brutales et que vous voulez estomper l’effet, n’hésitez pas à régler l’opacité du calque copié.

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Un autre outil qu’il m’arrive d’utiliser pour retoucher un peu les contrastes du dessin, l’outil « Densité + » qui permet juste d’assombrir manuellement certaines zones…

Utilisez le sur votre calque d’origine, et pas le calque copié, surtout.

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Une autre « technique », que j’ai utilisée sur ce dessin uniquement, qui a pour but de donner l’impression que le personnage est baigné dans la lumière.

Créez un nouveau calque par dessus tous les autres. Choisissez la couleur de votre lumière, et contournez votre dessin avec, de cette manière :

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Passez ce calque aussi en mode « incrustation ».

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Et la dernière étape lorsque je fignole un dessin, j’utilise l’outil « Filtre photo », (au même endroit que les niveaux) pour « unir » les couleurs, donner plus de chaleur au dessin, ou au contraire une ambiance « froide » selon la couleur choisie.

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Et voilà le résultat de dessin terminé !

photo finale

 

Merci de votre lecture et à très bientôt sur le blog COPIC !

Nadou

https://www.facebook.com/nadou.artwork

http://nadou-nikki.blogspot.fr

 

 

Une interview de Marco Santucci, artiste et illustrateur de COMICS pour Marvel

 

Quel est votre parcours ? Parlez-nous un peu de vous.
Je suis né à Arezzo en 1974 et je vis en Toscane, Italie.

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur de Comics ? Comment y êtes vous parvenu?

Evidemment, tout commence avec une habilité naturelle. Dés l’enfance, je me suis mis à remplir des carnets de dessins non seulement avec des croquis de personnages ou des situations mais aussi avec des histoires. En grandissant, je me suis rendu compte que je n’aimais pas seulement dessiner mais aussi raconter des histoires en image. Et le Comics était le medium qui me convenait le mieux dans cette optique.

Black Cat 01

 

Comment avez-vous appris à dessiner ?

J’ai été vraiment chanceux parce que j’ai réalisé très tôt que je voulais être dessinateur de Comics. Ensuite, j’ai rencontré Fabio Civitelli qui est l’un des principaux artistes italiens et qui travaille sur Tex, la série italienne la plus connue. En suivant ses précieux conseils, j’ai appris au fil des années les différentes techniques liées à l’anatomie, la perspective, le clair-obscur, tous les outils de base d’un artiste. Fabio m’a donné de sages conseil, quels auteurs je devais suivre et (très important), il m’a toujours expliqué pourquoi. Finalement, mon style est la somme de tous les artistes que j’ai observé et étudié.

Chez qui puisez-vous votre inspiration? Quels sont les artistes que vous admirez ?

Il y a de nombreux artistes que je pourrais mentionner : évidemment, après Fabio Civitelli, je pourrais vous dire Claudio Castellini, Claudio Villa, Alan Davis, Bryan Hitch, Alex Ross, Jose Luis Garcia Lopez, Adam Hughes et de nombreux autres. La liste est très longue. Chaque artiste peut vous donner un “morceau” de son art pour construire votre propre style.

Captain America_01

 

Comment organisez-vous votre studio, votre espace de travail ?

Et bien je travaille toujours entre la table à dessin et le PC. Le reste de mon studio est dédié à la bibliothèque, où je conserve tous les livres sur les artistes que j’aime et toutes les photos auxquelles je me réfère dans mon travail. J’aime le style réaliste, ce qui ne veut pas dire forcément photo-réaliste. En fait je préfère même conserver une part de caricature.

Quelle est votre journée de travail type?

Je commence à 9h00 du matin. En général, je fais le plan des pages en première partie de journée.

Le matin, je suis moins fatigué, mon esprit est plus frais donc je peux mieux réfléchir à la composition, au découpage, au scénario et à tous les éléments qui constituent une bonne histoire.

Une fois cette partie finie, généralement l’après-midi, je commence à travailler le crayonné, c’est la partie que je fais habituellement dans le travail d’un Comic (en fait, je suis principalement un dessinateur). Quand je termine les dessins au crayon, je les envoie à Patrick Piazzalunga qui s’occupe de l’encrage.

Hulk vs Spiderman final low
Quel matériel d’art graphique utilisez-vous pour dessiner, encrer et colorer à la main?

Je travail généralement sur du papier qui ne fait pas moins de 200g/m2 d’épaisseur. Pour l’encrage, j’utilise habituellement les pinceaux et encres de la marque Windsor & Newton ainsi qu’une série de marqueurs pour les détails. En général, je n’utilise pas de couleurs mais juste des tons gris pour faire les illustrations de couvertures. Pour ce type de travail, j’utilise les marqueurs à alcool COPIC. Dans les rares occasions où j’ai colorisé des dessins, je préfère utiliser des peintures acryliques.

Emma Frost 02

 

Comment utilisez-vous les feutres à alcool COPIC? Pourquoi avoir choisi COPIC?

J’utilise les merveilleux marqueurs COPIC quand je travaille sur des illustrations et des couvertures. J’aime vraiment les utiliser parce qu’ils sont d’incroyables outils, entre un marqueur et un pinceau. Les marqueurs Copic vous laisse créer de fantastiques aplats mais aussi des ombres. Dès que j’ai appris à les utiliser, ils sont devenus de superbes outils pour améliorer le rendu de mes images. J’aimerais les utiliser dans le travail de Comics au quotidien mais malheureusement cela prendrait trop de temps et les dates de finitions des projets ne me permettent pas de le faire.

Quelles sont les couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pour quoi ?

Généralement, j’utilise les marqueurs Copic Sketch plutôt que les Copic Ciao. Parfois, pour les surfaces larges, j’utilise les Copic Wide. Globalement, je préfère toute la gamme “Cool Grey”. Le gris froid est celui qui me donne le plus de satisfaction pour le résultat final mais c’est une question de goût bien sûr.

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Quels sont les avantages et inconvénient à travailler avec des marqueurs à alcool ?

Jusqu’à présent, je ne vois aucun inconvénient. Peut-être le seul est que vous devez être prudent si vous les utilisez après quelque chose qui ne se mélange pas avec l’alcool. Certains types d’encres, par exemple, ne peuvent pas être mélangées avec de l’alcool ce qui peut être un problème. Une solution : si vous faites les contours avec de l’encre, vous pouvez les faire après les marqueurs !

Que préférez vous, le dessin au marqueur ou le dessin sur ordinateur ?

Cela dépend du point de vue. Pour la rapidité, peut-être que l’ordinateur est meilleur. Pour la « fraîcheur » et un résultat plus artistique… et bien je préfère les marqueurs. Le travail sur ordinateur est génial mais peut-être un peu froid.

Rorschach

 

Quel a été votre projet le plus difficile?

Travailler sur la série Tex en Italie. Le genre western est l’un des plus difficile que j’ai jamais fait.
Quel a été votre projet le plus gratifiant, celui dont vous êtes le plus fier ?

Le travail que j’ai fait pour les comics Marvel. Ça a été une période de grande créativité et de liberté dans ma carrière.

Powergirl Final

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui veut se lancer dans cette voie ?

Beaucoup étudier, travailler dur sur des illustrations, ne jamais se satisfaire de son travail, ne jamais abandonner.

Pouvez-vous nous parler de vos projets futurs?

Pour le moment je travaille avec mon encreur Patrick Piazzalunga sur une histoire longue Dampyr, ici en Italie. Je pense que c’est l’histoire la plus excitante et spectaculaire que je n’ai jamais réalisée pour l’éditeur Sergio Bonelli. Il y a beaucoup d’action, de magnifiques paysages, des personnages géniaux. Et ils me laissent beaucoup de liberté sur la création des angles de camera et de solutions graphiques. Je pense qu’il en résulte un bon travail.

 

Pour contacter Marco Santucci, rendez-vous sur :

www.marcosantucciart.com