Carterie Créative avec les feutres COPIC : Un doux Noël

Par Delphine, Blogueuse Invitée.

Bonjour à tous ! Je partage aujourd’hui un tutoriel avec une scène de Noël pleine de douceur, que j’ai réalisée pour Copic Marker Europe. J’ai choisi un tampon Penny Black – Nose to Nose.

J’ai tamponné mon image sur mon papier blanc et sur un Post It. J’ai masqué mes ours pour les protéger et ai ajouté des collines. Je n’ai pas découpé la partie entre les ours car je pensais dessiner un fond, une fois que j’aurais mis de la couleur à l’aérographe.

Voilà le résultat avec les masques – j’ai utilisé mon B02, BG15, BV34 et une pointe de V01 pour ce ciel.

Après avoir enlevé les masques… changement de plan ! Je me suis rendu compte que j’aimais bien le ciel comme ça et j’ai décidé de ne pas dessiner par-dessus. Donc masquage à nouveau, pour faire l’espace entre mes ours cette fois-ci !

J’ai juste mis du B02 et BG15 pour ne pas obtenir une couleur trop foncée à cet endroit.

Au tour de mes ours ensuite… Pour la fourrure, j’ai utilisé mes W0, 1, 3, 5, le rouge a été fait en C5, R35, 37, 39 et le rose en RV63, 66, 69.

Etape suivante : la neige ! C2, BG000 et B00 au sol (oui, le blanc se met en couleur aussi !). J’ai ajouté de la colle à paillettes sur le sol et fait des flocons au marqueur acrylique Molotow.

Ours : W0, 1, 3, 5, R20
Rouge : C5, R35, 37, 39
Rose : RV63, 66, 69
Ciel : B02, BG15, BV34, V01
Neige : B00, BG000, C2

Et enfin… un petit cadre pour cette scène, réalisé avec deux découpes rectangulaires…

Merci de votre visite et belle journée à tous ! 
Delphine
https://stampandcolour.com/

Mise en couleur au COPIC… en noir et blanc

Par Delphine, Blogueuse Invitée.

Bonjour à tous! Je partage aujourd’hui la mise en couleur d’une image… en noir et blanc 😉 Pas besoin d’avoir beaucoup de COPIC pour mettre en couleur une image, on peut très bien faire du noir et blanc, avec un nombre limité de marqueurs ! J’en ai utilisé 7 et j’ai choisi la famille des C parce que j’aime beaucoup les tons de gris froid, mais on peut bien sûr utiliser les T, N ou W pour le noir et blanc.

Pour cet article, j’ai utilisé une image manga Make it Crafty, Debbie’s Surprise. J’ai imprimé l’image en 15cm de haut pour qu’elle aille dans un de mes cadres.

Pour le noir et blanc, je commence toujours par la peau et les tons les plus clairs qu’on peut facilement rectifier et foncer au besoin. J’ai utilisé du C00, 0, 2, 4 pour le visage. J’ai d’abord délimité les zones les plus sombres avec mon C0, puis j’ai colorié du foncé au clair, de C4 à C00.

J’ai fait le reste de la peau en C0, 2, 4. Si vous regardez de près, j’ai laissé un tout petit peu de parties en blanc sur le bord des bras pour rendre l’effet de lumière. J’ai aussi ajouté un peu de C2 sur les yeux pour l’iris et l’ombre sous les cils.

J’ai ensuite fait les vêtements – un haut foncé pour un maximum de contraste. J’ai fait le foulard assez clair, mais un peu plus foncé que la peau. L’idée est d’utiliser toute la palette de gris et d’éviter des tons semblables sur deux éléments côte-à-côte. Pour le haut : C6, 8, 10 et pour le foulard : C2, 4, 6 (là où ma couleur de peau la plus foncée était du C4 pour quelques petites ombres).

Les cheveux… toujours en dernier pour moi ! Je savais dès le début que je les ferai en noir – pour un maximum de contraste avec la peau. J’ai utilisé mes C6, 8, 10, comme pour le vêtement.

Et le résultat dans mon cadre, pour mon atelier ! Merci de votre visite et bon dimanche à tous !

Delphine
https://delphinesplace.blogspot.com/

 

Interview de Benjamin Favrat, illustrateur et photographe

 

Quel est votre parcours ? 

Je suis né en 1985 dans un petit village de Haute-Savoie. Concernant mes études, j’ai passé un BAC Scientifique, puis j’ai fait des études d’anglais. J’ai ensuite travaillé 4 ans en Office de Tourisme et je suis illustrateur / photographe indépendant depuis 2012.

Je vis toujours à la montagne, mais suis souvent en déplacement à Paris ou ailleurs.

Atelier - Pack voyage

 

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

Je dessine depuis que je suis petit. Ça a toujours été une passion, mais je n’envisageais pas pouvoir en faire un métier un jour. J’ai donc fait des études tout en continuant à dessiner pendant mon temps libre. Je m’y suis remis sérieusement quand j’ai terminé la FAC. J’ai donc travaillé au pôle communication d’un office de tourisme où j’ai pu dessiner des affiches par exemple, et progresser en graphisme et en illustration digitale et j’ai créé mon entreprise en photo / illustration il y a 4 ans, après avoir fait quelques modestes expositions et pour répondre à la demande après avoir partagé un peu mon travail, d’abord pour des copains qui avaient besoin de logos, puis, le bouche à oreille aidant, pour d’autres clients très divers.

Et je dois dire que j’adore le tatouage depuis que j’ai acheté mon premier magazine quand j’avais 15 ans. J’ai suivi l’évolution du milieu, et beaucoup de tatoueurs sont avant tout de vrais artistes, avec un trait impressionnant et un univers graphique incroyable. Je suis toujours très inspiré et très motivé par ce milieu, et j’ai beaucoup dessiné dans l’idée de préparer un book pour chercher un apprentissage auprès d’un tatoueur. C’est toujours en projet, affaire à suivre.

illu dandy

 

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

J’ai appris tout seul, en faisant, j’ai lu beaucoup, regardé une quantité astronomique de dessins animés, regardé des tutos sur internet, mais je n’ai pas suivi de cours, ni fait de formation particulière. Je me suis mis au digital assez tardivement, en illustrant petit à petit les visuels de communication qu’on me demandait de faire au travail.

Je dessine tous les jours et je vois mon trait changer, j’ai encore plein de choses à apprendre, c’est sans fin et c’est surement ce qui me plait le plus.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

Je suis complètement fan des productions des studios Hanna Barbera et l’élégance sans âge des anciens Disney comme les Aristochats ou les 101 Dalmatiens (Roger Radcliff est mon héro).

Je suis très inspiré par le style des dandies à moustache, le jazz des Big Bands, les vieux films et la danse !

Mes idoles, pour ne citer qu’eux :

Illustrateurs anciens : Mary Blair, Al Dempster, Ralph Hulett, Walt Peregoy, Mirosval Sasek, Aurelius Battaglia, Alphonse Mucha …

Illustrateurs contemporains : Sibylline, Loish, Jotaka, Margaux Kindhauser, Fernando Vicente, Pernille Orum, William NGhiem, Alegiorgini, Jessica Leigh, Jaw Cooper, Erik Jones, James Jean, Laura Brouwers, Brittney Lee, Agreda, Steve Simpson, Annette Marnat …

Tatoueurs : Alex Lauz, Vladimir Arhipkin, David Cote, Ninteendo, Sacha Unisex, Toni Donaire, Stockton Lee, Brian Povak …

Insta Bowie

 

A quel style s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Difficile à dire. Je travaille beaucoup sur commande et je dois adapter le style à la demande. J’affectionne en tout cas l’illustration retro, éditoriale ou jeunesse, et le style neo-traditionnel dans le tatouage.

C’est très divers, souvent assez coloré, surtout en digital et avec de longues barbes, qui sont devenues un peu par hasard ma signature. Ma thématique préférée reste celle de l’univers maritime, ça me permet de dessiner des éléments nautiques en bois, du cordage, et plein de marins et de pirates !

Insta Londres

 

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

J’ai un atelier à la montagne, avec au rez de chaussée un poste de travail « crayon », mon ordinateur, une tablette graphique, tout mon matériel de dessin, ainsi qu’une partie de mes appareils photos, et quelques livres, une imprimante et une partie de mes sketchbooks. A l’étage j’ai un petit studio photo et une salle noire pour le développement argentique et la sérigraphie.

Etant souvent en déplacement, j’embarque mon ordinateur portable, ma tablette cintiq, un Moleskine watercolour et depuis peu un Crescent RendR, un trousse de crayons et une sélection de Copic.

 

Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Mon emploi du temps change tous les jours. Étant également photographe, je peux passer une journée à shooter en extérieur, ou alors rester à dessiner à l’atelier sans me rendre compte de l’heure, ou encore sketcher dans le train quand je suis en déplacement.

Je m’adapte et je travaille souvent très tard le soir.

Atelier 1

 

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Pour le travail que je vais encrer, j’utilise très souvent un crayon à deux mines : rouge pour le sketch et bleu pour les contours « propres » et les ombrages. J’utilise ensuite une table lumineuse et j’encre sur une nouvelle feuille blanche avec des marqueurs noirs de différentes tailles, au Micron (Sakura), ou au Pigment liner (Staedler), ou encore au brush de Pentel (que j’adore mais que je ne maitrise pas encore très bien). J’ai également des multiliners de Copic depuis quelques jours et je dois dire qu’ils sont impressionnants, d’un noir profond, et ils ne bavent pas au contact des marqueurs, c’est plutôt appréciable. Le travail de contours noirs me permet de scanner et vectoriser mes tracés pour un logo par exemple, ou pour une colorisation digitale. Il est rare que j’encre sur photoshop.

Si je dessine pour moi, j’utilise le plus souvent des crayons de couleur aquarellables, dans les tons bruns ou roses pour le traçage, j’ajoute souvent des contours noirs et j’ajoute la couleur directement au marqueur.

Insta barbafleur

 

Comment connaissez vous les COPIC ? Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Quand j’ai travaillé sur le livre d’illustration « De l’Art d’être un Monsieur », j’ai utilisé principalement l’encre et l’aquarelle. Et puis le résultat était parfois hasardeux, les scans étaient un enfer à retoucher sur photoshop, et je voulais quelque chose de plus uni, pour avoir de beaux aplats de couleurs propres et lisses. Après m’être renseigné, et avoir vu que certains tatoueurs les utilisaient, je me suis dirigé vers les marqueurs à alcool.

J’ai d’abord acheté des DB Twins de Dalbe, que j’aime bien, et qui ont une gamme de couleurs assez sympa. Puis j’ai essayé des Promarkers, très bien aussi. Et c’est à Paris il y a environ 2 ans que je suis tombé sur des Copic Ciao. J’ai acheté 3 skin tones pour essayer et j’ai adoré les pointes pinceaux et la grande gamme de couleurs. En plus, ils sont rechargeables. C’était exactement ce que je cherchais.

 

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

Je n’utilise quasiment que des Ciao pour les couleurs, et des Sketchs pour les tons gris. Je ne me sers que des pointes pinceaux, les fameuses pointes nibs qui rendent les dégradés si faciles.

J’ai commencé avec un peu toutes les couleurs, dans l’euphorie, sans trop réfléchir, mais je me recadre depuis peu de temps, et j’essaie de réduire. J’adore travailler en teintes de gris : froids / chauds / toner / neutres, et en teintes de bruns (skin tones). Je pense que mon dessin va avancer rapidement dans ce style là. Et j’utilise en complément des crayons aquarellables, et surtout des pastels secs pour ajouter de la couleur à des dessins peu saturés, un peu comme du maquillage.

Atelier 2

 

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ? Les recharges VARIOUS INK ?

Je n’utilise que très rarement le blender, et pas encore l’aérographe, mais je suis assez curieux d’essayer.

J’ai quelques recharges Various Ink des couleurs que j’utilise le plus. C’est un investissement mais pour quelqu’un qui dessine beaucoup, c’est tout à fait rentable. Ca me faisait mal au cœur de jeter tous ces markers à chaque fois, simplement parce qu’ils étaient secs. Je trouve génial le fait de pouvoir les garder et les utiliser presque à l’infini juste en les rechargeant en encre.

 

Sur quel support utilisez vous les COPIC ?

Principalement sur du layout Créa pour les dégradés lisses, et sur du Marker Pad Copic pour des contrastes plus francs. De temps en temps sur papier aquarelle (Arches), si j’ai besoin que l’encre fuse. Je viens de recevoir un sketchbook A5 RendR de Crescent et je suis assez bluffé, le grain du papier est assez beau, l’encre fuse juste ce qu’il faut, et le marker ne traverse absolument pas le papier ! Il faut juste connaître son matériel par cœur, parce que quand on applique l’encre des markers, le papier semble devenir transparent, comme si on avait utilisé de l’alcool pur, la couleur définitive n’apparaît qu’en séchant.

J’ai aussi utilisé un sketch noir pour les aplats pour faire une série de planches de skate custom, sur du bois donc.

illu chiens

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Nuances de gris (chaleurs différentes) + skin tones ou 1 ou 2 couleurs. J’adore ce mélange. Le travail en noir(s) et blanc(s) m’oblige à travailler un peu plus finement, et j’ajoute de la couleur au crayon par la suite.

Les gris et les bruns fonctionnent bien ensemble, le mélange est relativement naturel voire organique, les contrastes sont très doux, et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la photo argentique, que je pratique de plus en plus.

J’aime beaucoup travailler avec des couleurs foncées et éclaircir ou simplement jouer sur la lumière au pastel sec par la suite.

illu madame fourrure

 

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je conseillerais sans hésiter des Copic Ciao ou Sketch. Quelques Ciao c’est très bien, moins cher, et ça permet de s’habituer aux pointes pinceaux.

Côté couleurs, je pense à une palette de gris. Même un sur deux, par exemple N1, N3, N5, N7 et N9. Et puis deux skins tones, par exemple E21 et E33. Ca me paraît déjà bien pour commencer. Après on peut ajouter quelques couleurs, pas forcément des primaires, mais une ou deux couleurs au choix qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, un R37 et un BG 34 par exemple. Et pourquoi pas un Blender pour travailler les dégradés.

Je lui conseillerais aussi d’essayer plusieurs types de papier pour trouver celui qui lui convient le mieux, c’est très important.

 

Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ? 

Les deux se marient très bien. Je trouve le marqueur plus facile à scanner que l’aquarelle par exemple, et très facile à travailler sur photoshop.

Les multiliners sont très noirs et sont faciles à vectoriser.

Comme je ne me suis mis au digital qu’assez récemment, j’ai du mal à travailler directement sur tablette graphique, il me faut toujours au moins un sketch de base, au crayon, voire au marqueur.

Avec toutes les possibilités de création de brushs sur photoshop, les dessins aux marqueurs sont faciles à retravailler, à intégrer, à compléter…

J’aime les deux, et je me servirais plutôt des marqueurs pour du travail perso, et du digital pour des commandes clients, qui peuvent nécessiter des retouches conséquentes.

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© Benjamin Favrat et Apolline Couverchel

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création ?

Peu importe le milieu artistique dans lequel on évolue, il me semble important de développer sa sensibilité et son trait avec les outils manuels « classiques » tout en étant conscient des possibilités qu’offre le digital.

Certains artistes sont hyper polyvalents (Tom Haugomat, Xoil…), ils utilisent différents outils, dont le digital, et savent créer un équilibre parfait.

On est en plein dans l’aire du numérique, et par conséquent des arts numériques (interaction, jeux vidéos, applications, web design, photo numérique, vidéos full HD 4K et plus…) et on assiste parfois à la course à la résolution. Pour faire le parallèle avec la photo, ça me rend triste quand on parle de qualité d’image uniquement en se référant au nombre de pixels.

Les arts et les technologies évoluent ensemble et je pense que tout est possible question avenir des outils de création, avec plus ou moins de succès, pendant une période plus ou moins longue selon les modes.

En tout cas, après avoir vu une machine à tatouer programmée et automatisée sur ordinateur, je me dis qu’on peut s’attendre à quelques surprises, bonnes ou mauvaises.

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© Benjamin Favrat et Apolline Couverchel

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

C’est une sorte de challenge quotidien, mais je dois dire que le dernier gros projet sur lequel j’ai travaillé a été à la fois le plus difficile, et le plus satisfaisant : Flow 612. On nous a demandé à Apolline Couverchel, scénographe, et moi, de réaliser en collaboration le décor d’une installation à danser pour le jeune public, sur le thème de la jungle. On était une équipe de 6, avec responsable de l’interaction, un musicien, et un responsable technique, dirigés par le chorégraphe Daniel Larrieu. Apolline et moi dessinons beaucoup à la main, et on voulait un rendu « artisanal ». Apolline s’est chargé des textures, et détails de plantes et fleurs, au micron et Staedler, et j’ai utilisé un set de 12 Copic Sketchs gris froids pour faire les fonds. Le tout sur du layout A4 dans le but d’être scanné et imprimé sur toile.

Les aplats d’encre faisaient ressortir la texture du papier, et donnait du grain, presque du grain photo à l’image. Comme on voulait que les plantes soient lumineuses, comme s’extirpant de la densité de la végétation, on avait besoin d’un fond noir. Pour transformer le papier blanc en fond noir, on a travaillé en négatif. On a donc noirci tout ce qui devait être lumineux. Puis scan de l’ensemble des végétaux, « repositivé » et passé en noir et blanc sur photoshop, et on a construit notre décor comme ça. On a ensuite intégré les dessins des enfants et filtré l’ensemble pour interagir avec la lumière.

J’avais un peu peur de la qualité après impression, parce qu’on a tout dessiné sur du A4, et la toile fait tout de même 3m de haut sur 17m de long (soit un agrandissement de plus de 10 fois par rapport au format initial), mais le rendu est génial, on a un aspect quasi photo-réaliste et très immersif. Les enfants semblent apprécier, tout le monde est content. Ça a été une expérience humaine très riche, vis à vis de l’équipe, et aussi par rapport aux enfants de l’école qui nous a invités. C’était également un travail en binôme qui m’a appris beaucoup, et un échange très intéressant avec la lumière, la musique, et le mouvement évoqué par la danse. L’installation est artisanale, mais tout le mécanisme est digital, le décor a été fait à la main mais numérisé pour être filtré et imprimé… un bon exemple de pluridisciplinarité dont je parlais plus haut. C’était une très belle expérience.

Flow612_instal1

Flow612_instal3

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier? 

Je ne suis pas très bien placé pour donner des conseils, mais je lui dirais d’être curieux, créatif, et de travailler, travailler travailler, et surtout de s’accrocher. Le travail en freelance n’est pas facile, il faut être bien organisé, autonome, polyvalent, réactif et rigoureux… comme dans tout métier en fait… (rires). C’est en tout cas une belle aventure.

illu cavalier cadreQuels sont vos projets futurs ? 

Alors en vrac :

– J’adorerais retravailler en équipe. Après deux ans à travailler seul, et après l’expérience de Flow612 ces mois derniers, je me suis rendu compte que la dimension humaine et l’échange entre créatifs me manquaient.

– Même si j’adore le calme de la montagne, il est fort probable que je m’installe à Paris avant la fin de l’année.

– Je travaille en ce moment sur l’illustration d’une histoire de sorcière écrite pas une amie conteuse.

– Je voudrais bosser sérieusement mon book tattoo en vue d’une recherche d’apprentissage.

– J’aimerais trouver le temps de travailler le motion design et l’animation.

– J’aimerais aussi faire un artbook sur le thème des marins, et terminer « Cœur de Brigand », que j’ai commencé l’année dernière, ainsi que « l’aventure arctique ».

Sans parler des projets photo, mais ça c’est une autre histoire.

insta Sketchbook RENDR

 

Pour me retrouver sur internet :

Web : www.benjaminfavrat.com

Instagram : @ademainbenjamin

Facebook : Ademainbenjamin

A bientôt !

Merci !

Interview de Stefano Tamiazzo, auteur, dessinateur BD et directeur artistique de l’Ecole Nationale de la Bande Dessinée de Padoue

Quel est votre parcours ?

Je suis né en 1968 dans une famille de tradition militaire dans l’aviation. Mon père et mon frère lisaient des bandes dessinées comme un hobby. Lorsque nous étions enfants la tradition du dimanche matin était la lecture des bandes dessinées dans le lit. A l’époque, c’était un luxe pour moi. C’est ainsi qu’a commencé mon amour pour cette façon unique de raconter des histoires

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

À l’âge de 14 ans, j’ai acheté une bande dessinée intitulée «L’homme du Zoulouland » « écrite et illustrée par Gino D’Antonio. Elle appartenait à une série intitulée « Un homme une aventure. » Coup de foudre pour ce volume de grand format en couleur ! Mais la bande dessinée italienne n’était pas tendance … Peu de temps après, j’ai découvert ce qu’était le modèle de bande dessinée franco-belge. Après la lecture de ce volume, ce que je voulais faire de ma vie m’est apparu clairement, je voulais dessiner des BD. 01 Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Ma formation est totalement autodidacte. Adolescent, je voulais être dessinateur réaliste, mais je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas ma nature. Je tendais vers la ligne claire, avec un dessin grotesque, et j’ai décidé d’aller dans ce sens. Les résultats furent remarquables, parce ce que je m’amusais, tout simplement.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes principales sources d’inspiration sont les livres d’histoire, les vieilles photos et les films. Ce sont trois passions qui m’accompagnent depuis toujours. 02 Les artistes que vous admirez ?

Tardi, Giardino et Miyazaki sont les auteurs qui m’ont le plus influencé de façon tangible en ce qui concerne le dessin. Ce sont les auteurs que j’ai le plus copié, essayant de capturer cette magie que je pouvais voir dans leurs planches. Parmi ceux que j’admire sans condition, en plus des trois ci-dessus: Sergio Toppi, Juan Jimenez, François Bourgeon, Enki Bilal, Hugo Pratt, Attilio Micheluzzi, Loisel, Juanjo Guarnido, Moebius, Satoshi Kon, Katsuhiro Otomo, Will Eisner, Enrico Marini. La liste est longue. 03 A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Tout ce que je sais, c’est que le réalisme ne m’intéresse pas, ni en ce qui concerne le dessin, ni pour les histoires. Je suis convaincu que le dessin grotesque a des possibilités expressives largement supérieures au dessin réaliste, et j’estime donc qu’il est capable d’aborder tout type d’histoire ! Il est vraiment important de ne pas tomber dans le ridicule, et de rechercher l’harmonie entre le dessin et le récit . D’ailleurs, le dessin est une métaphore, que chaque dessinateur exprime au travers du filtre de son point de vue très personnel. Le lecteur est juge.

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Mon atelier est divisée en trois petites salles.Le premier est là où je dessine. Je dessine sur une vieille table de la cuisine de mon enfance… Il y a une table lumineuse, un petit téléviseur, un lecteur DVD, des livres, des bandes dessinées, et des DVD, des outils de dessin, deux ukulélé et une figurine de Laputa dont je m’inspire au besoin. Ce sont des allers retours permanents à la librairie tout en travaillant! Dans le second, il y a deux ordinateurs, un Mac, un PC, une bibliothèque avec plus de 2500 titres, un lit et 5 ukulélé. Dans le troisième, il y a un photocopieur, le dépôt où je garde les planches originales , des croquis, des scénarios … et juste un ukulélé. 09 Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

J’aimerais avoir une routine de travail, mais ça m’est impossible ! Je joute chaque jour entre écrire et dessiner des bandes dessinées, ainsi que mon activité de directeur artistique à la Scuola Internazionale di Comics Page Facebook ( École Internationale de la Bande Dessinée, 9 lieux en Italie et un aux États-Unis, à Chicago). C’est une école de formation dans laquelle plus de 30 professionnels de la bande dessinée, de l’illustration, du cinéma d’animation, des arts graphiques, des jeux vidéo, etc. enseignent le métier à des centaines d’étudiants dans le nord de l’Italie.

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

J’utilise les Micromine HB, B, B2, B6 pour les crayons et les marqueurs COPIC pour les storyboards. Pour l’encrage j’utilise des Rapidographes de différentes marques et des fude pen. La coloration est réalisée avec des marqueurs Copic et des crayons de couleur. La table lumineuse A3 est fondamentale dans mon processus de travail. 04 Comment connaissez vous les COPIC ?

J’ai découvert les COPIC par un collègue dans son atelier il y a un peu plus d’un an. Je suis rentré chez moi très intrigué et j’ai commencé à chercher des informations sur Internet.J’ai découvert le site Copic France et ai commencé à expérimenter quelques jours plus tard.

Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

La réponse est simples, les marqueurs COPIC sont les meilleurs. Une gamme complète, les produits sont fiables, avec des recharges fonctionnelles et des conseils parfaits dans l’assortiment et la qualité. L’ensemble de gris est sans comparaison. 05 Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ? J’utilise à 90% des COPIC Sketch mais aussi les COPIC « classiques », COPIC Wide et COPIC Multiliner (je n’utilise les Mutiliner que dans la phase d’encrage). Les COPIC sont à la base de ma technique de coloration.                                                                                                                                                                                                                               Tout d’abord, il y a:

A) Le  » color concept « , quel genre d’atmosphère donner à l’histoire à travers la couleur. Une histoire de science-fiction a des besoins différents d’une histoire qui se déroule au cours de la Belle Epoque. C’est une phase très importante. Vous devez expérimenter constamment et ne pas avoir peur de faire des erreurs pour trouver la bonne atmosphère. Si vous faites une erreur à ce stade tout le travail après aura du mal à décoller.

B) Le choix d’une palette de couleurs cohérentes à utiliser. Les couleurs ne doivent pas être trop nombreuses, et dans la façon dont je travaille, compatibles avec des couleurs neutres. Étant donné que lorsqu’on lit une BD deux pages se font face et donnent beaucoup d’information, une couleur doit ressortir pour attirer l’attention du lecteur. 06 A quel moment du processus de création d’une bande dessinée utilisez-vous les COPIC ?

L’étape de coloration est la dernière du processus de création d’une bande dessinée et est presque entièrement réalisée aux COPIC, avec des retouches aux crayons de couleur. C’est une étape très délicate car je place les couleurs directement sur l’original !

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

J’utilise le blender dans certaines situations spécifiques comme pour les effets spéciaux: l’eau, les murs et la brique pour le moment. Mais si besoin, je fais des essais. Le blender mélange très bien et surtout surtout il est facile à remplir. Je ne utilise pas l’aérographe COPIC car le processus de protection avec les masques est trop long à mon goût.

Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

J’utilise les papiers Winsor et Newton A3 « grain moyen » 220 grammes. La couleur s’étend bien et je peux intervenir si nécessaire avec d’autres types de couleur. Tous les types de papier que vous utilisez ont un rendu différent. Il est important d’en tenir compte et faire des tests sur différents papiers. 07 Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Warm Gray, Cold Gray neutre et toner sont les bases de ma façon de mettre en couleur. Je n’aime pas les couleurs fortes, flash. Pour cette utilisation, les couleurs dites « neutres » permettent d’abaisser la saturation de certaines couleurs. Parmi mes combinaisons préférées (en plus du gris bien sûr) il y a E 70-71-74, BV 20- 23- 31, E 41- 42- 43- 44 et BG 90, 93, 96.

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

La question clé est d’étudier la « méthode COPIC »: le nom de la couleur, la classification de couleurs avec des initiales, le degré de saturation et de la luminosité, tous les deux en chiffres. Tout le monde essaie de sauter cette partie , mais il est crucial de choisir les bonnes couleurs et ainsi économiser un peu d’argent. Ce sont des notions que l’on trouve à la fois sur papier et sur le web … comme sur le blog Copic France, là où je les ai trouvé.                                                                                                                                                                                                                   Je conseille globalement de travailler avec peu de couleurs; aux débutants mais aussi aux gens avec plus d’expérience. Au début, vous pouvez vous servir que d’une combinaison de trois gris chauds (W1, 3, 5) et 3 froids (C1, 3, 5) et une paire de couleurs à choisir, en fonction de votre sensibilité. J’aime particulièrement le BV 23 et le E 70. L’important,  c’est que ne soit pas des couleurs trop lourdes afin de pouvoir les utiliser en combinaison avec du gris. 08 Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

La différence entre utiliser l’ordinateur et le marqueur, est dans la matière. Ceux qui travaillent avec l’ordinateur n’ont pas la matière. L’informatique et les marqueurs peuvent certainement être utilisés ensemble, et au début de mon approche avec COPIC j’ai pensé à travailler sur photoshop en « post-production ». Mais en quelques semaines, j’ai changé d’avis et éliminé l’ordinateur dans la phase de création de la coloration de la page. J’utilise l’ordinateur uniquement pour numériser les originaux.

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en bande dessinée ?

Il est certainement utile de savoir comment utiliser le numérique et les techniques de coloration traditionnelles. Un professionnel doit être capable de faire un peu de tout. Je ne parle pas au nom des autres, mais mon avenir en ce qui concerne la couleur est surement liée au COPIC. La plupart des BD sont colorisées à l’ordinateur … mais aujourd’hui ce qui est numérique … est sans matière. Une page colorée avec les marqueurs COPIC a un impact visuel très physique, vous pouvez en faire des expositions, vendre les originaux. COPIC est pour moi un mode de vie !

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

La série de science-fiction steampunk « La Mandiguerre«  publié par Delcourt, écrit par Jean David Morvan et avec mes dessins était en même temps difficile et aussi très satisfaisante. J’ai toujours été habitué à travailler seul, et le travail avec une autre personne est toujours un défi. La collaboration est essentielle pour stimuler un projet. Avec cette série publiée également en Italie, j’ai eu l’honneur de recevoir une nomination pour le meilleur dessinateur italien.  mandiguerre Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Préparez-vous bien, à fond, sérieusement ! En autodidacte ou dans une école spécialisée, bien étudier l’anatomie , la perspective, la théorie des ombres et tous les principes fondamentaux de dessin pour la BD. Bien comprendre ce qu’est le « story-telling ». Bien dessiner est important, bien dessiner la bande dessinée est autre chose !

Quels sont vos projets futurs ?

Je suis actuellement à la recherche d’éditeurs de langue française pour ma nouvelle série BD. Dans le cas d ‘édition en France, le projet a déjà une option éditoriale italienne et une néerlandaise. Les images de cette interview sont de cette série d’aventure écrite et dessinée par moi. La série se déroule en France entre 1894 et 1914, c’est l’histoire d’un groupe de personnes très spéciales dans l’apparence et la culture, forcées à sortir dans le monde, ce qui n’est pas une chose aisée lorsque vous êtes similaire à des monstres.

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