Interview de Julien Hugonnard-Bert, encreur de BD pour Marvel, DC COMICS et Delcourt

Quel est votre parcours?
J’ai toujours dessiné, mais même si je souhaitais gagner ma vie en dessinant, j’ai opté pour des études plus sérieuses d’ingénieur. C’est donc après avoir exercé pendant 5 ans que j’ai dévié vers la BD. Au final, être sérieux, ce n’est pas fun !

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

J’imagine que j’ai toujours voulu faire ce métier ou en tout cas un métier artistique. C’est une passion – autant en faire son métier ! Faut juste avoir le courage de se lancer. Il m’a fallu du temps, mais je ne le regrette pas !

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Que fait un encreur ? A quel stade intervenez vous dans la production d’une BD Comics par ex chez Marvel ou d’autres éditeurs?

Je suis en quelque sorte l’assistant du dessinateur. J’interviens une fois son crayonné terminé. Mon rôle est de terminer son dessin à l’encre noire. Ensuite, je transmets la page au coloriste qui (comme son nom l’indique) ajoute les couleurs. Et puis le lettreur intervient et place les bulles de textes sur la page.

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Même si je suis autodidacte, j’ai souvent sollicité les avis de beaucoup de dessinateurs ou encreurs professionnels. Grace à l’internet, ces contacts sont possibles aujourd’hui. Ce sont eux qui m’ont appris mon métier en pointant ce qui allait et surtout ce qui n’allait pas dans mes dessins ou encrages.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

C’est très varié. Lorsque je travaille mes propres dessins, j’aime les styles « griffonnés » ou « écorchés ». Bill Sienkiewicz est un exemple pour moi ! Si je devais n’avoir qu’un talent, j’aimerais bien que ce soit le sien ! Pour ce qui est de la couleur et de l’utilisation des feutres Copic, le premier nom qui vient en tête est forcément Adam Hughes. C’est un virtuose. Mais j’avoue avoir un faible pour Yildiray Cinar (Superior Iron Man chez Marvel). Là encore, c’est dynamique, il ajoute des projections, des griffures… C’est un artiste sous-évalué et il mérite une reconnaissance plus grande encore ! Et puis, je crois pouvoir dire que c’est un ami.

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A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Je suis un lecteur assidu de comics. Même s’il y a des exceptions dans la BD Franco-Belge, ma préférence va vers ce qui se fait aux USA. Ensuite, je n’ai pas de style de prédilection : super-héros, crime, horreur, romance… J’aime tout tant que l’histoire et les dessins se tiennent !

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Mal ! C’est souvent mal rangé ! J’ai une table à dessin inclinée et un ordinateur à ma droite avec une tablette graphique type Cintiq. Tout autour sont entassés des pinceaux, des plumes, des feutres, etc. L’encreur est souvent un geek du matériel « analogique ». Je ne déroge pas à la règle, je garde des feutres secs, des éponges, des collants en nylon, des pinceaux dépouillés, plumes… pour pouvoir faire des effets et textures intéressants. Et puis j’ai plusieurs pots d’encre de Chine plus ou moins sèches selon l’outil et le rendu voulu.

Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Généralement, je travaille 3 demi-journées de 3-4 heures chacune. Le matin, l’après-midi et le soir après dîner. Je commence donc vers 9h-10 heures et je termine vers 1h-4 heures suivant le délai à respecter ! Si le temps me le permet, j’aime terminer des pages le soir avant de me coucher et les scanner le lendemain matin après une nuit de sommeil. ça évite de laisser passer beaucoup d’erreurs, ainsi ! A tête reposée, on voit énormément de défauts !

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Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Je suis quelqu’un d’assez traditionnel. Je travaille principalement sur papier. Pour l’encrage, j’utilise la plupart du temps le pinceau et l’encre de Chine. Et puis les feutre calibrés Graph’It pour des détails ou des architectures. Ce sont vraiment les meilleurs sur le marché pour moi : ils conservent un afflux d’encre constant tout au long de leur durée de vie. Un peu de plume aussi, mais c’est plus rare. L’ordinateur ne me sert que pour les corrections à apporter a posteriori. Pour la couleur, les feutres Copic ou Graph’It exclusivement. Là encore, je ne me sers de l’ordinateur que pour corriger les niveaux et réparer les erreurs de réglages faites au moment du scan. Je ne sais pas coloriser sur ordinateur et préfère le grain que donnent les feutres. En revanche, je crayonne sur ordinateur ! Je suis un dessinateur laborieux et pour moi, Photoshop me permet de corriger les lacunes de mon dessins pour ce qui est du redimensionnement ou de la perspective. J’imprime donc mon crayonné en blueline pour l’encrer et le colorer à l’ancienne…

Comment connaissez vous les COPIC ?

Je connais Copic depuis une quinzaine d’années. Le magasin de matériel de dessin dans lequel je trainais lorsque j’étais au lycée à Avignon avait un présentoir avec ces feutres. J’ai donc essayé les gris et j’étais conquis ! Malheureusement, ce magasin a fermé depuis et c’est assez récemment que j’ai ressorti mes feutres. Chose épatante : ils fonctionnaient toujours ! Alors grâce à des gens comme Stéphane Roux ou Rémi Dousset, je me suis rendu compte de tout ce qu’on pouvait faire avec et j’ai agrandi ma collection !

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Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Le fait qu’ils puissent se recharger est un grand plus par rapport aux marques concurrentes. Et puis lorsqu’on repasse plusieurs fois, la couleur s’intensifie, mais on ne voit pas les coups de feutres. Ce n’est pas le cas avec la plupart des autres marques qui « imbibent » beaucoup plus la feuille et la saturent de couleurs dès le premier coup.

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

J’utilise les Copic standard. Principalement avec la pointe biseautée. Je fais aussi des projections avec la pointe pinceau des Copic Sketch que je fais « rebondir » sur un CD. C’est très difficile à décrire, mais je remercie Sabine Rich pour la tuyau!

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

J’ai le mélangeur, mais ne m’en sers que pour lisser ma couleur. Quant à l’aérographe, je serais curieux de tester cela un jour !

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Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

Diverses gammes de Bristol assez lisses. Ou bien les papiers fournis par les éditeurs… Mais toujours sans acide !

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et
pourquoi ?

J’utilise la gamme T pour les niveaux de gris. C’est assez neutre. J’ajoute parfois des coups de W en Wide pour « réchauffer » l’ambiance du dessin. Je peux ainsi créer un contraste entre un personnage « chaud » et un fond plus « neutre ». Sinon, je privilégie le E21 (Baby Skin Pink) pour les couleurs de peaux, ne fonçant qu’en faisant des superpositions. C’est assez drôle de mettre Wolverine en couleurs avec le Baby Skin Pink, mais on s’y fait ! J’aime aussi placer une lumière bleue rasante sur mes personnages avec le B01 (Mint Blue).

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je pense qu’un débutant peut partir sur une sélection de feutres gris (chaud ou froid selon les goûts de chacun). Ou bien des tons plus sépia. Ce n’est pas évident de maîtriser la couleur, faire des monochromes c’est déjà pas mal. Il peut éventuellement opter pour les modèles Ciao (moins cher), mais il est risqué d’utiliser la pointe pinceau. Elle est fine et on peut se perdre facilement dans les détails. Mieux vaut placer des zones de couleurs moins précises avec la pointe biseautée et privilégier l’ambiance.

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Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

Ça n’a rien à voir ! J’aime le fait que le feutre rend chaque mouvement (plus ou moins) définitif. ça nous oblige à travailler dans l’urgence. Avec l’outil informatique, on peut faire, défaire, annuler, recommencer… Et au final, on risque de se perdre dans les diverses alternatives possibles et ne jamais finir ! Toutefois, Photoshop permet des « effets spéciaux » plus difficiles à faire avec des feutres comme des flous ou de l’ajout de grain. Mais en ce qui me concerne cela reste de la post-production et cela ne prend jamais le pas sur ma façon de faire.

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en bande dessinée ?

Il est nécessaire de connaitre au moins un peu les deux. L’industrie de la BD et encore plus du comics s’accélère grandement depuis quelques années. Les auteurs doivent se servir de tout ce qui peut faire gagner du temps. S’ils sont à l’aise avec l’ordinateur pour certaines choses, il ne faut pas se priver. Par exemple, plutôt que de faire un pochoir pour préserver certaines zones des projections d’encre, on peut le faire sur l’ordinateur si le temps presse… En revanche, abandonner totalement le papier n’est pas forcément un bon choix : les droits d’auteurs allant diminuant, la vente     d’originaux est une part importante des revenus d’un auteur de BD.

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Parfois, les délais sont délirants. Récemment, j’ai du encrer une poignée de pages pour Marvel. C’était un épisode des X-Men. Je n’avais qu’une journée pour faire 4 pages ! C’est fou. Masqué chez Delcourt a également été difficile pour ce genre de raisons : le pari était de fournir au lecteur 4 tomes de cette BD en un an… No comment… En revanche, j’ai adoré bosser sur Injustice. Avoir la chance de jouer avec des personnages comme Superman, Batman, Flash et tous leurs amis, c’est un rêve de gosse !

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Je répèterais juste ce que m’a dit le premier éditeur que j’ai rencontré en convention : « Entre la qualité et le délai, je choisirais TOUJOURS le délai. Mais si la qualité n’est pas là, je ne referai pas appel à toi ». Je dirais donc qu’on a toujours des progrès à faire, mais il faut tomber de la page. Tant pis si elle n’est pas parfaite, on essaiera de faire mieux à la prochaine. C’est en faisant des kilos de pages qu’on s’améliore !

Quels sont vos projets futurs ?

Je fais pas mal de commissions en ce moment. Je travaille également sur une bande dessinée plus personnelle que je compte écrire, dessiner et encrer seul. Mais ce qui me prend le plus de temps en ce moment, c’est la campagne de crowdfunding pour financer mon nouvel artbook : Girls, Gods & Monsters – vol. 4. J’y compile mes meilleurs dessins de l’année et y explique ma méthode de travail. La couverture sera d’ailleurs faite en couleurs et niveaux de gris avec des feutres COPIC !

Pour contacter Julien Hugonnard-Bert, rendez-vous sur: 

https://www.facebook.com/jhugonnardbert
http://fr.ulule.com/ggm4/

Comment colorier des cheveux bruns tressés avec COPIC

 

Par Sika Chan, Blogueuse Invitée.

Bonjour à tous !

Voici un tutoriel pour colorier une tresse de cheveux bruns.

Pour faire la coloration des cheveux bruns, j’ai utilisé le matériel suivant :

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Je réalise mon encrage de base (avant la coloration) en sépia (brun) avec les stylos Copic Multiliner.

Pour les cheveux tressés, je commence toujours par le haut des cheveux pour terminer par la tresse. Le début de celle-ci étant sous les mèches, elle doit être plus foncée que le reste.

Donc pour le haut, je choisie la zone où est ma mèche principale pour commencer. C’est la partie la plus importante des cheveux, car c’est là où frappe la lumière, donc l’endroit le plus claire.

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Ma première étape consiste à mettre ma couleur de base, la plus claire. J’ajoute successivement les couleurs plus foncées en partant du haut du crane et du bout des pointes, (sauf pour les mèches juste au dessus de la tresse que je laisse volontairement plus claire, pour avoir un meilleur contraste par la suite).

Ici, j’utilise le COPIC E35 comme base, puis le E37 pour les ombres claires. Je rajoute un peu de E35 pour estomper la différence entre les deux feutres. Ensuite, le E59 pour les zones foncées, et le E57 pour tracer ou accentuer certaines mèches .

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Je continue exactement de la même façon pour la mèche suivante.

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Quand la moitié de la partie supérieur des cheveux est coloriée, j’encre au stylo COPIC Multiliner noir 0,1 et 0,05, et j’ajoute quelques traits noir dans les mèches. Puis avec le COPIC Multiliner sepia 0.05 et 0.1, je trace des traits brun pour donner de la texture. Je fais bien attention de suivre la forme de la mèche.

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Je procède de la même façon pour l’autre côté de la tête.

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Pour la tresse, il faut partir du haut vers le bas. La première partie, celle sous la frange, doit être plus foncée que le reste. J’utilise donc le COPIC E49 (très foncé) pour bien marquer cette zone, et les mêmes COPIC qu’avant pour le reste.

Il faut bien faire attention de respecter la forme des boucles au moment de la colo, pour donner une dynamique. La mèche de cheveux part de l’arrière-centre de la boucle de dessus pour aller vers le centre de la boucle du dessous

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Pour les finitions, j’utilise le stylo COPIC Multiliner noir 0.1 pour rajouter quelques mèches qui sortent de la tresse pour donner un peu plus de naturel. Je peux aussi en ajouter sur le haut de la tête pour donner une impression de légèreté. Enfin, avec un marqueur blanc Graph’it shake, j’ajoute quelques touches de lumière.

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Merci de votre lecture et bonne colorisation !

Sika Chan http://www.facebook.com/Sika.Chan.ART

Interview avec Reno Lemaire, mangaka français, auteur de DREAMLAND

 

Interview de RENO LEMAIRE avant la sortie du tome 14 de DREAMLAND le 25 Juin 2014. Reno est le créateur de ce manga français édité chez Pika Editions, avec 13 tomes parus depuis 2006. 

Reno a la trentaine et vit à Montpellier. DREAMLAND, sa première série, raconte les aventures de Terrence, Montpelliérain de 18 ans, qui mène une double vie: lycéen timide le jour éperdument amoureux de Lydia, une fille de sa classe, et  “contrôleur du feu” la nuit dans Dreamland, le monde des rêves, peuplé de créatures étranges et merveilleuses, parfois dangereuses. Car il y a deux royaumes à Dreamland: celui des rêves, et celui des cauchemars…

Nous vous invitons à découvrir le monde de DREAMLAND et à suivre Reno sur sa page Facebook: Reno-Dreamland.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.

Couverture du tome 14 de DREAMLAND, en librairie le 25 Juin. Colorisation aux COPIC.


Reno Lemaire, quand avez-vous su que vous vouliez devenir auteur de bandes dessinées ?
J’ai décidé très tôt que je voulais faire de la BD. J’ai réalisé ma première bande dessinée à 7 ans en CE1. Inventer une histoire, faire parler des personnages qu’on a imaginé, les faire évoluer dans pleins d’aventures différentes, avec seulement un crayon à papier et des feuilles, j’ai trouvé cela grisant, excellent, obsédant, vital !

Dreamland, manga de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.


Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Influencé par mes lectures du moment, de mes 7 ans à 25 ans j’ai du réaliser plus de 350 bandes dessinées, des ersatz de Tintin, Scrameustache, le Petit Spirou, Asterix, Manu, Le Roi Lion ect… A l’adolescence, avec le manga, mes BD sont devenues des séries, une série avec des loups super sayen qui se bastonnent, il y avait plus de 150 chapitres de 12 pages environs. Dragon Ball, Fly (Dragon Quest) Bastard, Saint Seiya, Gunnm ont été mes inspirations du moment…

A 17 ans j’ai commencé une série qui m’a suivi jusqu’à 20 ans, un record pour moi de dessiner pendant 3 ans les mêmes héros, 85 chapitres à peu près, avec le recul cette BD est clairement la grande sœur de Dreamland, les éléments réalité et imaginaire sont là, l’histoire se passe dans ma ville de Montpellier, beaucoup de personnages sont communs etc…

Dreamland de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.

Une page de DREAMLAND: tout commence avec le travail au crayon HB.


Quel a été votre parcours ?

Je dessinais le soir chez moi en rentrant des cours, le week end etc.  Je n’ai pas de cursus artistique, une scolarité médiocre, un bac gestion compta pour faire plaisir à maman, pas de cour de dessin, ni de fanzine. Je dessinais toujours tout seul pour moi et faisais rarement lire aux autres.

Passé le bac, à la fac d’art, j’ai rencontré plein d’autres dessineux. C’est assez essentiel de rencontrer d’autres passionnés, qui ont eu des parcours différents du votre, cela m’a permis de me situer, d’évaluer mon niveau, j’étais loin d’être le plus technique, j’ignorais ce qu’était l’encrage, la colorisation, la perspective, les volumes etc… du moins je n’associais pas ces mots à des techniques, je le faisais instinctivement.

Avoir fait plus de 2000 pages de bande dessinée à 22 ans, cela aide au niveau de la rapidité d’exécution. Le story board est devenu tellement naturel pour moi, que le dessin est juste une finalité pour raconter mes histoires.

Mon prof de cours de BD (en option) à la fac, Bruno Canard, m’a dit de me casser de là (la fac, son histoire de l’art, ses partiels qui ne servent à rien et ses cours que l’on sèche facilement) et de me lancer dans la bande dessinée, on était en 2002.

Avec Salim, mon binôme, rencontré sur les bancs de cette fac, on a tenté l’aventure, dossier et éditeurs, avec un projet béton qui est toujours en stand by pour nous.

Monter un dossier pro à deux cela prend du temps et ce n’est pas le même plaisir de création… Dreamland est né de là, le soir quand je rentrais de chez salim après avoir bossé (encrage, narration etc.) pour notre dossier, j’avais ce besoin vital de faire des pages, des héros, des aventures, pour moi, pour mon plaisir, sans se prendre la tête.

Dreamland  était né.

D’un simple mail aux éditeurs sans réelle envie de signer Dreamland, me voila propulsé dans le monde de la BD, et particulièrement du manga a la française, aventure rarement tentée avant sous cette forme dans notre pays.

C’était en 2004, je suis arrivé au bon moment, quand PIKA avec Pierre Valls sentait arriver la suprématie japonaise, et leurs futures exigences pour les licences à venir: il voulait avoir ses propres licences à exploiter.

Tout est parti de là. Bien sûr, le potentiel de Dreamland était séduisant aussi.

DREAMLAND manga français de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Comment est organisé votre studio et quelle est votre routine quotidienne de travail ?
Je n’ai pas de studio, je travaille dans mon salon, 7 jours sur 7.  Ma journée « classique »: j’attaque à 9h30 – 10h, je mange un petit truc à 13h-14h, j’enchaine jusqu’à 21h, je reprends à 23h après le repas du soir jusqu’à 2h, 3h du matin.

En période de rush je pousse jusqu’à 6h du matin pour me lever à 11h. Le temps nous manque quand on fait du manga, alors j’essaie de grappiller des heures sur mon temps de sommeil quand c’est nécessaire, mais en moyenne ce sont des journées de 13h intenses, 15h voir plus en rush. Les tomes de Dreamland font plus de 215 pages, dont 8 en couleurs…

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.

Une page en couleur de Dreamland.


Quel type de matériel utilisez vous pour dessiner ?
J’utilise des pages au formats B4 bristol, un crayon HB tout simple pour mes crayonnés; j’encre directement dessus à la plume G et à l’encre de chine, je scanne et je trame à l’ordinateur. Quand vient le moment de coloriser je peux utiliser soit l’ordinateur, soit les techniques traditionnelles: aquarelle, feutre, dont les fameux COPIC

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.

Le COPIC SKETCH est très utilisé par les mangaka qui apprécient sa pointe pinceau extra souple.


Comment avez-vous découvert les feutres à alcool COPIC ?
J’ai découvert ces feutres en mattant les artbooks des artistes que j’affectionne, souvent à la fin on voit quelques clichés de comment ils ont réalisé la couverture de l’artbook etc… et je me demandais qu’elle était cette marque de feutre avec cette forme en pinceau et ces couleurs flashy. Lors de mon voyage au Japon en 2008 j’ai ramené du matos, dont un set de 72 COPIC SKETCH.

Dreamland, manga français de Bruno Lemaire, colorisation au COPIC.

Le set de 72 COPIC Sketch de Reno Lemaire utilisé pour Dreamland.


Comment les utilisez-vous?
Ils me servent à faire mes couvertures de tomes et des illustrations, ils tiennent encore bon, mais quelques teintes comme celles pour faire la peau sont quasiment vides. J’aime les COPIC SKETCH et leur mine pinceau car on a une bonne sensation et une bonne prise en main, pour un rendu des dégradés et des mélanges génial.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Encrage à la plume et aux feutres de précisions Copic  Multiliner.

Après le crayonné, Reno encre à l’encre de chine avec une plume et aux feutres de précisions Copic Multiliner.


Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique? Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?
Il n’y a pas a comparer, ce sont des techniques différentes, pour des rendus différents avec des sensations différentes. Tout dépend de l’envie, et du plaisir sur le moment, l’ordinateur et les COPIC peuvent aussi être complémentaire. Pour moi coloriser aux feutres est un gain de temps, on a moins de « filet de securité » (touche « control Z ») ce qui vous oblige à y aller franco, d’aller à l’essentiel, et puis les odeurs, le toucher, le contact direct avec la feuille est un kiff pour moi. L’ordinateur est pratique et donne une infinité de possibilité en rendu, mais c’est un outil long à maitriser.

Est-il nécessaire de connaître les deux types d’outils ?
Dans l’absolu, il est nécessaire de tout connaitre ou du moins d’être curieux, mais cela ne se limite pas qu’à ces deux procédés, il y a tellement d’autres trucs à tester. Tout maitriser est impossible, avoir conscience que ces outils existent est déjà un grand pas. C’est enrichissant et cela permet de ne pas plafonner.

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?    Aucun n’est difficile, aucun n’est satisfaisant. C’est du pur plaisir au moment de la créa, quand vient le temps du recul on se dit que cela aurait été mieux comme ça, puis au final, non car de toute façon il faut avancer, il y a pleins de pages à faire.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?
Je n’ai pas de conseils à donner en particulier, il est important de forger ses propres voies et ses propres envies, internet permet de ne plus être tout seul chez soi isolé du monde, servez-vous en !

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux marqueurs à alcool COPIC.

Coffret des 3 premiers tomes de Dreamland, Editions PIKA.


Quels sont vos projets futurs ? 

Il y en a tellement… que je ne vais pas beaucoup dormir ses dix prochaines années !

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Merci à Manga Ink et Reno Lemaire.

Propos recueillis par COPIC France le 13 juin 2014. © OZ International. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable. Photos et visuels © Reno Lemaire et © Pika Edition, tous droits réservés.

 

Interview de Richard Cox, Illustrateur de Comics, utilisateur de COPIC

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Copic Brésil. Nous remercions Copic Brésil et Craig Rogers d’avoir autorisé la publication de cet article en Français sur ce blog.

Parlez-nous un peu de vous. Qui est Richard Cox?
Je suis illustrateur et designer développeur web, j’ai la trentaine, j’habite dans le Sud-Est des Etats Unis. J’ai un diplôme universitaire Bachelor of Fine Arts « Studio Art » et je dessine et je peins depuis l’école maternelle. Mes premières publications étaient pour TSR (Ravenloft) et Firefly Games (Cyborgladiators, Monster Island), tandis que la plupart de mon travail aujourd’hui est sous la forme de cartes collector, en majorité pour Rittenhouse Archives et les licences Marvel Universe. Mon outil principal est (pas de surprise ici) le marqueur à alcool COPIC marker, mais je travaille aussi à l’aquarelle, l’huile et Photoshop, en fonction des besoins des clients. J’ai trois chiens et je collectionne les jouets Godzilla des années 60-70 et les illustrations de Wonder Woman.

Comment se déroule une de vos journées? Quelle est votre routine de travail ?
Cela commence toujours par une tasse de café et la promenade des chiens à 6h du matin. Avant de me mettre au travail, je réponds à mes emails et messages. Puis je lis quelques pages de COMICS. Cela me met dans l’ambiance! Puis je commence à dessiner de façon intensive soit jusqu’au déjeuner soit jusqu’à ce qu’un des chiens ait besoin de sortir. Et je continue en général jusqu’au dîner. Pendant la semaine, je travaille sur les commandes urgentes et le weekend je combine des commissions et le travail plus personnel d’exploration. Et j’essaye de sortir de la maison autant que possible ! C’est primordial.

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Quand avez vous su que vous vouliez devenir illustrateur et quelles ont été les étapes pour y arriver ?
Je crois que j’ai été programmé pour cela depuis l’enfance. Un de mes premiers souvenirs est d’avoir dessiné Spider-Man au crayon quand je devais avoir 5 ou 6 ans. Ensuite à l’école primaire je dessinais Gatchaman, Ultraman, et Star Blazers. J’ai continué de façon constante depuis – sauf une courte interruption juste avant la trentaine.

Les étapes pour y arriver? J’ai dessiné de façon assidue presque toute ma vie et j’ai suivi une formation artistique classique. En pratiquant constamment, j’ai appris de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes et j’ai construit un portfolio de mon travail. J’ai reçu ma part de lettres de refus de nombreux éditeurs, mais j’ai un peu honte de le dire, j’ai réussi à percer assez facilement dans les cartes collector après quelques essais.

Je dois dire aussi – même si cela fait un peut trop pub – que dés que j’ai commencé à travailler avec les gris chauds et les gris froids des feutres à alcool COPIC, mon profil et mes commissions ont décollé et j’ai décroché mon premier job de carte collector.

Je dois remercier et créditer Adam Hughes pour cela. C’est son travail au marqueur COPIC qui m’a incité à les utiliser.

 

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Quel projet ou commission vous à donné le plus de difficulté ou le plus de satisfaction?

Mon premier set de carte collector Marvel (MARVEL 70ème ANNIVERSAIRE) était très difficile car c’était le premier. J’ai complètement sous estimé la charge de travail que cela représentait. Mais j’ai compris la leçon et je pense que mon dernier set Marvel (DANGEROUS DIVAS) est mon meilleur travail dans ce domaine.

Ma commission récente en 11×14 pouces de la Veuve Noire était très agréable à travailler. C’est un de mes dessins que j’ai senti totalement depuis le crayonné jusqu’à la fin. Pas de tâtonnement ou d’hésitation. En ce moment je travaille sur un Capitaine America et je me donne à fond. J’espère que le résultat sera bon !

Quel effet cela fait il de travailler avec les personnages Marvel?
C’est agréable car ce sont des personnages avec qui j’ai grandi. Il y a une véritable histoire, un passé avec lequel je peux travailler. J’ai aussi rencontré des gens formidables, des amis comme des fans, grâce à mon travail pour Marvel, et je leur serais éternellement reconnaissant de cela.

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Sur quoi travaillez-vous en ce moment?
Je travaille sur trois sets différents de carte collector: Marvel DANGEROUS DIVAS (Mars), BETTIE PAGE PRIVATE COLLECTION (Juin/Juillet), et DUNGEON DOLLS de Bad Axe studios à l’automne. On m’a demandé de faire un 4ème set, mais je ne peux pas encore en parler. Mes premières cartes numérotées seront incluses dans deux de ces sets, ce qui est fantastique !

En plus je travaille sur un projet de comics personnel, bien que je ne sache pas encore le format final, peut être en téléchargement numérique, peut être en Comic sur le web, peut être les deux. Je ne sais pas encore vraiment. Je le fais pour moi-même, donc c’est plutôt amusant. Je fais aussi des illustrations originales pour mon sketchbook et j’ai la chance d’avoir beaucoup de commissions ce qui rend mes weekend plutôt intéressants ? Je dois créditer Craig chez Wednesday’s Heroes pour cela. Il a été formidable.

 

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D’ou puisez-vous votre inspiration ? Pouvez-vous nous décrire votre processus créatif?

En premier lieu, du monde qui m’entoure. Au delà, cela dépend du travail et de la qiantité de détails demandé par le client. Moins il y a de détail, plus je peux gribouiller et designer à l’avance. Je parle souvent de composition et de théorie des couleurs, car ce sont des choses importantes, mais je ne me pose pas ces questions avant d’avoir une idée claire des émotions et des sentiments que je cherche à communiquer. Ensuite, j’essaie de créer une composition précise pour parvenir à l’effet recherché. Je dirais que pour des commissions de 11 x 14 pouces, ou des commissions de carte collector, je fais de un à trois dessins préliminaires avant de commencer le crayonné, mais en fait j’ai la plupart du temps la composition dans ma tête avant même de dessiner quoi que ce soit. En général les dessins préliminaires me permettent de vérifier que ce que j’ai dans la tête fonctionne correctement une fois sur le papier. Ensuite intervient la théorie des couleurs, pour accompagner et intensifier l’émotion et la composition. Il va s’en dire que pour les échéances urgentes, ce processus devient très simplifié.

Quels sont vos artistes favoris?
Oh wow. Je vais essayer de faire court… Pèle mêle: Alphonse Mucha, J.C. Leyendecker, Adam Hughes, Gil Elvgren, George Petty, Lucien Freud, Picasso, Chrissie Zullo, Jack Kirby, Olivier Coipel, Neil Adams, Le Caravage, Eric Canete, Winslow Homer…

Quels rôles jouent les feutres COPIC dans votre travail ?
Les marqueurs à alcool COPIC sont au centre de mon art. Presque tous les outils que j’utilise sont des feutres COPIC. J’ai des sets complets de gris chauds, gris froids et gris toner de marqueur pointe pinceau COPIC SKETCH MARKER et j’utilise aussi (environ) cinquante autres couleurs. Tous des feutres COPIC SKETCH. J’ai aussi les recharges d’encre COPIC VARIOUS INK bien sûr, et deux boitiers de rangement. Mes cinq feutres calibrés pour l’encrage sont des fineliners COPIC MULTILINER SP. Toutes mes illustrations sont en fait produites, en partie ou en entier, avec du matériel COPIC.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste qui cherche à marcher dans vos pas ?
De ne pas étudier uniquement les artistes de comics et les illustrateurs. De ne même pas commencer par cela. Etudiez le monde autour de vous. Dessinez le, peignez le, prenez des photos, peu importe. Utilisez le monde qui vous entoure pour apprendre comment le corps humain et la nature fonctionnent vraiment, et la lumière aussi. Pour résumer, regardez, observez toujours, examinez, étudiez. Formez-vous aux beaux-arts parce que, quand on y pense, beaucoup de maître de la renaissance étaient des illustrateurs, et vous apprendrez tellement de chose des peintres contemporains du corps humains. Réfléchissez, lisez, réfléchissez encore.

Quels ont vos projets pour l’avenir? Sur quoi voulez-vous travailler, quelle sorte de projets vous intéresseraient plus ?
A la fin de l’année, les lecteurs verront mon projet personnel. Je vais continuer à œuvrer pour étendre la portée d mon travail. Produire une plus grande variété de pièces. Continuer les commissions, car elles me forcent à penser autrement. Continuer à créer, j’espère, des cartes collector de haute qualité. Et expérimenter quand je peux. J’aimerai bien organiser une exposition d’illustrateurs et de cartoonists locaux mais c’est encore une idée à l‘état de germe dans ma tête en ce moment.

richard_cox_CloakAndDaggerTraduit de l’anglais. Traduction Française © OZ International. Images © Richard Cox.

Comment colorier un vêtement avec les feutres COPIC

Par Isabelle DelangleBlogueuse invitée.

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vais vous montrer la colorisation d’une robe avec des marqueurs COPIC. J’ai utilisé les 4 couleurs suivantes: B0000/B00/B02/B04, du papier « Perfect colouring Paper« , et de l’encre Memento noire.
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Coloriez la totalité de la robe avec le B0000.

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Continuez avec le B00 en partant du haut de la robe vers le bas et du bas vers le haut par trait.

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Continuez de la même manière avec la couleur B02 et B04.

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Pour mélanger les couleurs utilisez à nouveau la couleur B0000.

Encore une fois passez toutes les couleurs de la même façon: B0000/B00/B02/B04/B0000

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Maintenant voici ma carte:

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Matériel utilisé:

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Visage: E0000/E00/E11/RV21

Cheveux: Y21/Y0000/YR24/E43

Vêtements: B0000/B00/B02/B04/E53/E31/E50

Ailes: C1/C3/0/B0000

J’espère que ça vous à plu, merci pour votre visite et vos gentils commentaires.

Amitié,

Isabelle

http://isadtleselfes.canalblog.com/

Comment choisir son papier pour les feutres COPIC

Par Isabelle Delangle, Blogueuse invitée.

Bonjour à tous,

Ce n’est pas toujours évident de savoir quel papier fonctionne correctement avec les feutres à alcool COPIC.

Personnellement, j’utilise 2 sortes de papier:

-PAPIER LAYOUT COPIC POUR MARQUEUR À ALCOOL (70g):

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-PAPIER TYPE « BRISTOL » (250g) PERFECT COLOURING PAPER:

ColouringPaper_A4_10Bl_1411.indd

Pour les explications suivantes, j’ai utilisé le set de 24 feutres COPIC CIAO et le tampon « Lucie la créative » de l’Encre et l’Image.

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Les feutres à alcool s’utilisent sur des papiers dit « Layout », papier lisse en général. Le papier Layout Copic pour marqueur à alcool est conçu pour une utilisation optimale des feutres COPIC. Celui-ci est spécialement conçu pour répondre aux caractéristiques de fluidité et à la qualité du rendu des feutres COPIC. Le papier est d’un blanc parfait et sans chlore. La couleur ne traverse pas le bloc de papier, même en repassant plusieurs fois au même endroit. Il est disponible en bloc de 50 feuilles, en plusieurs tailles en A4, A3 et A2 et son épaisseur fait 70g. Si je souhaite l’utiliser pour de la carterie ou du scrapbooking, il est vraiment trop fin, il faut le doubler d’un autre papier plus épais.

Recto du papier colorisé:

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Verso du papier, comme vous le remarquez, l’encre ne traverse pas le papier:

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Contrairement au papier « Layout », le papier PERFECT COLOURING PAPER est épais, il est idéal en carterie et en scrapbooking pour les techniques de dégradé de couleur. Vous pouvez l’utiliser dans les différentes imprimantes. Il est disponible en A4, en paquet de 10 ou 50 feuilles et son épaisseur est de 250 gr. C’est le papier que j’utilise le plus pour la carterie.

Recto:

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Verso:

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ATTENTION, TESTEZ TOUJOURS VOTRE PAPIER AVANT UTILISATION:

Si vous voulez essayer comme moi certains papiers pour savoir s’ils fonctionnent avec les feutres à alcool, commencez par faire des tests avant de vous lancer, car vous risquez de vider vos feutres sur le papier. Le papier ci-dessous qui est plutôt un papier aquarelle va boire l’encre du feutre. Vous aurez aussi beaucoup de mal à réaliser des dégradés. Il a plutôt un effet buvard, donc je fais toujours des essais dans un coin du papier pour voir sa réaction, si votre encre se diffuse ou traverse trop le papier, il vaut mieux l’éviter.

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J’espère que ce tuto vous a apporté des réponses à vos questions !

Amitié,

Isabelle

http://isadtleselfes.canalblog.com/