Interview de Benjamin Favrat, illustrateur et photographe

 

Quel est votre parcours ? 

Je suis né en 1985 dans un petit village de Haute-Savoie. Concernant mes études, j’ai passé un BAC Scientifique, puis j’ai fait des études d’anglais. J’ai ensuite travaillé 4 ans en Office de Tourisme et je suis illustrateur / photographe indépendant depuis 2012.

Je vis toujours à la montagne, mais suis souvent en déplacement à Paris ou ailleurs.

Atelier - Pack voyage

 

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

Je dessine depuis que je suis petit. Ça a toujours été une passion, mais je n’envisageais pas pouvoir en faire un métier un jour. J’ai donc fait des études tout en continuant à dessiner pendant mon temps libre. Je m’y suis remis sérieusement quand j’ai terminé la FAC. J’ai donc travaillé au pôle communication d’un office de tourisme où j’ai pu dessiner des affiches par exemple, et progresser en graphisme et en illustration digitale et j’ai créé mon entreprise en photo / illustration il y a 4 ans, après avoir fait quelques modestes expositions et pour répondre à la demande après avoir partagé un peu mon travail, d’abord pour des copains qui avaient besoin de logos, puis, le bouche à oreille aidant, pour d’autres clients très divers.

Et je dois dire que j’adore le tatouage depuis que j’ai acheté mon premier magazine quand j’avais 15 ans. J’ai suivi l’évolution du milieu, et beaucoup de tatoueurs sont avant tout de vrais artistes, avec un trait impressionnant et un univers graphique incroyable. Je suis toujours très inspiré et très motivé par ce milieu, et j’ai beaucoup dessiné dans l’idée de préparer un book pour chercher un apprentissage auprès d’un tatoueur. C’est toujours en projet, affaire à suivre.

illu dandy

 

Comment vous êtes vous formé au dessin ?

J’ai appris tout seul, en faisant, j’ai lu beaucoup, regardé une quantité astronomique de dessins animés, regardé des tutos sur internet, mais je n’ai pas suivi de cours, ni fait de formation particulière. Je me suis mis au digital assez tardivement, en illustrant petit à petit les visuels de communication qu’on me demandait de faire au travail.

Je dessine tous les jours et je vois mon trait changer, j’ai encore plein de choses à apprendre, c’est sans fin et c’est surement ce qui me plait le plus.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

Je suis complètement fan des productions des studios Hanna Barbera et l’élégance sans âge des anciens Disney comme les Aristochats ou les 101 Dalmatiens (Roger Radcliff est mon héro).

Je suis très inspiré par le style des dandies à moustache, le jazz des Big Bands, les vieux films et la danse !

Mes idoles, pour ne citer qu’eux :

Illustrateurs anciens : Mary Blair, Al Dempster, Ralph Hulett, Walt Peregoy, Mirosval Sasek, Aurelius Battaglia, Alphonse Mucha …

Illustrateurs contemporains : Sibylline, Loish, Jotaka, Margaux Kindhauser, Fernando Vicente, Pernille Orum, William NGhiem, Alegiorgini, Jessica Leigh, Jaw Cooper, Erik Jones, James Jean, Laura Brouwers, Brittney Lee, Agreda, Steve Simpson, Annette Marnat …

Tatoueurs : Alex Lauz, Vladimir Arhipkin, David Cote, Ninteendo, Sacha Unisex, Toni Donaire, Stockton Lee, Brian Povak …

Insta Bowie

 

A quel style s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Difficile à dire. Je travaille beaucoup sur commande et je dois adapter le style à la demande. J’affectionne en tout cas l’illustration retro, éditoriale ou jeunesse, et le style neo-traditionnel dans le tatouage.

C’est très divers, souvent assez coloré, surtout en digital et avec de longues barbes, qui sont devenues un peu par hasard ma signature. Ma thématique préférée reste celle de l’univers maritime, ça me permet de dessiner des éléments nautiques en bois, du cordage, et plein de marins et de pirates !

Insta Londres

 

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

J’ai un atelier à la montagne, avec au rez de chaussée un poste de travail « crayon », mon ordinateur, une tablette graphique, tout mon matériel de dessin, ainsi qu’une partie de mes appareils photos, et quelques livres, une imprimante et une partie de mes sketchbooks. A l’étage j’ai un petit studio photo et une salle noire pour le développement argentique et la sérigraphie.

Etant souvent en déplacement, j’embarque mon ordinateur portable, ma tablette cintiq, un Moleskine watercolour et depuis peu un Crescent RendR, un trousse de crayons et une sélection de Copic.

 

Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Mon emploi du temps change tous les jours. Étant également photographe, je peux passer une journée à shooter en extérieur, ou alors rester à dessiner à l’atelier sans me rendre compte de l’heure, ou encore sketcher dans le train quand je suis en déplacement.

Je m’adapte et je travaille souvent très tard le soir.

Atelier 1

 

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

Pour le travail que je vais encrer, j’utilise très souvent un crayon à deux mines : rouge pour le sketch et bleu pour les contours « propres » et les ombrages. J’utilise ensuite une table lumineuse et j’encre sur une nouvelle feuille blanche avec des marqueurs noirs de différentes tailles, au Micron (Sakura), ou au Pigment liner (Staedler), ou encore au brush de Pentel (que j’adore mais que je ne maitrise pas encore très bien). J’ai également des multiliners de Copic depuis quelques jours et je dois dire qu’ils sont impressionnants, d’un noir profond, et ils ne bavent pas au contact des marqueurs, c’est plutôt appréciable. Le travail de contours noirs me permet de scanner et vectoriser mes tracés pour un logo par exemple, ou pour une colorisation digitale. Il est rare que j’encre sur photoshop.

Si je dessine pour moi, j’utilise le plus souvent des crayons de couleur aquarellables, dans les tons bruns ou roses pour le traçage, j’ajoute souvent des contours noirs et j’ajoute la couleur directement au marqueur.

Insta barbafleur

 

Comment connaissez vous les COPIC ? Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

Quand j’ai travaillé sur le livre d’illustration « De l’Art d’être un Monsieur », j’ai utilisé principalement l’encre et l’aquarelle. Et puis le résultat était parfois hasardeux, les scans étaient un enfer à retoucher sur photoshop, et je voulais quelque chose de plus uni, pour avoir de beaux aplats de couleurs propres et lisses. Après m’être renseigné, et avoir vu que certains tatoueurs les utilisaient, je me suis dirigé vers les marqueurs à alcool.

J’ai d’abord acheté des DB Twins de Dalbe, que j’aime bien, et qui ont une gamme de couleurs assez sympa. Puis j’ai essayé des Promarkers, très bien aussi. Et c’est à Paris il y a environ 2 ans que je suis tombé sur des Copic Ciao. J’ai acheté 3 skin tones pour essayer et j’ai adoré les pointes pinceaux et la grande gamme de couleurs. En plus, ils sont rechargeables. C’était exactement ce que je cherchais.

 

Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ?

Je n’utilise quasiment que des Ciao pour les couleurs, et des Sketchs pour les tons gris. Je ne me sers que des pointes pinceaux, les fameuses pointes nibs qui rendent les dégradés si faciles.

J’ai commencé avec un peu toutes les couleurs, dans l’euphorie, sans trop réfléchir, mais je me recadre depuis peu de temps, et j’essaie de réduire. J’adore travailler en teintes de gris : froids / chauds / toner / neutres, et en teintes de bruns (skin tones). Je pense que mon dessin va avancer rapidement dans ce style là. Et j’utilise en complément des crayons aquarellables, et surtout des pastels secs pour ajouter de la couleur à des dessins peu saturés, un peu comme du maquillage.

Atelier 2

 

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ? Les recharges VARIOUS INK ?

Je n’utilise que très rarement le blender, et pas encore l’aérographe, mais je suis assez curieux d’essayer.

J’ai quelques recharges Various Ink des couleurs que j’utilise le plus. C’est un investissement mais pour quelqu’un qui dessine beaucoup, c’est tout à fait rentable. Ca me faisait mal au cœur de jeter tous ces markers à chaque fois, simplement parce qu’ils étaient secs. Je trouve génial le fait de pouvoir les garder et les utiliser presque à l’infini juste en les rechargeant en encre.

 

Sur quel support utilisez vous les COPIC ?

Principalement sur du layout Créa pour les dégradés lisses, et sur du Marker Pad Copic pour des contrastes plus francs. De temps en temps sur papier aquarelle (Arches), si j’ai besoin que l’encre fuse. Je viens de recevoir un sketchbook A5 RendR de Crescent et je suis assez bluffé, le grain du papier est assez beau, l’encre fuse juste ce qu’il faut, et le marker ne traverse absolument pas le papier ! Il faut juste connaître son matériel par cœur, parce que quand on applique l’encre des markers, le papier semble devenir transparent, comme si on avait utilisé de l’alcool pur, la couleur définitive n’apparaît qu’en séchant.

J’ai aussi utilisé un sketch noir pour les aplats pour faire une série de planches de skate custom, sur du bois donc.

illu chiens

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Nuances de gris (chaleurs différentes) + skin tones ou 1 ou 2 couleurs. J’adore ce mélange. Le travail en noir(s) et blanc(s) m’oblige à travailler un peu plus finement, et j’ajoute de la couleur au crayon par la suite.

Les gris et les bruns fonctionnent bien ensemble, le mélange est relativement naturel voire organique, les contrastes sont très doux, et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la photo argentique, que je pratique de plus en plus.

J’aime beaucoup travailler avec des couleurs foncées et éclaircir ou simplement jouer sur la lumière au pastel sec par la suite.

illu madame fourrure

 

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Je conseillerais sans hésiter des Copic Ciao ou Sketch. Quelques Ciao c’est très bien, moins cher, et ça permet de s’habituer aux pointes pinceaux.

Côté couleurs, je pense à une palette de gris. Même un sur deux, par exemple N1, N3, N5, N7 et N9. Et puis deux skins tones, par exemple E21 et E33. Ca me paraît déjà bien pour commencer. Après on peut ajouter quelques couleurs, pas forcément des primaires, mais une ou deux couleurs au choix qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, un R37 et un BG 34 par exemple. Et pourquoi pas un Blender pour travailler les dégradés.

Je lui conseillerais aussi d’essayer plusieurs types de papier pour trouver celui qui lui convient le mieux, c’est très important.

 

Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ? 

Les deux se marient très bien. Je trouve le marqueur plus facile à scanner que l’aquarelle par exemple, et très facile à travailler sur photoshop.

Les multiliners sont très noirs et sont faciles à vectoriser.

Comme je ne me suis mis au digital qu’assez récemment, j’ai du mal à travailler directement sur tablette graphique, il me faut toujours au moins un sketch de base, au crayon, voire au marqueur.

Avec toutes les possibilités de création de brushs sur photoshop, les dessins aux marqueurs sont faciles à retravailler, à intégrer, à compléter…

J’aime les deux, et je me servirais plutôt des marqueurs pour du travail perso, et du digital pour des commandes clients, qui peuvent nécessiter des retouches conséquentes.

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© Benjamin Favrat et Apolline Couverchel

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création ?

Peu importe le milieu artistique dans lequel on évolue, il me semble important de développer sa sensibilité et son trait avec les outils manuels « classiques » tout en étant conscient des possibilités qu’offre le digital.

Certains artistes sont hyper polyvalents (Tom Haugomat, Xoil…), ils utilisent différents outils, dont le digital, et savent créer un équilibre parfait.

On est en plein dans l’aire du numérique, et par conséquent des arts numériques (interaction, jeux vidéos, applications, web design, photo numérique, vidéos full HD 4K et plus…) et on assiste parfois à la course à la résolution. Pour faire le parallèle avec la photo, ça me rend triste quand on parle de qualité d’image uniquement en se référant au nombre de pixels.

Les arts et les technologies évoluent ensemble et je pense que tout est possible question avenir des outils de création, avec plus ou moins de succès, pendant une période plus ou moins longue selon les modes.

En tout cas, après avoir vu une machine à tatouer programmée et automatisée sur ordinateur, je me dis qu’on peut s’attendre à quelques surprises, bonnes ou mauvaises.

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© Benjamin Favrat et Apolline Couverchel

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

C’est une sorte de challenge quotidien, mais je dois dire que le dernier gros projet sur lequel j’ai travaillé a été à la fois le plus difficile, et le plus satisfaisant : Flow 612. On nous a demandé à Apolline Couverchel, scénographe, et moi, de réaliser en collaboration le décor d’une installation à danser pour le jeune public, sur le thème de la jungle. On était une équipe de 6, avec responsable de l’interaction, un musicien, et un responsable technique, dirigés par le chorégraphe Daniel Larrieu. Apolline et moi dessinons beaucoup à la main, et on voulait un rendu « artisanal ». Apolline s’est chargé des textures, et détails de plantes et fleurs, au micron et Staedler, et j’ai utilisé un set de 12 Copic Sketchs gris froids pour faire les fonds. Le tout sur du layout A4 dans le but d’être scanné et imprimé sur toile.

Les aplats d’encre faisaient ressortir la texture du papier, et donnait du grain, presque du grain photo à l’image. Comme on voulait que les plantes soient lumineuses, comme s’extirpant de la densité de la végétation, on avait besoin d’un fond noir. Pour transformer le papier blanc en fond noir, on a travaillé en négatif. On a donc noirci tout ce qui devait être lumineux. Puis scan de l’ensemble des végétaux, « repositivé » et passé en noir et blanc sur photoshop, et on a construit notre décor comme ça. On a ensuite intégré les dessins des enfants et filtré l’ensemble pour interagir avec la lumière.

J’avais un peu peur de la qualité après impression, parce qu’on a tout dessiné sur du A4, et la toile fait tout de même 3m de haut sur 17m de long (soit un agrandissement de plus de 10 fois par rapport au format initial), mais le rendu est génial, on a un aspect quasi photo-réaliste et très immersif. Les enfants semblent apprécier, tout le monde est content. Ça a été une expérience humaine très riche, vis à vis de l’équipe, et aussi par rapport aux enfants de l’école qui nous a invités. C’était également un travail en binôme qui m’a appris beaucoup, et un échange très intéressant avec la lumière, la musique, et le mouvement évoqué par la danse. L’installation est artisanale, mais tout le mécanisme est digital, le décor a été fait à la main mais numérisé pour être filtré et imprimé… un bon exemple de pluridisciplinarité dont je parlais plus haut. C’était une très belle expérience.

Flow612_instal1

Flow612_instal3

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier? 

Je ne suis pas très bien placé pour donner des conseils, mais je lui dirais d’être curieux, créatif, et de travailler, travailler travailler, et surtout de s’accrocher. Le travail en freelance n’est pas facile, il faut être bien organisé, autonome, polyvalent, réactif et rigoureux… comme dans tout métier en fait… (rires). C’est en tout cas une belle aventure.

illu cavalier cadreQuels sont vos projets futurs ? 

Alors en vrac :

– J’adorerais retravailler en équipe. Après deux ans à travailler seul, et après l’expérience de Flow612 ces mois derniers, je me suis rendu compte que la dimension humaine et l’échange entre créatifs me manquaient.

– Même si j’adore le calme de la montagne, il est fort probable que je m’installe à Paris avant la fin de l’année.

– Je travaille en ce moment sur l’illustration d’une histoire de sorcière écrite pas une amie conteuse.

– Je voudrais bosser sérieusement mon book tattoo en vue d’une recherche d’apprentissage.

– J’aimerais trouver le temps de travailler le motion design et l’animation.

– J’aimerais aussi faire un artbook sur le thème des marins, et terminer « Cœur de Brigand », que j’ai commencé l’année dernière, ainsi que « l’aventure arctique ».

Sans parler des projets photo, mais ça c’est une autre histoire.

insta Sketchbook RENDR

 

Pour me retrouver sur internet :

Web : www.benjaminfavrat.com

Instagram : @ademainbenjamin

Facebook : Ademainbenjamin

A bientôt !

Merci !

Comment colorier des yeux Manga avec les feutres COPIC

par Manon, blogueuse invitée.

Bonjour à tous! Je m’appelle Manon et je vais avoir 14 ans dans pas longtemps.
Aujourd’hui, je vous propose de vous apprendre ma façon de colorier les yeux de manga avec des feutres copics (ici, nous utiliserons des copics « ciao »).
Dans mon cas, je vais faire l’oeil bleu.

photo 1

1. Tout d’abord, il faut prendre la couleur qui se rapproche le plus du blanc pour faire des dégradés. Moi, je prend le B12, mais j’aurais aussi pu prendre le B00.

Après avoir choisi le feutre qui conviendra le mieux, coloriez l’oeil avec.

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2. Ensuite, il faut prendre une couleur un tout petit peu plus foncée, mais pas trop, pour faire la pupille de l’oeil. Personnellement, je prends le B24.

Tracez l’ovale dans l’oeil pour représenter la pupille.

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3. Prendre une couleur plus foncée (moi, le B18). Avec le feutre, tracez une ligne au milieu de l’oeil. Puis, coloriez la partie supérieure avec le même feutre (sans colorier la pupille).

Toujours avec le feutre (oui, encore xD) tracez 2 traits symétriques qui se rejoignent vers le bas, sans se toucher.

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4. Normalement, la pupille est en 2 parties grâce à la ligne qui traverse le milieu de l’oeil.

Coloriez la partie inférieure de la pupille avec le même feutre que l’étape précédente.

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5. J’utilise le B23 pour faire des dégradés en l’appliquant sur « la ligne de la moitié de l’oeil » (et au dessus) pour ne pas qu’on reconnaisse qu’il y a eu une ligne (si vous ne comprenez pas, regardez la photo :p)

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6. Répétez l’étape 4 avec un feutre plus foncé, moi je prendrai le B39 ! Faire aussi les dégradés (étape 5).

Refaire cette étape plusieurs fois jusqu’a ce que le résultat soit satisfaisant.  Vous pouvez aller jusqu’au feutre noir (repasser aussi sur les 2 traits).

photo 7

7. Grâce à un stylo blanc, je vais faire le contour de la pupille, ce qui donnera « de la luminosité dans l’oeil ».

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8. Toujours avec le stylo, je fais les reflets et les derniers détails !

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Et voilà! J’espère avoir été assez claire ^^ »

Je vous retrouve bientôt dans un nouveau tuto! 😀

Manon

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Comment réaliser une ébauche de Gotham City aux feutres COPIC


Par Bernard Bosques, Blogueur invité.

Bonjour à tous,

Pour cette ébauche librement inspirée des ambiances de GOTHAM CITY (la ville de Batman) j’ai utilisé différents feutres de la marque COPIC.

gotham-city

TECHNIQUE :

En raison des grands à plat de couleur que représentent les vitrages des façades j’ai utilisé les feutres à pointe large Copic WIDE: W1, W3 et W5 (gris chaud), j’ai pu ainsi couvrir de grandes surfaces sans laisser de traces pour garder de la tenue au dessin. Les petites parties plus fines j’ai utilisé les Copic multiliner et les Copic Ciao pour finaliser certaines parties.

Dans la conception de ce dessin le décor sert d’écrin au personnage en pleine lumière.

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L’ENCRAGE :

Le dessin de héros comics requiert une grande précision au niveau des proportions et de l’encrage.

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La précision du trait est primordiale, la moindre nuance en dessin peut modifier l’expression. La gamme Copic comporte une série de marqueurs calibrés pour l’encrage d’une grande précision, j’ai utilisé en fonction du dessin le Copic Multiliner SP BS black , ce feutre permet de manier avec dextérité les pleins et les déliés avec une grande précision.

super—gotham

Maintenant à vos feutres !

copic-gotham

Merci de votre lecture et à très bientôt sur le blog COPIC !

Bernard BOSQUES

Interview de Valentin Boogaerts, designer de jeux vidéo

 

Quel est votre parcours ?
Je suis né au début des années 80 dans une famille d’artistes où j’ai eu la chance d’avoir très tôt des crayons, feutres et pinceaux entre les mains. N’aimant pas l’école, seul le dessin et les jeux vidéos (encore très nouveaux à l’époque) me passionnaient. J’ai donc travaillé dans l’unique but de rentrer à l’école Estienne à Paris où j’ai appris les bases de tous les domaines artistiques  (excepté l’infographie qui en était à ses débuts mais que je pratiquais en autodidacte), puis la prestigieuse école des Gobelins qui ma permis d’être au contact des meilleurs et m’a ouvert beaucoup de portes.

J’ai donc pendant 17 ans traversé tous les spectres du design graphique : modélisation 3D dans les jeux vidéos, communication visuelle pour des marques de luxe,  animations flash, affiches de cinéma (Fox, Pixar…), presse musicale et web design en Chine où j’ai vécu quelques temps.

Mais,  il y a maintenant 3 ans, je suis tombé par hasard dans la création de jeux vidéos mobile/tablette qui est le domaine le plus épanouissant et intéressant dans lequel j’ai travaillé. C’est à chaque projet un vrai bonheur d’évoluer dans cette discipline qui requiert beaucoup de techniques que j’ai pu apprendre toutes ces années.

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Quand avez-vous su que vous vouliez devenir designer de jeux vidéo ?

Mon premier souvenir concernant mon futur métier était de devenir « inventeur de jouets » je devais avoir 5 ans, mais lorsque mes parents m’ont offert ma première console de jeux (une Sega Master System) à l’âge de 7 ans j’ai su que c’était ce que je voulais faire bien qu’il n’y avait pas encore de nom à mettre sur ce métier. J’étais attiré non seulement par les jeux eux-mêmes mais aussi par les illustrations des boites de jeux vidéos, le design des consoles et des accessoires. J’étais d’ailleurs littéralement fasciné par les salles de jeux étant enfant, les images, les sons… Je me souviens de mes premiers pas d’enfant dans une salle d’arcade comme l’un des moments les plus intenses de ma vie.

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Que fait un designer de jeux vidéo? ? A quel stade intervenez-vous dans la production d’un jeu ?

Le jeux vidéo ayant évolué avec les nombreux supports technologiques et toutes les contraintes et possibilités qu’ils offrent, il y a désormais mille manières de pratiquer ce métier, aussi bien au niveau des outils, du style graphique que des structures.

On m’avait par exemple, proposé à la sortie des Gobelins de travailler sur le jeux Superman en 3D. Lors de mon entretien on m’avait expliqué que je ferais parti d’une grande équipe et que je passerai une année entière à ne travailler que … sur la cape de Superman. J’ai trouvé cette perspective effrayante et j’ai eu la chance d’avoir pu rentrer dans un tout petit studio avec beaucoup moins de moyens mais où j’ai pu goûté à cet esprit pur du jeux vidéo où l’on touche un peu à tout et on l’on doit constamment se surpasser pour combler les moyens limités.

J’ai eu la chance d’être formé lors de mon premier job de level designer par un prodige d’Ubi Soft, Antoine Le Clainche, qui m’a donné tous les outils nécessaires pour développer mon imagination, de persévérer dans la technique et qui m’a surtout transmis sa passion en me faisant réaliser que la création de jeux vidéos est une discipline à part entière.

Mon travail aujourd’hui consiste à réaliser de A à Z des jeux (logos, sprites, décors) pour mobiles et tablettes pour des studios. Les délais sont en général très courts, de 2 à 4 semaines et je dois m’organiser pour réaliser un jeu riche et attractif graphiquement, avec une personnalité propre et qu’il soit une réussite d’un point de vue marketing. Chaque projet est un tour de force car on peut me demander tout type de styles graphiques pour tout type de cibles. Je pense être devenu maso car plus le chalenge est fort et plus je prends plaisir à travailler dessus.

C’est la raison pour laquelle je ne peux montrer les rendus finaux de mes jeux ici, compte tenu des clauses de confidentialité entre mes clients et moi. Je dois être un des seuls graphistes dont le folio en ligne est protégé par mot de passe.

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Comment vous êtes-vous formé au dessin ?

J’ai grandi en partie juste en face du centre Georges Pompidou où j’ai passé beaucoup de temps très jeune à me balader. Mon père était illustrateur freelance et avait donc une bibliothèque d’art et de bandes dessinées très impressionnante. Il avait pour habitude de me donner de grandes feuilles de papier, format raisin, et de quoi dessiner pour que je laisse libre court à mon imagination. Les écoles d’arts ont ensuite pris le relais mais ce sont des métiers où il faut vraiment ne compter que sur soi pour progresser. C’est un sacrifice, des heures et des heures à dessiner pendant que les autres s’amusent, sortent et font la fête mais la satisfaction de se surpasser enlève tout sentiment de frustration.

De plus, il n’y a désormais plus d’excuse quand on voit le nombre impressionnant de tutoriaux sur Youtube permettant de se former sur à peu près n’importe quoi.

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Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les artistes que vous admirez ?

Hormis les inspirations que l’on acquiert lors de l’enfance et qui sont dures à déterminer (beaucoup de bandes dessinées classiques et de séries TV japonaises), je pense que l’on peut diviser ses inspirations en plusieurs familles. Pour ma part :

– Le manga One Piece, Docteur Kishiwada où les bandes dessinées de Jacovitti ou Gotlib pour la dimension créative. La création est un muscle qu’il faut quotidiennement travailler car c’est ce qui nous permet de garder ce lien avec l’enfance qu’il est primordial de préserver. C’est pour moi, ma plus grande force.

– Pour tout ce qui est des couleurs je suis impressionné par les coloris des illustrations du jeux Dofus. Ils ont des gammes fabuleuses et une manière très subtile de travailler leurs personnages avec des couleurs très vives, et des décors beaucoup plus feutrés, qui arrivent parfaitement à se mélanger. Je suis aussi un grand fan du magazine de déco intérieure AD qui donne un bon aperçu des tendances actuelles en terme de couleurs et de matières. Le jeux vidéo ne doit pas s’inspirer que de lui-même mais au contraire puiser dans les tendances des autres disciplines.

– Pour finir en terme de dessin pur, je suis de près le travail d’illustrateurs comme James Jean ou le Coréen Jung Gi Kim, qui ont un niveau qui frise le génie. Leurs travaux sont sublimes et j’invite tout le monde à s’intéresser à ce qu’ils produisent.

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A quel type de dessin s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?
Etant donné que mes clients me commandent des jeux avec des thèmes graphiques très différents, je dois sans cesse m’adapter et me renouveler. Il m’arrive de travailler dans un style très manga/kawaï, ou plutôt heroic fantasy, retro pixel ou parfois photo réaliste. Avoir un style propre trop marqué est à double tranchant. Vous pouvez subitement avoir un engouement pour votre travail mais qui vous fera tomber aux oubliettes dès que la mode sera passée à autre chose (et elle passe à autre chose beaucoup plus vite que l’on croit).

Pour moi l’illustrateur se doit d’être comme un pianiste, il a ses préférences de styles mais sa technique parfaite doit lui permettre de jouer aussi bien du classique que du jazz. Pensez-vous comme un couteau suisse qui s’adapterait à tout type de problématique plutôt que de vous enfermer dans une niche graphique…

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Comment organisez-vous votre studio, votre lieu de travail et quelle est votre routine quotidienne de travail ?

Mon workflow se divise en deux parties distinctes :

1) Une boite portative qui comprend un ipad (pour afficher mes modèles photo si besoin) et une soixantaine de COPIC ainsi que le matériel de dessin de base qui va me permettre de sketcher mes idées avant de les présenter aux clients. Je travaille systématiquement l’après-midi à l’extérieur, dans des cafés ou des espaces de co-working très populaires en Asie où je suis actuellement.

La tâche est de tout réaliser avec mes COPIC (sprites, icones, illustrations, logos)  afin de gagner un maximum de temps pour la suite et surtout de permettre à mes clients de valider l’esprit graphique. Les sketches sont en général très proche des versions finales sous Photoshop, l’essentiel des idées et concepts graphiques étant déjà présents.

2) Puis je rentre à mon bureau ou j’ai ma workstation avec palette graphique Wacom et deux grands écrans 26 pouces. J’y réalise ensuite mes sketches en version numérique sous Photoshop généralement de 20h00 à 6h00 du matin. La nuit étant le meilleur moment à mon goût pour les sessions de travail. Toute la recherche ayant été faite en amont avec mes COPIC, la réalisation définitive est alors très fluide.

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Quel matériel utilisez-vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

COPIC sketch pour la colorisation, Copic Multiliner SP pour le dessin trait et une gamme de porte-mines des japonais Pyramid que je trouve très beaux et surtout bien lourd au touché. Au niveau des gommes j’utilise les gommes Rotring noire « TIKKY 20 » qui ont un pouvoir effaçant très efficace sans pour autant abimer le papier et l’encre des Multiliner.

Comment connaissez vous les COPIC ?

Je suis tombé dessus complètement par hasard au détour d’une allée d’un magasin d’art parisien il y a maintenant 3 ans. J’ai adoré la palette de couleurs, le logo et le design des feutres. C’est bête mais c’est ce qui m’a poussé à en acheter 2. J’avais arrêté à l’époque le dessin pendant près de 5 ans, me concentrant exclusivement sur l’infographie.

Une fois achetés je me suis remis à dessiner petit à petit, au début par nostalgie, puis au fur et à mesure que ma collection de COPIC grandissait, j’ai commencé à les utiliser systématiquement dans mon processus créatif. En voyant que les clients y étaient très réceptifs et enthousiastes, c’est devenu une étape à part entière de ma méthode de travail.

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Pourquoi avez-vous choisi COPIC ?

Il y a je pense deux aspects qui m’ont attiré vers cette marque. Le côté purement matériel qui pour moi est d’extrêmement bonne qualité, des encres très denses et qui permettent -tout comme le travail sous Photoshop- le mélange et surtout de travailler en couches de couleurs ; Et au passage, détail très important lorsque l’on fait des sessions de 4 ou 6 heures de dessin : les encres ne sentent pas.
Le second point qui me plait est que COPIC est aussi devenu un état d’esprit et je le comprend de plus en plus lors de mes voyages. Je rencontre presque tous les jours des jeunes étudiants en art, graphistes, stylistes ou designers qui, voyant ma Copic box sur ma table, viennent me parler et échanger avec moi.
Nous avons tous cette double passion du dessin en lui-même mais aussi du beau matériel. Je sens chez les utilisateurs de COPIC un peu cet esprit commun et amour de la marque elle même que l’on retrouve chez Apple.

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Quelle sorte de COPIC utilisez-vous et comment ?

Au niveau des couleurs j’ai une centaine de Copic Sketch et Marker. J’ai aussi quelques CIAO achetés au tout début de ma collection, que je donne petit à petit aux étudiants que je rencontre. Ce n’est pas grand chose mais c’est une manière de les encourager à progresser et d’échanger humainement.

Au niveau des encres j’en ai une cinquantaine qui correspondent aux COPIC que j’utilise le plus. Par exemple, mon COPIC « Moustard », que je n’utilise que quand je dessine de la nourriture et est toujours plein après 2 années car très rarement utilisé. En revanche mes gris, bleu et vert de base ont besoin d’être rechargés toutes les 2 semaines car je les utilise énormément.

Pour ce qui est du trait encré, je suis tombé amoureux de la gamme Multiliner SP. Les feutres sont très beaux et ont une densité qui les rend très agréable à utiliser. J’ai la gamme complète mais j’utilise surtout le 0.5 pour le dessin, 0.7 pour les outlines et 0.05 pour les détails.

Utilisez-vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

Travaillant généralement dans des lieux publics je ne peux pas utiliser les aérographes. J’utilise le blender surtout pour les effets de matière type vitre. Je blend sinon en général avec une couleur très claire.

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Sur quel support papier utilisez-vous les COPIC ?

J’ai des blocs de papier COPIC pour les grandes illustrations mais aussi du papier traditionnel pour le dessin de tous les jours qui nécessite parfois une mise en couleur. Trouver du bon papier n’est pas un exercice facile et j’ai dû en tester une bonne quinzaine avant de trouver un papier qui réagissait bien : Sketch book de chez Masterart.

On perd à peu près 20% de clarté des couleurs comparé au papier COPIC et le papier va absorber 15% d’encre en plus, mais c’est pas si mal car la plupart des papiers traditionnels, en plus de vider vos Copic en quelques jours, assombriront vos couleurs et feront baver vos encres.

Ne surtout pas négliger le choix du support papier car en voulant économiser en utilisant du papier cheap cela fini par coûter beaucoup plus en encre et pour un résultat graphique plus médiocre.

Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Chacun travaille un peu à sa manière mais pour ma part je colorie toujours sur une base de 3 nuances + 2 gris + couleurs de lumière. Si je dois par exemple mettre en couleur un poisson je remplirais d’abord avec un bleu très clair, puis un bleu medium pour la partie sombre et un bleu foncé pour les ombres. Je passe ensuite au gris W2 par exemple pour assombrir et blender mes parties obscures, puis un gros franchement plus foncé type T4 pour les zones franchement sombres.

Je repasse ensuite mes zones claires avec des couleurs hors gamme, par exemple du rose, du vert ou du jaune pour donner de la texture à l’ensemble.

Il faut évidement utiliser les couleurs en harmonie mais ne surtout pas hésiter à expérimenter et à oser des mariages contre nature. Mieux vaut un peu d’audace que l’on réfrènera avec le temps qu’être trop sage et de toujours s’enfermer dans les mêmes mises en couleur.

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Que conseilleriez-vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

Cela dépend évidement des budgets de chacun mais je conseillerai de constituer sa collection de la manière suivante :

1) Deux ou trois COPIC gris pour commencer à se familiariser en noir et blanc, sans en prendre des trop proches en terme de valeurs. Pour ma part j’aime mélanger des gris chauds et froids tels que le C1, N3 et W5.

2) Je conseille ensuite de fonctionner par couche, c’est-à-dire d’acheter un feutre clair de chaque gamme : une bonne couleur de peau (E02 par exemple), un bleu ciel (B00), un vert clair (G12), un rouge pas trop foncé (R27), un jaune (Y15), un orange (YR16) et un marron (E33).

Cette première gamme de 10 COPIC vous permettra de dessiner à peu près n’importe quoi en jouant sur les valeurs avec vos différents gris sans trop investir.

3) Vous pourrez ensuite, petit à petit, ajouter un COPICun peu plus foncé à chaque famille de couleur ce qui vous fera une gamme de 17 COPIC.

4) Pour la suite on peut continuer ainsi comme je l’ai fait pour au final avoir 10 COPIC pour chaque gamme ce qui me permet d’être polyvalent à tout type de sujet avec 60 COPIC.

J’ai ensuite à mon bureau pas mal de COPIC de couleurs plus marquées, moins utiles au quotidien mais qui me servent sur des sujets plus spécifiques.

Au niveau du dessin trait, je conseille d’investir tout de suite dans un multiliner 0.5 ou 0.3 qui permettra d’avoir un trait propre et précis et qui surtout n’interagira pas avec les encres. Vous pouvez ensuite, au fil du temps étoffer votre collection avec des mines très larges et très fines.

Prenez votre temps, choisissez les couleurs qui vous ressemble, chaque encre réagit différemment à une autre et vous vous familiariserez vite avec leurs différentes personnalités.

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Comment comparez-vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?
Ils sont pour moi totalement complémentaires. Je n’aurais jamais le rendu un peu plastique et sharp d’une illustration Photoshop avec un dessin, et je n’aurais jamais l’inspiration et le plaisir de dessiner sur papier en étant assis devant mon ordinateur.

Dans mon cas le dessin manuel précède systématiquement le travail infographique dans la chaîne de travail mais il a au final une place plus importante car c’est lui qui va déterminer l’esprit, la composition et donc le rendu final. Comme je le dit tout le temps, le sketch c’est 90% de l’illustration. La phase infographique ne sera que la retranscription de l’idée avec l’outil numérique.

Est il nécessaire de connaitre les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en infographie ?

Je pense que n’importe quel illustrateur se doit de connaitre un minimum Photoshop et/ou Illustrator. Vous pouvez facilement vous y former en 2 semaines et les possibilités ne serait-ce que de retravailler vos travaux et de les présenter sont immenses. Il y a évidement les palettes graphiques qui offrent une méthode de travail hybride, mais qui au final restent des approches infographiques beaucoup moins libre que le dessin papier.
Dans l’autre sens, la plupart des infographistes que je rencontre sont assez surpris de me voir travailler des icones ou des sprites sur papiers mais il suffit que je leur montre côte-à-côte les versions sketch et numériques pour qu’ils comprennent que c’est une interaction vertueuse et ils sont au final tous fascinés par ce retour au manuel pour améliorer le numérique.

J’ai fourni il y a peu quelques COPIC à un jeune infographiste thaïlandais qui a vraiment boosté sa créativité et même sa technique avec ma méthode. Le fait de délaisser un peu sa Wacom, de se concentrer sur le papier et la créativité pure est je pense un retour à l’état d’enfant que l’on a tous été. Je le croise régulièrement et ses sketchs, pourtant destinés à des créations numériques, sont impressionnants.

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Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

Mon pire souvenir est mon premier pixel game. Mon client voulait un rendu identique au jeu Mine Craft mais sur un plan 2D. J’ai pris le problème à l’envers en voulant donner un aspect pixel à des créations qui ne l’étaient pas. Le résultat a été accepté mais à mes yeux peu concluant. J’ai depuis retravailler sur du pixel game mais en reprenant tout à zero. Je ne ferais plus l’erreur de vouloir adapter le but à mes moyens, en tant que graphiste c’est à nous de repartir à zéro, à apprendre de nouvelles méthodes graphiques pour satisfaire le client et coller au exigences graphiques du projet et de la cible.

Mon plus beau projet était à la base un « me too » d’Angry Birds (un me too  est un jeu inspiré d’un jeu à succès tout en étant différent) à qui j’ai réussi à insuffler une vraie personnalité et un vrai style graphique aux personnages. Le studio a adoré et m’a recommandé une suite en me laissant cette fois carte blanche. 1 mois de travail, 7 jours sur 7 en travaillant 13 heures par jours. J’étais physiquement complètement vidé mais jamais je n’ai été aussi fier d’un de mes jeux surtout qu’il a extrêmement bien marché auprès du public.

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans les métiers de l’infographie?

Ne comptez que sur vous-même pour apprendre ! Observez, analysez, les gens, les objets, l’architecture, les vêtements, à chaque moment de la journée. Intéressez-vous à tous, non seulement aux domaines graphiques mais aussi à des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé auparavant, telles que la mécanique, les insectes, la géologie ou la mythologie. Chaque chose que vous assimilerez sera une force supplémentaire à votre pouvoir créatif et votre capacité de répondre à une demande. Même si vous êtes passionné par des univers précis, heroic fantasy, espace ou zombis, forcez-vous à vous intéresser à des choses différentes, ne vous enfermez pas.

Vous devrez bloquer une partie de votre temps sur l’apprentissage des outils qui ne sont pas si compliqués mais qui demandent beaucoup de pratique pour acquérir des automatismes et vous faire gagner du temps plutôt que de vous en faire perdre.
La dernière chose est d’avoir conscience que vous vous engagez dans une voie impitoyable, ou vous devrez travailler plus que tout le monde et cela toute votre vie. Le métier est ingrat lorsque l’on n’a pas de reconnaissance pour son travail mais c’est un bonheur sans limite d’être payé et récompensé pour exercer sa passion.

Amusez-vous, osez, mais soyez rigoureux, faites-en sorte de satisfaire vos clients et de leur faire gagner beaucoup d’argent avec vos créations. Ne soyez jamais satisfait de votre niveau graphique. Soyez prêt à progresser chaque jour de votre vie et à ce que votre quête n’ait jamais de fin.

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Quels sont vos projets futurs ?

Je monte à la fin du mois de juin mon studio de jeux vidéo qui verra naître mon premier projet 100% personnel qui devrait être disponible en septembre si tout se passe bien. C’est un jeu mobile/tablette très riche graphiquement et qui aura la particularité d’avoir été entièrement conçu et sketcher avec des COPIC. Les nombreux art works seront donc consultables à travers une section du jeu. Mon but étant de réunir ma double culture dessin/infographie, d’en tirer le meilleur et, pourquoi pas, attirer d’autres graphistes dans cette voie image.

Pour contacter Valentin Boogaerts, rendez-vous sur: 

 http://instagram.com/tino_copic

Interview de Stefano Tamiazzo, auteur, dessinateur BD et directeur artistique de l’Ecole Nationale de la Bande Dessinée de Padoue

Quel est votre parcours ?

Je suis né en 1968 dans une famille de tradition militaire dans l’aviation. Mon père et mon frère lisaient des bandes dessinées comme un hobby. Lorsque nous étions enfants la tradition du dimanche matin était la lecture des bandes dessinées dans le lit. A l’époque, c’était un luxe pour moi. C’est ainsi qu’a commencé mon amour pour cette façon unique de raconter des histoires

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir illustrateur ?

À l’âge de 14 ans, j’ai acheté une bande dessinée intitulée «L’homme du Zoulouland » « écrite et illustrée par Gino D’Antonio. Elle appartenait à une série intitulée « Un homme une aventure. » Coup de foudre pour ce volume de grand format en couleur ! Mais la bande dessinée italienne n’était pas tendance … Peu de temps après, j’ai découvert ce qu’était le modèle de bande dessinée franco-belge. Après la lecture de ce volume, ce que je voulais faire de ma vie m’est apparu clairement, je voulais dessiner des BD. 01 Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Ma formation est totalement autodidacte. Adolescent, je voulais être dessinateur réaliste, mais je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas ma nature. Je tendais vers la ligne claire, avec un dessin grotesque, et j’ai décidé d’aller dans ce sens. Les résultats furent remarquables, parce ce que je m’amusais, tout simplement.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes principales sources d’inspiration sont les livres d’histoire, les vieilles photos et les films. Ce sont trois passions qui m’accompagnent depuis toujours. 02 Les artistes que vous admirez ?

Tardi, Giardino et Miyazaki sont les auteurs qui m’ont le plus influencé de façon tangible en ce qui concerne le dessin. Ce sont les auteurs que j’ai le plus copié, essayant de capturer cette magie que je pouvais voir dans leurs planches. Parmi ceux que j’admire sans condition, en plus des trois ci-dessus: Sergio Toppi, Juan Jimenez, François Bourgeon, Enki Bilal, Hugo Pratt, Attilio Micheluzzi, Loisel, Juanjo Guarnido, Moebius, Satoshi Kon, Katsuhiro Otomo, Will Eisner, Enrico Marini. La liste est longue. 03 A quel type de BD s’apparente votre sensibilité ? Votre travail ?

Tout ce que je sais, c’est que le réalisme ne m’intéresse pas, ni en ce qui concerne le dessin, ni pour les histoires. Je suis convaincu que le dessin grotesque a des possibilités expressives largement supérieures au dessin réaliste, et j’estime donc qu’il est capable d’aborder tout type d’histoire ! Il est vraiment important de ne pas tomber dans le ridicule, et de rechercher l’harmonie entre le dessin et le récit . D’ailleurs, le dessin est une métaphore, que chaque dessinateur exprime au travers du filtre de son point de vue très personnel. Le lecteur est juge.

Comment organisez vous votre studio, votre lieu de travail ?

Mon atelier est divisée en trois petites salles.Le premier est là où je dessine. Je dessine sur une vieille table de la cuisine de mon enfance… Il y a une table lumineuse, un petit téléviseur, un lecteur DVD, des livres, des bandes dessinées, et des DVD, des outils de dessin, deux ukulélé et une figurine de Laputa dont je m’inspire au besoin. Ce sont des allers retours permanents à la librairie tout en travaillant! Dans le second, il y a deux ordinateurs, un Mac, un PC, une bibliothèque avec plus de 2500 titres, un lit et 5 ukulélé. Dans le troisième, il y a un photocopieur, le dépôt où je garde les planches originales , des croquis, des scénarios … et juste un ukulélé. 09 Quelle est votre routine quotidienne de travail ?

J’aimerais avoir une routine de travail, mais ça m’est impossible ! Je joute chaque jour entre écrire et dessiner des bandes dessinées, ainsi que mon activité de directeur artistique à la Scuola Internazionale di Comics Page Facebook ( École Internationale de la Bande Dessinée, 9 lieux en Italie et un aux États-Unis, à Chicago). C’est une école de formation dans laquelle plus de 30 professionnels de la bande dessinée, de l’illustration, du cinéma d’animation, des arts graphiques, des jeux vidéo, etc. enseignent le métier à des centaines d’étudiants dans le nord de l’Italie.

Quel matériel utilisez vous pour le crayonné, l’encrage, la colorisation ?

J’utilise les Micromine HB, B, B2, B6 pour les crayons et les marqueurs COPIC pour les storyboards. Pour l’encrage j’utilise des Rapidographes de différentes marques et des fude pen. La coloration est réalisée avec des marqueurs Copic et des crayons de couleur. La table lumineuse A3 est fondamentale dans mon processus de travail. 04 Comment connaissez vous les COPIC ?

J’ai découvert les COPIC par un collègue dans son atelier il y a un peu plus d’un an. Je suis rentré chez moi très intrigué et j’ai commencé à chercher des informations sur Internet.J’ai découvert le site Copic France et ai commencé à expérimenter quelques jours plus tard.

Pourquoi avez vous choisi COPIC ?

La réponse est simples, les marqueurs COPIC sont les meilleurs. Une gamme complète, les produits sont fiables, avec des recharges fonctionnelles et des conseils parfaits dans l’assortiment et la qualité. L’ensemble de gris est sans comparaison. 05 Quelle sorte de COPIC utilisez vous et comment ? J’utilise à 90% des COPIC Sketch mais aussi les COPIC « classiques », COPIC Wide et COPIC Multiliner (je n’utilise les Mutiliner que dans la phase d’encrage). Les COPIC sont à la base de ma technique de coloration.                                                                                                                                                                                                                               Tout d’abord, il y a:

A) Le  » color concept « , quel genre d’atmosphère donner à l’histoire à travers la couleur. Une histoire de science-fiction a des besoins différents d’une histoire qui se déroule au cours de la Belle Epoque. C’est une phase très importante. Vous devez expérimenter constamment et ne pas avoir peur de faire des erreurs pour trouver la bonne atmosphère. Si vous faites une erreur à ce stade tout le travail après aura du mal à décoller.

B) Le choix d’une palette de couleurs cohérentes à utiliser. Les couleurs ne doivent pas être trop nombreuses, et dans la façon dont je travaille, compatibles avec des couleurs neutres. Étant donné que lorsqu’on lit une BD deux pages se font face et donnent beaucoup d’information, une couleur doit ressortir pour attirer l’attention du lecteur. 06 A quel moment du processus de création d’une bande dessinée utilisez-vous les COPIC ?

L’étape de coloration est la dernière du processus de création d’une bande dessinée et est presque entièrement réalisée aux COPIC, avec des retouches aux crayons de couleur. C’est une étape très délicate car je place les couleurs directement sur l’original !

Utilisez vous le blender/mélangeur ? Les aérographes ?

J’utilise le blender dans certaines situations spécifiques comme pour les effets spéciaux: l’eau, les murs et la brique pour le moment. Mais si besoin, je fais des essais. Le blender mélange très bien et surtout surtout il est facile à remplir. Je ne utilise pas l’aérographe COPIC car le processus de protection avec les masques est trop long à mon goût.

Sur quel support papier utilisez vous les COPIC ?

J’utilise les papiers Winsor et Newton A3 « grain moyen » 220 grammes. La couleur s’étend bien et je peux intervenir si nécessaire avec d’autres types de couleur. Tous les types de papier que vous utilisez ont un rendu différent. Il est important d’en tenir compte et faire des tests sur différents papiers. 07 Quelles sont les combinaisons de couleurs COPIC que vous utilisez le plus et pourquoi ?

Warm Gray, Cold Gray neutre et toner sont les bases de ma façon de mettre en couleur. Je n’aime pas les couleurs fortes, flash. Pour cette utilisation, les couleurs dites « neutres » permettent d’abaisser la saturation de certaines couleurs. Parmi mes combinaisons préférées (en plus du gris bien sûr) il y a E 70-71-74, BV 20- 23- 31, E 41- 42- 43- 44 et BG 90, 93, 96.

Que conseilleriez vous à un jeune artiste en couleur et équipement COPIC ?

La question clé est d’étudier la « méthode COPIC »: le nom de la couleur, la classification de couleurs avec des initiales, le degré de saturation et de la luminosité, tous les deux en chiffres. Tout le monde essaie de sauter cette partie , mais il est crucial de choisir les bonnes couleurs et ainsi économiser un peu d’argent. Ce sont des notions que l’on trouve à la fois sur papier et sur le web … comme sur le blog Copic France, là où je les ai trouvé.                                                                                                                                                                                                                   Je conseille globalement de travailler avec peu de couleurs; aux débutants mais aussi aux gens avec plus d’expérience. Au début, vous pouvez vous servir que d’une combinaison de trois gris chauds (W1, 3, 5) et 3 froids (C1, 3, 5) et une paire de couleurs à choisir, en fonction de votre sensibilité. J’aime particulièrement le BV 23 et le E 70. L’important,  c’est que ne soit pas des couleurs trop lourdes afin de pouvoir les utiliser en combinaison avec du gris. 08 Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique ? Quand/Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?

La différence entre utiliser l’ordinateur et le marqueur, est dans la matière. Ceux qui travaillent avec l’ordinateur n’ont pas la matière. L’informatique et les marqueurs peuvent certainement être utilisés ensemble, et au début de mon approche avec COPIC j’ai pensé à travailler sur photoshop en « post-production ». Mais en quelques semaines, j’ai changé d’avis et éliminé l’ordinateur dans la phase de création de la coloration de la page. J’utilise l’ordinateur uniquement pour numériser les originaux.

Est il nécessaire de connaître les deux types d’outils ? Comment voyez vous l’avenir en terme d’outils de création en bande dessinée ?

Il est certainement utile de savoir comment utiliser le numérique et les techniques de coloration traditionnelles. Un professionnel doit être capable de faire un peu de tout. Je ne parle pas au nom des autres, mais mon avenir en ce qui concerne la couleur est surement liée au COPIC. La plupart des BD sont colorisées à l’ordinateur … mais aujourd’hui ce qui est numérique … est sans matière. Une page colorée avec les marqueurs COPIC a un impact visuel très physique, vous pouvez en faire des expositions, vendre les originaux. COPIC est pour moi un mode de vie !

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?

La série de science-fiction steampunk « La Mandiguerre«  publié par Delcourt, écrit par Jean David Morvan et avec mes dessins était en même temps difficile et aussi très satisfaisante. J’ai toujours été habitué à travailler seul, et le travail avec une autre personne est toujours un défi. La collaboration est essentielle pour stimuler un projet. Avec cette série publiée également en Italie, j’ai eu l’honneur de recevoir une nomination pour le meilleur dessinateur italien.  mandiguerre Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?

Préparez-vous bien, à fond, sérieusement ! En autodidacte ou dans une école spécialisée, bien étudier l’anatomie , la perspective, la théorie des ombres et tous les principes fondamentaux de dessin pour la BD. Bien comprendre ce qu’est le « story-telling ». Bien dessiner est important, bien dessiner la bande dessinée est autre chose !

Quels sont vos projets futurs ?

Je suis actuellement à la recherche d’éditeurs de langue française pour ma nouvelle série BD. Dans le cas d ‘édition en France, le projet a déjà une option éditoriale italienne et une néerlandaise. Les images de cette interview sont de cette série d’aventure écrite et dessinée par moi. La série se déroule en France entre 1894 et 1914, c’est l’histoire d’un groupe de personnes très spéciales dans l’apparence et la culture, forcées à sortir dans le monde, ce qui n’est pas une chose aisée lorsque vous êtes similaire à des monstres.

https://www.facebook.com/stefanotamiazzo.bd/

https://cynocephales.tumblr.com

http://www.pinterest.com/stefanotamiazzo/nouveau-projet-bd/

Comment colorier des cheveux Manga avec COPIC

Par Ay-leen, Blogueuse invitée.

Bonjour à tous !

Dans ce tutoriel je vais vous montrer comment colorier les cheveux avec des feutres Copic, aussi bien noirs que d’une autre couleur car ma méthode reste la même.

En espérant que ça vous sera utile, surtout à ceux qui m’ont demandé de réaliser ce step by step !

– 2 personnages : Yui et Natchi ;

– Bristol format A4 ;

Pigma Micron ;

Copic Sketch et Ciao ;

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Voici les feutres que je vais utiliser pour colorier les cheveux de ce cher Natchi (bien que le noir ne m’ait absolument pas servi en réalité).

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La technique :

Avant toute chose, sachez que pour réussir la technique que je vais vous présenter, il vous faut des feutres ayant une mine pinceau. C’est grâce à sa souplesse que l’on peut réaliser des traits plus fins et moins forts en encre.

Pour se faire, il suffit simplement d’appuyer normalement sur la mine et, avec un geste léger, tracer un trait en relâchant la pression. Vous pourrez ainsi avoir un trait moins dense sur l’extrémité, comme ci-contre.

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La lumière :

L’un des éléments les plus importants dans un dessin. Avant de commencer toute composition, il faut que vous sachiez à l’avance où la lumière sera placée pour savoir exactement comment procéder lors de la mise en couleur.

Ici, la lumière se trouve derrière les personnages, soit à leur gauche si on se place de leur point de vue.

Les reflets sur les cheveux se trouveront donc ici.

J’ai oublié de prendre une photo avant se commencer la colo, désolée…

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La mise en couleur – 1ère partie :

Passons au vif du sujet !

La mise en couleur pure et simple.

Je commence donc par poser la couleur la plus claire, ici le W1.

J’ai pris l’habitude de commencer par colorier les extrémités des mèches et de remonter en utilisant la technique citée plus haut. Je reproduis le processus en continuant avec le haut de la tête, en veillant bien à conserver des zones blanches, qui délimitent les reflets de lumière.

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La mise en couleur – 2ème partie :

Je refais la même chose mais avec un ton au dessus avec le W3.

Une fois encore, je veille à garder une zone blanche, bien que je la comble par endroit pour créer des mèches.

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La mise en couleur – 3ème partie :

Idem que l’étape 2 avec le W5.

2 passages.

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La mise en couleur – 4ème partie :

Idem que l’étape 3 avec le W7.

Les cheveux sont plus détaillés. Pour cela, j’ai fait de légers passages, en appuyant à peine sur la mine pour avoir des traits plus fins.

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Et voilà, c’est terminé !

Il ne reste plus qu’à fignoler les petits détails avec le crayon gel blanc et le dessin est complètement terminé.

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Merci d’avoir suivi ce tuto !

Par Ay-Leen

http://alineberger.daportfolio.com/

https://www.facebook.com/ayleensart

http://ay-leen.deviantart.com/?rnrd=23964

Comment dessiner le personnage de Manga « Tako » au COPIC

 

Par Jérémie Leroi, Blogueur invité.

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vous propose de jouer un petit peu avec ce dessin de « Tako » qui rend hommage à l’immense Bruce Lee. Promis, on fera aussi un tour du côté de Jacky Chan un de ces jours !

Après quelques coups de crayons…

Tako-crayonné

Et deux ou trois autres de pinceau…

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On peut maintenant sortir nos marqueurs à alcool COPIC SKETCH !

J’ai scanné puis imprimé l’illustration sur du Bleedproof Marker Pad COPIC, c’est plus sûr en cas d’erreur car certaines encres (même bien sèches) et feutres à alcool font rarement bon ménage.

Avec ce premier dessin, nous allons faire simple et utiliser le moins de feutres COPIC possible. Au fil de nos rendez-vous nous aborderons des techniques et des illustrations parfois plus complexes et nous nous ferons plaisir en utilisant et mélangeant un maximum de couleurs puisque la large gamme de COPIC SKETCH nous le permet (haaaa… le plaisir d’utiliser 3 ou 4 feutres couleur chair sur un visage…).

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et évitons de nous disperser pour une première fois. On peut faire des illustrations très efficaces avec moins de dix feutres.

Première règle de base quand on commence une illustration au feutre : démarrer par les couleurs claires (ici, comme souvent, la peau). Ne jamais mettre en contact son feutre COPIC E21 Baby Skin Pink (qui me sert ici à faire la peau) avec, par exemple, un marron ou un rouge foncé déjà appliqué sur le dessin. Vous risqueriez de salir la mine du COPIC E21 et de gâcher de l’encre pour le nettoyer.

Coloriez toutes les zones qui doivent l’être sur l’ensemble du dessin avec le feutre COPIC SKETCH de façon à éviter ce genre de désagrément.

Je commence par les petites parties « fermées » du visage. C’est le plus simple !

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Je descends petit à petit sur le visage en partant du front et en coloriant de façon bien uniforme, sans trop me presser, le trait du pinceau toujours dans le même sens pour que le rendu de la couleur soit le plus homogène possible.

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Il est toujours plus difficile de colorier de grandes zones. Du coup, j’accélère un peu le rythme de mon poignet en m’aidant des traits noirs du dessin pour délimiter des zones de coloriage.

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Je fais la main gauche facilement parce qu’on peut allégrement dépasser sur l’aplat noir du pantalon.

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La main droite… Les « plaquettes de chocolat »…

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Et je dégaine mon feutre COPIC E11 Barley Beige pour rehausser la peau de quelques ombres.

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Je procède par petites touches. Pas la peine de barbouiller d’ombres dans tous les sens.
Ça donne tout de suite du relief au dessin.

Le bras droit est en arrière. Il est donc – presque – totalement «ombré».

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Ces petites touches d’E11 apportent le relief nécessaire aux abdos.

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Je souligne les ombres des plis du vêtement à l’aide d’un COPIC N1 Natural Gray No.1

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Comme je veux que le nuage de fumée soit discret j’utilise un gris très léger (COPIC Cool Gray No.0).

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Pour que le bas du nuage soit bien droit, je fais mon flemmard et je délimite la zone à colorier avec une feuille de papier brouillon.

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Voilà. Il ne manque plus que quelques petites touches de couleurs.

Une petite touche de feutre COPIC YG03 Yellow Green pour les mirettes…

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Et un point de COPIC YG17 Grass Green, plus sombre, pour intensifier le regard.

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J’ai un peu débordé en coloriant la peau mais ça n’est pas grave : je savais que j’allais mettre une couche de mon COPIC RV34 Dark Pink chéri sur les tentacules du tatouage.

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Un peu de COPIC V12 Pale Lilac sur la partie supérieure du tatouage pour le rehausser et qu’il ne soit pas trop « plat ».

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Pas indispensable (je chipote) mais, comme un des tentacules est dans l’ombre, je rajoute un tout petit peu de COPIC E04 Lipstick Natural pour l’assombrir.

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Et voilà. Simple mais efficace (j’espère !).

On se lâchera sur les ombres et les dégradés très prochainement, promis. Les cheveux aussi – et le blender devrait pointer le bout de son nez !

Merci de votre lecture et à très bientôt sur le blog COPIC !

Pan Pan Yama (twitter.com/CMCComic)

Interview avec Reno Lemaire, mangaka français, auteur de DREAMLAND

 

Interview de RENO LEMAIRE avant la sortie du tome 14 de DREAMLAND le 25 Juin 2014. Reno est le créateur de ce manga français édité chez Pika Editions, avec 13 tomes parus depuis 2006. 

Reno a la trentaine et vit à Montpellier. DREAMLAND, sa première série, raconte les aventures de Terrence, Montpelliérain de 18 ans, qui mène une double vie: lycéen timide le jour éperdument amoureux de Lydia, une fille de sa classe, et  “contrôleur du feu” la nuit dans Dreamland, le monde des rêves, peuplé de créatures étranges et merveilleuses, parfois dangereuses. Car il y a deux royaumes à Dreamland: celui des rêves, et celui des cauchemars…

Nous vous invitons à découvrir le monde de DREAMLAND et à suivre Reno sur sa page Facebook: Reno-Dreamland.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.

Couverture du tome 14 de DREAMLAND, en librairie le 25 Juin. Colorisation aux COPIC.


Reno Lemaire, quand avez-vous su que vous vouliez devenir auteur de bandes dessinées ?
J’ai décidé très tôt que je voulais faire de la BD. J’ai réalisé ma première bande dessinée à 7 ans en CE1. Inventer une histoire, faire parler des personnages qu’on a imaginé, les faire évoluer dans pleins d’aventures différentes, avec seulement un crayon à papier et des feuilles, j’ai trouvé cela grisant, excellent, obsédant, vital !

Dreamland, manga de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.


Comment vous êtes vous formé au dessin ?

Influencé par mes lectures du moment, de mes 7 ans à 25 ans j’ai du réaliser plus de 350 bandes dessinées, des ersatz de Tintin, Scrameustache, le Petit Spirou, Asterix, Manu, Le Roi Lion ect… A l’adolescence, avec le manga, mes BD sont devenues des séries, une série avec des loups super sayen qui se bastonnent, il y avait plus de 150 chapitres de 12 pages environs. Dragon Ball, Fly (Dragon Quest) Bastard, Saint Seiya, Gunnm ont été mes inspirations du moment…

A 17 ans j’ai commencé une série qui m’a suivi jusqu’à 20 ans, un record pour moi de dessiner pendant 3 ans les mêmes héros, 85 chapitres à peu près, avec le recul cette BD est clairement la grande sœur de Dreamland, les éléments réalité et imaginaire sont là, l’histoire se passe dans ma ville de Montpellier, beaucoup de personnages sont communs etc…

Dreamland de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.

Une page de DREAMLAND: tout commence avec le travail au crayon HB.


Quel a été votre parcours ?

Je dessinais le soir chez moi en rentrant des cours, le week end etc.  Je n’ai pas de cursus artistique, une scolarité médiocre, un bac gestion compta pour faire plaisir à maman, pas de cour de dessin, ni de fanzine. Je dessinais toujours tout seul pour moi et faisais rarement lire aux autres.

Passé le bac, à la fac d’art, j’ai rencontré plein d’autres dessineux. C’est assez essentiel de rencontrer d’autres passionnés, qui ont eu des parcours différents du votre, cela m’a permis de me situer, d’évaluer mon niveau, j’étais loin d’être le plus technique, j’ignorais ce qu’était l’encrage, la colorisation, la perspective, les volumes etc… du moins je n’associais pas ces mots à des techniques, je le faisais instinctivement.

Avoir fait plus de 2000 pages de bande dessinée à 22 ans, cela aide au niveau de la rapidité d’exécution. Le story board est devenu tellement naturel pour moi, que le dessin est juste une finalité pour raconter mes histoires.

Mon prof de cours de BD (en option) à la fac, Bruno Canard, m’a dit de me casser de là (la fac, son histoire de l’art, ses partiels qui ne servent à rien et ses cours que l’on sèche facilement) et de me lancer dans la bande dessinée, on était en 2002.

Avec Salim, mon binôme, rencontré sur les bancs de cette fac, on a tenté l’aventure, dossier et éditeurs, avec un projet béton qui est toujours en stand by pour nous.

Monter un dossier pro à deux cela prend du temps et ce n’est pas le même plaisir de création… Dreamland est né de là, le soir quand je rentrais de chez salim après avoir bossé (encrage, narration etc.) pour notre dossier, j’avais ce besoin vital de faire des pages, des héros, des aventures, pour moi, pour mon plaisir, sans se prendre la tête.

Dreamland  était né.

D’un simple mail aux éditeurs sans réelle envie de signer Dreamland, me voila propulsé dans le monde de la BD, et particulièrement du manga a la française, aventure rarement tentée avant sous cette forme dans notre pays.

C’était en 2004, je suis arrivé au bon moment, quand PIKA avec Pierre Valls sentait arriver la suprématie japonaise, et leurs futures exigences pour les licences à venir: il voulait avoir ses propres licences à exploiter.

Tout est parti de là. Bien sûr, le potentiel de Dreamland était séduisant aussi.

DREAMLAND manga français de Bruno Lemaire. Colorisation au COPIC.
Comment est organisé votre studio et quelle est votre routine quotidienne de travail ?
Je n’ai pas de studio, je travaille dans mon salon, 7 jours sur 7.  Ma journée « classique »: j’attaque à 9h30 – 10h, je mange un petit truc à 13h-14h, j’enchaine jusqu’à 21h, je reprends à 23h après le repas du soir jusqu’à 2h, 3h du matin.

En période de rush je pousse jusqu’à 6h du matin pour me lever à 11h. Le temps nous manque quand on fait du manga, alors j’essaie de grappiller des heures sur mon temps de sommeil quand c’est nécessaire, mais en moyenne ce sont des journées de 13h intenses, 15h voir plus en rush. Les tomes de Dreamland font plus de 215 pages, dont 8 en couleurs…

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation au COPIC.

Une page en couleur de Dreamland.


Quel type de matériel utilisez vous pour dessiner ?
J’utilise des pages au formats B4 bristol, un crayon HB tout simple pour mes crayonnés; j’encre directement dessus à la plume G et à l’encre de chine, je scanne et je trame à l’ordinateur. Quand vient le moment de coloriser je peux utiliser soit l’ordinateur, soit les techniques traditionnelles: aquarelle, feutre, dont les fameux COPIC

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux feutres à alcool COPIC.

Le COPIC SKETCH est très utilisé par les mangaka qui apprécient sa pointe pinceau extra souple.


Comment avez-vous découvert les feutres à alcool COPIC ?
J’ai découvert ces feutres en mattant les artbooks des artistes que j’affectionne, souvent à la fin on voit quelques clichés de comment ils ont réalisé la couverture de l’artbook etc… et je me demandais qu’elle était cette marque de feutre avec cette forme en pinceau et ces couleurs flashy. Lors de mon voyage au Japon en 2008 j’ai ramené du matos, dont un set de 72 COPIC SKETCH.

Dreamland, manga français de Bruno Lemaire, colorisation au COPIC.

Le set de 72 COPIC Sketch de Reno Lemaire utilisé pour Dreamland.


Comment les utilisez-vous?
Ils me servent à faire mes couvertures de tomes et des illustrations, ils tiennent encore bon, mais quelques teintes comme celles pour faire la peau sont quasiment vides. J’aime les COPIC SKETCH et leur mine pinceau car on a une bonne sensation et une bonne prise en main, pour un rendu des dégradés et des mélanges génial.

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Encrage à la plume et aux feutres de précisions Copic  Multiliner.

Après le crayonné, Reno encre à l’encre de chine avec une plume et aux feutres de précisions Copic Multiliner.


Comment comparez vous le travail au marqueur à alcool par rapport au numérique? Pourquoi utiliser l’un plus que l’autre ?
Il n’y a pas a comparer, ce sont des techniques différentes, pour des rendus différents avec des sensations différentes. Tout dépend de l’envie, et du plaisir sur le moment, l’ordinateur et les COPIC peuvent aussi être complémentaire. Pour moi coloriser aux feutres est un gain de temps, on a moins de « filet de securité » (touche « control Z ») ce qui vous oblige à y aller franco, d’aller à l’essentiel, et puis les odeurs, le toucher, le contact direct avec la feuille est un kiff pour moi. L’ordinateur est pratique et donne une infinité de possibilité en rendu, mais c’est un outil long à maitriser.

Est-il nécessaire de connaître les deux types d’outils ?
Dans l’absolu, il est nécessaire de tout connaitre ou du moins d’être curieux, mais cela ne se limite pas qu’à ces deux procédés, il y a tellement d’autres trucs à tester. Tout maitriser est impossible, avoir conscience que ces outils existent est déjà un grand pas. C’est enrichissant et cela permet de ne pas plafonner.

Parmi tous vos projets, lequel a été le plus difficile, lequel a été le plus satisfaisant ?    Aucun n’est difficile, aucun n’est satisfaisant. C’est du pur plaisir au moment de la créa, quand vient le temps du recul on se dit que cela aurait été mieux comme ça, puis au final, non car de toute façon il faut avancer, il y a pleins de pages à faire.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite démarrer dans ce métier?
Je n’ai pas de conseils à donner en particulier, il est important de forger ses propres voies et ses propres envies, internet permet de ne plus être tout seul chez soi isolé du monde, servez-vous en !

Dreamland, manga français de Reno Lemaire. Colorisation aux marqueurs à alcool COPIC.

Coffret des 3 premiers tomes de Dreamland, Editions PIKA.


Quels sont vos projets futurs ? 

Il y en a tellement… que je ne vais pas beaucoup dormir ses dix prochaines années !

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Merci à Manga Ink et Reno Lemaire.

Propos recueillis par COPIC France le 13 juin 2014. © OZ International. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable. Photos et visuels © Reno Lemaire et © Pika Edition, tous droits réservés.

 

Interview de Richard Cox, Illustrateur de Comics, utilisateur de COPIC

Cet article a été publié pour la première fois sur le blog de Copic Brésil. Nous remercions Copic Brésil et Craig Rogers d’avoir autorisé la publication de cet article en Français sur ce blog.

Parlez-nous un peu de vous. Qui est Richard Cox?
Je suis illustrateur et designer développeur web, j’ai la trentaine, j’habite dans le Sud-Est des Etats Unis. J’ai un diplôme universitaire Bachelor of Fine Arts « Studio Art » et je dessine et je peins depuis l’école maternelle. Mes premières publications étaient pour TSR (Ravenloft) et Firefly Games (Cyborgladiators, Monster Island), tandis que la plupart de mon travail aujourd’hui est sous la forme de cartes collector, en majorité pour Rittenhouse Archives et les licences Marvel Universe. Mon outil principal est (pas de surprise ici) le marqueur à alcool COPIC marker, mais je travaille aussi à l’aquarelle, l’huile et Photoshop, en fonction des besoins des clients. J’ai trois chiens et je collectionne les jouets Godzilla des années 60-70 et les illustrations de Wonder Woman.

Comment se déroule une de vos journées? Quelle est votre routine de travail ?
Cela commence toujours par une tasse de café et la promenade des chiens à 6h du matin. Avant de me mettre au travail, je réponds à mes emails et messages. Puis je lis quelques pages de COMICS. Cela me met dans l’ambiance! Puis je commence à dessiner de façon intensive soit jusqu’au déjeuner soit jusqu’à ce qu’un des chiens ait besoin de sortir. Et je continue en général jusqu’au dîner. Pendant la semaine, je travaille sur les commandes urgentes et le weekend je combine des commissions et le travail plus personnel d’exploration. Et j’essaye de sortir de la maison autant que possible ! C’est primordial.

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Quand avez vous su que vous vouliez devenir illustrateur et quelles ont été les étapes pour y arriver ?
Je crois que j’ai été programmé pour cela depuis l’enfance. Un de mes premiers souvenirs est d’avoir dessiné Spider-Man au crayon quand je devais avoir 5 ou 6 ans. Ensuite à l’école primaire je dessinais Gatchaman, Ultraman, et Star Blazers. J’ai continué de façon constante depuis – sauf une courte interruption juste avant la trentaine.

Les étapes pour y arriver? J’ai dessiné de façon assidue presque toute ma vie et j’ai suivi une formation artistique classique. En pratiquant constamment, j’ai appris de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes et j’ai construit un portfolio de mon travail. J’ai reçu ma part de lettres de refus de nombreux éditeurs, mais j’ai un peu honte de le dire, j’ai réussi à percer assez facilement dans les cartes collector après quelques essais.

Je dois dire aussi – même si cela fait un peut trop pub – que dés que j’ai commencé à travailler avec les gris chauds et les gris froids des feutres à alcool COPIC, mon profil et mes commissions ont décollé et j’ai décroché mon premier job de carte collector.

Je dois remercier et créditer Adam Hughes pour cela. C’est son travail au marqueur COPIC qui m’a incité à les utiliser.

 

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Quel projet ou commission vous à donné le plus de difficulté ou le plus de satisfaction?

Mon premier set de carte collector Marvel (MARVEL 70ème ANNIVERSAIRE) était très difficile car c’était le premier. J’ai complètement sous estimé la charge de travail que cela représentait. Mais j’ai compris la leçon et je pense que mon dernier set Marvel (DANGEROUS DIVAS) est mon meilleur travail dans ce domaine.

Ma commission récente en 11×14 pouces de la Veuve Noire était très agréable à travailler. C’est un de mes dessins que j’ai senti totalement depuis le crayonné jusqu’à la fin. Pas de tâtonnement ou d’hésitation. En ce moment je travaille sur un Capitaine America et je me donne à fond. J’espère que le résultat sera bon !

Quel effet cela fait il de travailler avec les personnages Marvel?
C’est agréable car ce sont des personnages avec qui j’ai grandi. Il y a une véritable histoire, un passé avec lequel je peux travailler. J’ai aussi rencontré des gens formidables, des amis comme des fans, grâce à mon travail pour Marvel, et je leur serais éternellement reconnaissant de cela.

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Sur quoi travaillez-vous en ce moment?
Je travaille sur trois sets différents de carte collector: Marvel DANGEROUS DIVAS (Mars), BETTIE PAGE PRIVATE COLLECTION (Juin/Juillet), et DUNGEON DOLLS de Bad Axe studios à l’automne. On m’a demandé de faire un 4ème set, mais je ne peux pas encore en parler. Mes premières cartes numérotées seront incluses dans deux de ces sets, ce qui est fantastique !

En plus je travaille sur un projet de comics personnel, bien que je ne sache pas encore le format final, peut être en téléchargement numérique, peut être en Comic sur le web, peut être les deux. Je ne sais pas encore vraiment. Je le fais pour moi-même, donc c’est plutôt amusant. Je fais aussi des illustrations originales pour mon sketchbook et j’ai la chance d’avoir beaucoup de commissions ce qui rend mes weekend plutôt intéressants ? Je dois créditer Craig chez Wednesday’s Heroes pour cela. Il a été formidable.

 

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D’ou puisez-vous votre inspiration ? Pouvez-vous nous décrire votre processus créatif?

En premier lieu, du monde qui m’entoure. Au delà, cela dépend du travail et de la qiantité de détails demandé par le client. Moins il y a de détail, plus je peux gribouiller et designer à l’avance. Je parle souvent de composition et de théorie des couleurs, car ce sont des choses importantes, mais je ne me pose pas ces questions avant d’avoir une idée claire des émotions et des sentiments que je cherche à communiquer. Ensuite, j’essaie de créer une composition précise pour parvenir à l’effet recherché. Je dirais que pour des commissions de 11 x 14 pouces, ou des commissions de carte collector, je fais de un à trois dessins préliminaires avant de commencer le crayonné, mais en fait j’ai la plupart du temps la composition dans ma tête avant même de dessiner quoi que ce soit. En général les dessins préliminaires me permettent de vérifier que ce que j’ai dans la tête fonctionne correctement une fois sur le papier. Ensuite intervient la théorie des couleurs, pour accompagner et intensifier l’émotion et la composition. Il va s’en dire que pour les échéances urgentes, ce processus devient très simplifié.

Quels sont vos artistes favoris?
Oh wow. Je vais essayer de faire court… Pèle mêle: Alphonse Mucha, J.C. Leyendecker, Adam Hughes, Gil Elvgren, George Petty, Lucien Freud, Picasso, Chrissie Zullo, Jack Kirby, Olivier Coipel, Neil Adams, Le Caravage, Eric Canete, Winslow Homer…

Quels rôles jouent les feutres COPIC dans votre travail ?
Les marqueurs à alcool COPIC sont au centre de mon art. Presque tous les outils que j’utilise sont des feutres COPIC. J’ai des sets complets de gris chauds, gris froids et gris toner de marqueur pointe pinceau COPIC SKETCH MARKER et j’utilise aussi (environ) cinquante autres couleurs. Tous des feutres COPIC SKETCH. J’ai aussi les recharges d’encre COPIC VARIOUS INK bien sûr, et deux boitiers de rangement. Mes cinq feutres calibrés pour l’encrage sont des fineliners COPIC MULTILINER SP. Toutes mes illustrations sont en fait produites, en partie ou en entier, avec du matériel COPIC.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste qui cherche à marcher dans vos pas ?
De ne pas étudier uniquement les artistes de comics et les illustrateurs. De ne même pas commencer par cela. Etudiez le monde autour de vous. Dessinez le, peignez le, prenez des photos, peu importe. Utilisez le monde qui vous entoure pour apprendre comment le corps humain et la nature fonctionnent vraiment, et la lumière aussi. Pour résumer, regardez, observez toujours, examinez, étudiez. Formez-vous aux beaux-arts parce que, quand on y pense, beaucoup de maître de la renaissance étaient des illustrateurs, et vous apprendrez tellement de chose des peintres contemporains du corps humains. Réfléchissez, lisez, réfléchissez encore.

Quels ont vos projets pour l’avenir? Sur quoi voulez-vous travailler, quelle sorte de projets vous intéresseraient plus ?
A la fin de l’année, les lecteurs verront mon projet personnel. Je vais continuer à œuvrer pour étendre la portée d mon travail. Produire une plus grande variété de pièces. Continuer les commissions, car elles me forcent à penser autrement. Continuer à créer, j’espère, des cartes collector de haute qualité. Et expérimenter quand je peux. J’aimerai bien organiser une exposition d’illustrateurs et de cartoonists locaux mais c’est encore une idée à l‘état de germe dans ma tête en ce moment.

richard_cox_CloakAndDaggerTraduit de l’anglais. Traduction Française © OZ International. Images © Richard Cox.